 Zoom Adhérer, c'est l'idéal des mollusques , martèle les Editions Verticales en frontispice de leur programme de janvier 2007. Des
rebelles, des vrais, doués d'une colonne vertébrale comme on n'en fait plus :
Hommage.
« On vous interdit de parler de nos auteurs sur La
Factory »
Rien que de très sympathique à-priori chez ces rebelles allant porter la révolution rue Saint-André-des-arts,
capitale de la crêperie et du monde de l'édition. Au
cours de ces dernières années, j'ai chroniqué quelques-uns de leurs
ouvrages : la merveilleuse autobiographie de Griselidis_Real, Jean-Louis
Magnan, François Bégaudeaux, Chloé Delaume... mais du courage, ils en ont encore plus qu'ils ne s'en vantent.
C'est que lorsqu'un internaute bloggeur leur a demandé les livres de leur rentrée de
janvier 2007, ils n'ont accepté qu'à la condition que ses chroniques, même enthousiastes,
ne soient pas publiées sur La Factory. Interdire la promotion de leurs auteurs
qui pour la plupart n'ont que que fort peu d'opportunités de se faire
connaître, si ce n'est pas du courage, alors qu'est-ce que c'est ? de l'audace,
peut-être, car enfin de mauvaises langues pourraient les accuser de censure,
voire même de mépriser les intérêts des auteurs qu'ils sont censés défendre.
Une verticalité sévèrement burnée
Donc oui, je le proclame haut et fort, les éditions
Verticales ce sont des rebelles, des vrais, au point de se moquer éperdument de
pénaliser Lionel Marek pour Tuez-moi,
Isabelle Zribie pour Bienvenue à Bathorie, ou encore Jean-Luc Henning, Matias
Enard, Jean-Paul Michel, Jean-Paul Massera... autant d'auteurs bien connus du
grand public qui n'ont que faire qu'on parle d'eux sur La Factory. Nul doute
que dès demain, ils décrocheront leur téléphone pour remercier les éditions
Verticales de promouvoir leurs œuvres d'aussi belle manière. C'est qu'ils l'ont
échappé belle : s'il n'y avait eu la vigilance de leur cher éditeur, on
risquait de parler d'eux ! La position des éditions Verticales vous semble
absurde, injuste pour les auteurs qu'ils sont censés défendre ? petite
explication de texte.
La censure d'Isabelle Saugier, Gallimardienne
Au Fémina, traiter quelqu'un de Gallimardienne, c'est l'expulsion
immédiate pour « diffamation ». Nous espérons nous en tirer à
meilleur compte. Nous étions en excellents termes avec les éditions Verticales
dont nous recevions les livres lorsque nous le désirions. Mais voilà, cet
éditeur rebelle qui n'aime pas « adhérer » est en fait une entité dépendant de
Gallimard : relations
de presse, diffusion... jusqu'à leur adresse email appartenant
à Gallimard (
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).
Or Isabelle Saugier a
remplacé Hélène de Saint-Hyppolite (avec laquelle la factory a collaboré une
petite dizaine d'années) comme responsable des relations presse pour
la littérature française et étrangère, y compris donc les ouvrages
des éditions Verticales.
A la rentrée littéraire 2005, elle nous fit savoir par
l'intermédiaire de Anne-Lucie Bonniel, assistante du service de presse, et
par écrit s'il vous plait, qu'elle n'aimait pas du tout nos critiques parfois...
critiques, à commencer par celle du Rapaces d'Anna Moï. Au point de nous demander de le leur rendre, ainsi que les autres livres qui nous seraient tombés des bras.  panier de crabes
Pu-nis
Plus question donc de recevoir leurs ouvrages, et ce n'est
pas faute d'avoir essayé d'arronder les angles : pendant un an et demi,
pas moins. Nous avons fait part de ces difficultés aux éditions Verticales,
qui, fidèles à leur politique antiadhésive ont pris position de manière aussi
virile que courageuse dans un email daté d'octobre 2005 :
Nous ne pouvons rien faire de plus pour vous. Nous faisons totalement
confiance à notre service
de presse chez Gallimard.
Verticales.
Voilà assurément une colonne vertébrale comme on aimerait en voir plus souvent.
Une vraie rebelle attitude. Dans quelques années, on vous parie que ces
révoltés vont se réfugier à Gstaad aux côtés de Johnny pour porter la bonne
parole dans ce nid de capitalistes.
Les mollusques, avec ou sans la coquille ?
 Mollusque
Un pas supplémentaire vient donc d'être franchi : même
si certains de nos collaborateurs ont accès à leurs livres, interdiction formelle de faire la promotion des auteurs des éditions Verticales sur La Factory, qui
n'est jamais que le plus ancien site de chronique littéraire au monde, et l'un
des plus fréquentés par ceux qui veulent lire autre chose qu'un roman de plage
ou un mauvais livre surmédiatisé. Comme quoi, les colonnes vertébrales, il y a
ceux qui se vantent d'avoir la plus longue, et il y a les autres. Et si on en parlait quand même, des éditions Verticales ?
Messieurs les auteurs, on vous offre les timbres.
Francis
Rozange, mollusque et fier de l'être.
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