C'est l'histoire d'un mec, tourmenté, à une époque où le puritanisme bourgeois impose ses conventions sociales et culturelles à une jeunesse frustrée et révoltée qui dénonce ses contradictions et son hypocrisie... Le film date de 1973 et ressort actuellement. Le réalisateur anglais Peter Watkins portraiture l'artiste norvégien Edvard Munch en plein geste créatif et dissèque sans complaisance les usages d'une société portant des œillères, qui n'a cure de ses pauvres et des angoisses individuelles. Conçu comme un documentaire-fiction il alterne (faux) témoignages et scènes de la vie du peintre et de sa famille.1885, Edvard Munch, 22 ans, fréquente la bohème de Kristiana (aujourd'hui Oslo), une communauté d'artistes qui refont le monde autour de l'écrivain anarchiste Hans Jaeger. Endeuillé (sa mère et sa sœur meurent de tuberculose) et profondément affecté par sa relation destructrice avec une femme mariée, il peint et repeint le reflet de ses angoisses les plus intimes.
Au cours de séjours à Paris et Berlin il confronte ses idées et son art à celui des artistes qu'il rencontre ou découvre (l'écrivain Strindberg, Manet, Gauguin...). Dans ses errances il tente de parachever son propos : peindre littéralement ses émotions telles qu'il les ressent. Résultat : des œuvres sombres marquées par l'angoisse de la mort, la maladie, la mélancolie. En voyant « La jeune fille malade » ou « Le cri » les critiques hurlent au « fou » et maudissent ces toiles singulières et inquiétantes affranchies de la tradition académique consacrée dans les salons. « On ne peindra plus de scènes d'intérieur avec des hommes en train de lire ou des femmes qui tricotent. Il faut que ce soient des être vivants qui respirent, qui sentent, qui souffrent et aiment » dira Munch dans son journal.
Peter Watkins a retenu cette profession de foi. Ses personnages respirent, expirent et crachent du sang aussi rouge que les ciels de Munch. Parfois, leurs regards pénètrent la caméra et l'on saisit toute l'ampleur de la terreur qui envahissait l'âme du peintre.
Bien qu'assez long (2h45), le film présente un intérêt certain quant à la genèse de l'acte de création artistique et à la reconstitution du contexte d'une époque. Par leur bouleversement des codes de représentation, des artistes de tous horizons initient un mouvement de révolte qui sera à l'origine de l'Expressionnisme. Et Munch en est l'un des précurseurs les plus emblématiques.
Le cinéaste avoue se reconnaître dans cet artiste méprisé en son temps, lui qui, à la première sortie de son film hybride a dû aussi faire face à de vives critiques qui lui ont valu des interdictions dans plusieurs pays.
Edvard Munch de Peter Watkins.
www.co-errances.org qui a accompagné la ressortie du film. Affiche du film : Bruce Clark.
Au cours de séjours à Paris et Berlin il confronte ses idées et son art à celui des artistes qu'il rencontre ou découvre (l'écrivain Strindberg, Manet, Gauguin...). Dans ses errances il tente de parachever son propos : peindre littéralement ses émotions telles qu'il les ressent. Résultat : des œuvres sombres marquées par l'angoisse de la mort, la maladie, la mélancolie. En voyant « La jeune fille malade » ou « Le cri » les critiques hurlent au « fou » et maudissent ces toiles singulières et inquiétantes affranchies de la tradition académique consacrée dans les salons. « On ne peindra plus de scènes d'intérieur avec des hommes en train de lire ou des femmes qui tricotent. Il faut que ce soient des être vivants qui respirent, qui sentent, qui souffrent et aiment » dira Munch dans son journal.
Peter Watkins a retenu cette profession de foi. Ses personnages respirent, expirent et crachent du sang aussi rouge que les ciels de Munch. Parfois, leurs regards pénètrent la caméra et l'on saisit toute l'ampleur de la terreur qui envahissait l'âme du peintre.
Bien qu'assez long (2h45), le film présente un intérêt certain quant à la genèse de l'acte de création artistique et à la reconstitution du contexte d'une époque. Par leur bouleversement des codes de représentation, des artistes de tous horizons initient un mouvement de révolte qui sera à l'origine de l'Expressionnisme. Et Munch en est l'un des précurseurs les plus emblématiques.
Le cinéaste avoue se reconnaître dans cet artiste méprisé en son temps, lui qui, à la première sortie de son film hybride a dû aussi faire face à de vives critiques qui lui ont valu des interdictions dans plusieurs pays.
Edvard Munch de Peter Watkins.
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