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17Mai2012

la Factory

La langue de bois dont on fait les matraques

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Louvre l'ultime malédiction

À la base de ce jeu d'aventure, une idée séduisante : visiter le Louvre à quatre époques différentes. La notre bien sûr, mais aussi : 1377 (Charles V), 1610 (Henry IV), 1770 (Louis XV). C'est ainsi l'occasion de constater que le célèbre musée a subi des ravalements de façades au moins aussi conséquents que ceux de Michæl Jackson, et à la différence près que l'incendie des tuileries n'était pas dû au tournage d'une publicité pour Pepsi.

Mais voilà, la première (bonne) impression passée, force est de constater que, exception faite de notre époque, rien ne ressemble davantage à l'intérieur d'un château que celui d'un autre château... Fut-ce celui du Louvre. Techniquement, le jeu se destine « au grand public ». entendez par là une réalisation minimaliste. Les décors sont sombres (on limite ainsi les temps de calculs en 3D), désertiques, généralement rougeâtres, et désespérément uniformes. La résolution est faible (640*480), dialogues et personnages quasi-inexistants.

 Prière de ne pas se laisser avoir par les captures présentes au dos de la boîte : elles sont toutes extraites des scènes dites « cinématiques » où le joueur, simple spectateur, n'intervient pas. Celles-ci étant par ailleurs plutôt rares, on frise l'escroquerie... À tout le moins la mauvaise foi. Quant à l'aventure proprement dite, elle se résume à prendre objet utiliser objet prendre objet utiliser objet prendre objet utiliser objet. Et ce dans d'incroyables proportions. Il est presque impossible de faire un pas sans avoir une « énigme » à résoudre ou, à défaut, se faire tuer en franchissant la mauvaise porte. Du reste, d'un point de vue  philosophique, il est un peu dérangeant de voir notre héroïne remonter dans le temps pour tuer froidement un garde au seul motif que le pauvre bougre surveille la salle à laquelle on souhaiterait accéder. Messieurs les concepteurs, s'il s'agit d'un jeu « grand public », évitez donc les meurtres de sang froid, même virtuels.  Quant à ces fameuses énigmes, nous sommes au regret de constater qu'elles sont loin d'être simples, voire franchement alambiquées, et que l'excuse du « grand public » est pour le moins piteuse.

Ce jeu d'aventure est à peu près aussi palpitant qu'une grille de mots croisés. En fait, il s'agit d'une véritable caricature, un cas d'école de tout ce qu'il faudrait éviter. Absence de scénario, ergonomie douteuse, accumulation stupide d'énigmes sans doute crées aléatoirement par un robot sans âme. Il faudrait obliger son concepteur à y jouer jusqu'au bout et le forcer à vous dire, droit dans les yeux « qu'est-ce que je me suis amusé ! ». et si c'était cela, l'ultime malédiction ? vous obliger à y jouer ? on en tremble d'avance...

 

Louvre l'ultime malédiction

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