Doux oiseau de jeunesse -Théâtre de la Madeleine
- In Spectacles
- Mis à jour le 16 Mars 2005
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C’était l’une des rencontres théâtrales les plus enthousiasmantes de la rentrée 2005, pour le cinéphile, l’admiratrice et l'épris de la belle Claudia. Malgré le souvenir ému, pour certains d’entre nous, du couple formé à l’écran par Geraldine Page et Paul Newnan, pour l’adaptation cinématographique du Doux oiseau de jeunesse, imaginer les noms de légende : Claudia Cardinale et Tennessee Williams associés le temps d’une soirée, était un argument de choix pour attirer notre convoitise. On pouvait tout attendre de cette belle proposition en ajoutant le nom Philippe Adrien pour assurer la composition. Malgré la bonne volonté de chacun (comédiens et spectateurs) la déception qui saisit les rangs du Théâtre de la Madeleine se laisse percevoir à mesure que la pièce s’attaque aux zones d’ombre et aux fêlures de chaque personnage.
Réserves d’usage
Réserves d’usage
Nul doute que Philippe Adrien pourtant fort inspiré par Kafka (Le Procès au Théâtre de la Tempête en janvier dernier) a eu toutes les peines à maîtriser un ensemble imposant et un texte chargé de contradictions et de malaise sous-jacents et maladifs. Ce metteur en scène qui convie pourtant aisément le public parisien à ses créations n’a pas su saisir l’ampleur de notre attente et de l’œuvre du dramaturge américain. Il se perd, dans un premier temps, à cause d’une facilité de façade. Pensant saisir toutes les subtilités du texte en participant, de plus, à l’adaptation de la pièce, il se laisse vite séduire par le sens premier de chaque rapport, privant ainsi l’ensemble de nuance et de profondeur. L’émotion reste à distance, et il nous est difficile d’envisager précisément ce couple actrice vieillissante/gigolo pourtant uni par la déroute existentielle. Alors que Tennessee Williams s’attache à creuser les sillions des individualités prises sur le vif, Philippe Adrien peine à convaincre avec son manque d’audace à révéler l’insondable de la déchéance.
Claudia, la grande attendue, n’est pas pleinement habitée par le drame qui anéanti Alexandra del Lago, son personnage. On sent encore la douceur de la femme qu’elle est et son sourire traduit les quelques échappatoires qu’elle s’accorde pour séduire, du coin de l’œil, son public. On l’aurait souhaitée plus dure, plus marquée par l’échec. Les faiblesses de Princesse, actrice déchue à cause de son âge, ne sont pas si évidentes et son vacillement moral et physique n’est pas si convainquant. Philippe Adrien n’a semble-t-il pas osé utiliser toutes les ressources de la grande actrice de cinéma. Autant Isabelle Huppert est redoutable quand elle est dirigée d’une main de maître (Bob Wilson, Claude Régi) autant Claudia Cardinale semble lâchée sur scène, dépourvue d’un éventail solide en propositions de jeu.
Face à elle, Christophe Reymond, le preux gigolo, nerveux n’a bien sûr pas le charme fiévreux d’un Paul Newman, mais il sait tenir le spectateur sous tension. Aux côtés du couple qui se échire, de beaux seconds rôles font des apparitions remarquées. Bernard Verley, Delphine Serina, traversent la scène, pour nous convier au déchirement mettant à mal les rapports de force et d’amour dans l’œuvre.
Par contre, ajoutez un décor improbable comme cette chambre d’hôtel dénuée de charme et surtout cette évocation –de mauvais goût de jardin – de villa bourgeoise avec une série de colonnes, est pour le moins courageux. Attendez-vous à ce que vos yeux souffrent le martyr par tant de manque de pertinence scénographique. Le summum est atteint par la bande musicale si peu inspirée qu’elle jure avec le texte et la tension scénique. Une musique d’ascenseur aux influences asiatiques dont la présence n’a pour le coup véritablement aucune raison de s’inscrire dans le drame du couple.
Alors que quelques-uns uns s’ennuieront et perdront patience, quelques-autres clameront leur louage au cours du salut final. Le sourire de Claudia rayonnant et désarmant anéantira très vite nos réserves à ne point participer aux applaudissements d’usage.
Par contre, ajoutez un décor improbable comme cette chambre d’hôtel dénuée de charme et surtout cette évocation –de mauvais goût de jardin – de villa bourgeoise avec une série de colonnes, est pour le moins courageux. Attendez-vous à ce que vos yeux souffrent le martyr par tant de manque de pertinence scénographique. Le summum est atteint par la bande musicale si peu inspirée qu’elle jure avec le texte et la tension scénique. Une musique d’ascenseur aux influences asiatiques dont la présence n’a pour le coup véritablement aucune raison de s’inscrire dans le drame du couple.
Alors que quelques-uns uns s’ennuieront et perdront patience, quelques-autres clameront leur louage au cours du salut final. Le sourire de Claudia rayonnant et désarmant anéantira très vite nos réserves à ne point participer aux applaudissements d’usage.
Doux oiseau de jeunesse
De Tennessee Williams Mise en scène Philippe Adrien
Avec : Claudia Cardinale, Christophe Reymond, Bernard Verley et Véronique Baylaucq, Arnaud Carbonnier, Frédéric Gélard, Peter King, Maxime Lefrançois, François Raffenaud, Delphine Serina, Alexandre Styker
De Tennessee Williams Mise en scène Philippe Adrien
Avec : Claudia Cardinale, Christophe Reymond, Bernard Verley et Véronique Baylaucq, Arnaud Carbonnier, Frédéric Gélard, Peter King, Maxime Lefrançois, François Raffenaud, Delphine Serina, Alexandre Styker
A partir du 8 février 2005
Du mardi au samedi à 20h30, matinées le samedi à 17h00 et le dimanche à 15h30
Réservation : 01 42 65 07 09






[EMAIL]jujuy129@hotmail.com[/EMAIL] Hello, I want to send a heinous hug and a kiss to V