Baldur's Gate 2
Baldur's Gate 2
Abandonnez tout espoir de sommeil !
« Ne prenez pas les gens pour des cons, mais n'oubliez pas qu'ils le sont ». Cet aphorisme répété jusqu'à plus soif par Beigbeider pour la promo de son roman trouve aussi sa place dans le jeu vidéo. Avec pour conséquence la multiplication des jeux d'action ultra-violents et... pas grand chose d'autre. Un peu comme si le cinéma s'était tout à coup réduit à la série des Terminator. Parmi les morts au champ d'honneur, le jeu de role. Et voici qu'en 1998 sort Baldur's Gate. Condamné au fiasco, forcément : de nombreux dialogues, un scénario fouillé, et des centaines d'heures pour arriver au bout de l'intrigue... Et il s'en vendit un million d'exemplaires. On venait de redécouvrir la roue : non, le public PC n'est pas celui des préados fanatiques se défoulant sur leur console de jeu favorite.
Les cochons de guerre
Les cochons de guerre
Un jeu de stratégie pour petits et grands
Lard de la guerre
Comique troupier
Comique troupion
C'est peu dire que Canal Plus Multimédia n'a pas connu le succès de sa grande sur cryptée. A une époque que l'on peut qualifier de préhistoire du jeu vidéo (1995 et 1996), la société fait ses premiers pas avec deux titres inspirés des guignols de l'info. Malheureusement le résultat fut pour le moins mitigé en raison d'une interactivité à peu près aussi pointue que celle d'une télécommande. Mais au même moment il nous livre Versailles, indéniable référence en matière de ludo-culturel. Allez comprendre.
Depuis les titres se sont succédés, tous mineurs et sans ligne éditoriale cohérente. Au hasard ce Rushdown (1999 pour Playstation et PC, simulation sportive de vtt, kayak et snowboard) qualifié de « pathétique » par l'un de nos confrères anglosaxons. C'est donc peut-être en désespoir de cause que Canal Plus Multimédia a ressorti des tiroirs l'émission emblématique de la chaîne. Les auteurs des guignols de l'info se sont collés à la rédaction des dialogues de ce jeu de stratégie réalisé en collaboration avec Infogrames. Quant aux voix, ce sont évidemment celles d'Yves Lecoq.
Mieux vaut laisser ses valeurs politiquement correctes au placard, sinon impossible d'apprécier l'anglais chochotte se demandant s'il peut se battre en costume, ou le japonais légèrement fasciste qui rêve d'étriper ses ennemis. Non vraiment l'humour vole à peine plus haut que l'inénarrable « comment vas-tu-yau poile » qui fait la joie des banquets de province un dimanche soir.
Reste que l'on se prend au jeu et que c'est avec un sourire au coin des lèvres que l'on dépose un paquet de TNT aux pieds d'un petit cochon armé jusqu'aux dents avant de s'éclipser aux cris de « allez Cantona ! ». Le jeu familial par excellence où l'on joue à tour de rôle (jusqu'à quatre) et non en temps réel. Idéal pour retrouver l'ambiance des Monopoly de nos lointains ancêtres. Le tout assaisonné d'une violence cartoonesque qui n'effarouchera personne, même si l'éditeur déconseille le jeu aux moins de douze ans...
Les cochons de guerre
PC et Playstation (testé sur Playstation)
Infogrames et Canal Plus Multimédia
250 F
Arabian Nights
cybéhréhazade
On se souvient de Shéhérazade tenant en haleine son époux pendant mille et une nuit.... Un vrai succès d'audience qui donna peut-être l'idée à Visiware de réaliser ce jeu à épisodes. Le principe ? le premier niveau est gratuit, mais ensuite c'est un peu plus compliqué. Si le jeu vous plait six niveaux supplémentaires seront disponibles en téléchargement sur Internet, à raison d'un par mois. Si vous vous abonnez, vous payez directement 150 F pour l'ensemble, mais vous n'aurez le jeu complet que fin octobre. Vous pouvez aussi acheter les niveaux indépendamment et arrêter quand bon vous semble, à raison de quarante francs par épisode. Mais si vous voulez jouer jusqu'au bout il vous en coûtera alors 240 F. Un peu cher.
Cultures
Les Vikings en Amérique
Les vikings ont découvert l'amérique aux alentours de l'an 1000, peu après le groenland. Et si ces barbares célèbres pour leurs conquêtes et leurs films hollywoodiens avaient su prendre l'ascendant sur ces indigènes qu'ils avaient baptisés skraelings? alors l'on aurait retrouvé bien davantage que ces vestiges d'une de leurs colonies à la pointe nord de terre-neuve.... C'est sur ce séduisant postulat que repose « cultures » : si les vikings avaient fait un peu plus que du tourisme organisé, Ils auraient bâti des cités et lutté contre les indiens bien avant John wayne. IL s'agit d'un jeu dit à la « settlers ». vous devez tirer profit des compétences de vos colons tout tout en remplissant les missions qui vous sont assignées. Alors, comment résister à l'idée de de la rencontre, historiquement avérée, entre vikings et esquimaux ? Du travail léché.
THQ
Cultures : à la découverte du Vinland
300 F
Thandor
À ma gauuuuuche alerte rouge 2, grand favori et tenant du titre, pesant 370 F dans les rayons. Édité et distribué par Electronic Arts. A ma droiiiiite Thandor, outsider produit par Jowood, pesant 300 F et distribué en France par Infogrames. Le premier fait l'objet d'une campagne de communication massive et vous en avez sans doute déjà entendu parler, contrairement au second... qui lui est pourtant nettement supérieur. Bienvenue dans l'univers loufoque et impitoyable des jeux vidéo.
Pourquoi un tel paradoxe ? c'est que Westwood n'est autre que l'inventeur du jeu de stratégie en temps réel, avec un Dune 2 (tiré du film) sorti en 1992. Ses titres suivants n'eurent guère de succès, du moins jusqu'à la sortie en 1996 de « Command And Conquer : Alerte Rouge». Les Russes luttaient contre les américains dans un univers parallèle inspiré de la seconde guerre mondiale. Cette fois-ci, le jeu fit un malheur et selon l'éditeur il s'en vendit trois millions d'exemplaires. Pourquoi cette longue éclipse ? sans doute à cause des difficultés financières de Virgin, qui revendit Westwood à Electronic Arts en 1998. Le monde était donc prêt pour un second « Red Alert »... Où les Russes envahissent une nouvelle fois le monde, en commençant par les Etats-Unis. Ainsi, dès la première mission la belle Tanya malgré ses talents de plongeuse émérite ne peut empêcher les Russes de faire sauter la statue de la liberté. À moins que vous ne préfériez incarner le camp des Russes et attaquer la tour Eifel. Attaquer Paris est d'autant plus amusant que la principale ressource énergétique dans le premier « command and conquer » était... Le tibérium. Ca ne s'invente pas !
L'ambiance est au rendez-vous avec des vidéos d'une remarquable finesse et pour un peu, l'on se prendrait réellement pour l'unique commandant des forces alliées ayant survécu à l'attaque russe. Du reste, les vidéos sont d'autant plus belles que les graphismes n'ont pas dû occuper une place considérable sur le cdrom : ils datent en effet d'un autre âge. Des unités minuscules, pauvrement définies, des paysages quasiment dépourvus de relief... Le jeu aurait pu sortir quasiment en l'état il y a quatre ans. Le joueur expérimenté passera donc allègrement son chemin. Mais le joueur débutant pour sa part prendra beaucoup de plaisir avec ce titre accessible, distrayant et doté d'un niveau de difficulté réglable. Accessible ? certes, si l'on excepte le prix, extravagant pour un produit si pauvre en innovations. Or, des innovations, Thandor en propose en pagaille. Un environnement entièrement en 3D avec des reliefs gros comme ça, bâtiments et unités comprises. Un zoom d'une précision diabolique activé avec la molette de la souris et une jouabilité enfantine, malgré des possibilités et une richesse visuelle ridiculisant totalement son rival. Revers de la médaille : si les missions en elle-même sont intéressantes, le scénario brille par son indigence et cet obscure conflit entre deux races ennemis bataillant de planète en planète nous laisse indifférent. Mais il demeure le meilleur jeu du moment si vous êtes dotés d'une machine puissante, et il coûte nettement moins cher que son rival...
F1 2000
Incontournable, forcément. Puisque licence oblige Electronicarts propose le plus officiellement du monde, quoique tardivement, la saison 2000 avec tous ses pilotes, circuits et voitures. Ces dernières étant reconstituées avec une qualité quasi-photographique, même les publicités sont parfaitement lisibles. On pourrait craindre le syndrome habituel de la licence qui fait vendre un jeu médiocre, mais. Schumarer soit loué, l'éditeur n'est pas tombé dans ce travers et le jeu est d'excellente qualité. Une interface exemplaire à laquelle rien ne manque -pas même les filles légèrement vêtues en fond d'écran- , une liste d'options justifiant à elles-seule le passage d'un CAP de mécanique, et une animation 3D temps réel tirant le meilleur parti de votre machine. Et même peut-être un peu trop, car la configuration optimale conseillée par l'éditeur est un pentium 450 avec 128 Mo de mémoire vive... à laquelle nous ajouterons une carte graphique haut de gamme. Un grand prix, dans tous les sens du terme !
F1 2000
Electronic arts
Civ 2 et Call to power 2
Dominer le monde, le rêve de tout joueur digne de ce nom...
Toute culture a ses mythes fondateurs. On pourrait citer l'expressionnisme allemand ou la nouvelle vague française pour le cinéma. Salinger pour la littérature contemporaine. En matière de jeux vidéo, Civilization, créé par Sid Meyer, fait partie de ces piliers. Il s'agissait du tout premier jeu de stratégie à proposer une évolution technologique au fil du temps. Or, comment résister au plaisir d'attaquer les archers d'une civilisation arriérée à coups de tanks et de missiles nucléaires ?
il y eut trois volets, puis Activision a racheté la licence pour concevoir « civilization : call to power ». On qualifiera aimablement ce jeu de raté en raison d'une interface catastrophique. Dix-mois plus tard, l'éditeur revoit sa copie en proposant plus sobrement « call to power 2 ». C'est qu'entre-temps l'éditeur a perdu sa licence relative à l'utilisation du terme « civilization ». L'univers des jeux vidéo, c'est Dallas tous les jours.
Suite aux remarques quelque peu acerbes faites par les joueurs, les développeurs ont totalement revu leur copie. A commencer par l'interface enfin conçue par un esprit humain plutôt qu'extra-terrestre. Malgré d'autres modifications en profondeur, telles que la suppression de la colonisation spatiale ou la fin du jeu en 2300 et non plus en l'an 3000, l'on y retrouve toujours les éléments franchement jouissifs tant appréciés dans l'opus précédent : vous voulez vous emparer d'une ville ? Balancez-leur un télé-évangéliste pour les convertir à votre religion. Vous n'avez d'autre foi qu'envers l'argent ? Pas de problème. Envoyez-leur des avocats. Chacun d'entre eux, grâce à une injonction, bloquera la production de la cité durant un tour...
Le cynisme eut été complet si l'on avait disposé de journalistes lançant de vastes campagnes médiatiques sur les fausses factures. Qui sait ? peut-être dans le prochain épisode.
Call to power 2 est un jeu pour super-mégalomane. Si vous n'avez pas le courage de vous plonger dans ces milliers d'années de guerre et de progrès technologique, alors nous avons autre chose à vous proposer : « cultures » repose sur une idée originale : et si les vikings avaient colonisé le continent américain plutôt que de se limiter à un peu de tourisme ? Ils auraient bâti des cités et affronté les mayas bien avant les conquistadors. Pour faire bonne figure, on y trouve aussi des indiens et... des esquimaux. Du travail léché.
Call To Power 2
Activision 349 F PC
THQ
Cultures : à la découverte du Vinland
300 F
Fourmis
L'année dernière avait lieu au cinéma l'événement de la décennie : la sortie de l'épisode « un » de Starwars. Passons sur les critiques professionnels ayant éreinté le film : de mauvais-coucheurs-artistes frustrés, comme chacun le sait. Mais voilà, nombre de fanatiques de la guerre des étoiles se sont montrés déçus par cette menace fantôme malgré les centaines de millions de dollars investis dans cette superproduction. Pour eux, il manquait cet ingrédient infime, infinitésimal et indéfinissable. Ce « sens of wonder » distinguant le chef-d'uvre d'un film terne et sans rythme
Pour « les fourmis », c'est un peu la même chose. Tous les ingrédients du jeu de stratégie en temps réel sont présents, avec pour commencer un moteur 3D de grande classe où il fait bon effeuiller la marguerite, même à hauteur d'insecte. Et des insectes, il y en a profusion : cultivatrices, artilleuses, tanks... tout ce petit monde lutte contre fourmis esclavagistes, frelons ou araignées. Aidés en cela par des fourmilières de plus en plus complexes (une douzaine de salles au total, comprenant solarium, entrepôt, etc.) qui permettront de nourrir et développer les troupes.
Hélas, l'ergonomie est loin d'être parfaite. Impossible par exemple de ralentir ou accélérer la vitesse de jeu. Par contre les développeurs ont implémenté pas moins de trois manières différentes d'effectuer un zoom sur la carte. Malgré cela, rien ne ressemble davantage à une fourmi qu'une autre fourmi. Aussi celles-ci sont-elles surmontées d'une icône symbolisant leur fonction. Mais ces icônes sont elles-même fort peu explicites... Quant à la « maxi-carte » apparaissant aux cotés de la « mini-carte » en surimpression avec la « carte » tout court, nous nous interrogeons encore à son sujet. À croire qu'à des problème apparemment simples, les développeurs n'ont su n'apporter que des solutions aussi complexes que confuses. Quant à la durée de vie, seulement douze missions en solo, et treize en multijoueurs.
Mais l'essentiel est ailleurs. Malgré de l'acide formique à profusion, l'alchimie n'opère pas. En fait, les problèmes apparaissent dès la première mission. La nourriture est abondante, au point que les mille unités réclamées ont été réunies en quelques secondes seulement, mais recueillir les mille unités de matériaux exigées par le scénario (brindilles, feuilles, toiles d'araignées...) s'est avéré autrement difficile et fastidieux. Une absence de rythme, un ennui généralisé se confirmant au fil de la partie.
Et si, tout simplement, les pauvres béoticiens que nous sommes s'amusaient davantage à exterminer des dragons ou des extra-terrestres plutôt que des chenilles et des limaces ?



