Quartier violent - Hideo Gosha
- In DVD Films
- Mis à jour le 03 Décembre 2005
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Plutôt connu pour ses films de sabre, Hideo Gosha s’est également essayé à d’autres genres. Avec Quartier violent, il signe un film de yakuza sombre et désespéré, où le code d’honneur n’a plus cours: comme dans ses chambaras, les chefs de clan sont devenus des magouilleurs qui ne respectent rien, et qui considèrent leurs sous-fifres comme des chiens.
Le gangstérisme tokyoïte se trouve à un tournant: soucieux de respectabilité, les chefs de gang emploient des starlettes plutôt que des tueurs, remplacent le mot "clan" par celui de "compagnie", et tournent le dos aux activités illégales pour tenter de faire main basse sur l’économie japonaise. Ils cherchent donc à se débarrasser de leurs éléments violents, qui ne sont plus pour eux que de dangereux chiens errants à piquer ou à mettre en cage au plus vite. De leur côté, les chiens se révoltent, espérant bien récupérer ce qui leur est dû en vertu de tous les risques qu’ils ont pris et de leurs séjours en prison. Egawa, ancien caïd reconverti en gérant de bar, va se retrouver malgré lui embarqué dans cette histoire, d’autant que le chef de son ancien clan espère bien lui reprendre son bar.
Rythmé par le flamenco qu’un groupe espagnol vient chanter et danser dans le bar d’Egawa, Quartier violent combine une mise en scène stylisée et inventive à un scénario assez classique de guerre des gangs et de conquête de la ville, qui prend tout son sens dans les cinq dernières minutes, réellement magistrales. Malgré la cruauté et la violence de son scénario, Hideo Gosha n’en rajoute pas, préférant souvent jouer sur le hors champ. Un tueur travesti qui rappelle La femme scorpion, des chiens et des poules en cage, une scène de sexe montée en alternance avec le spectacle de flamenco, un massacre dans un entrepôt de mannequins, le film fourmille de petites trouvailles qui le rendent plus intéressant que le banal film de yakuza qu’il aurait pu être.
Les comédiens, pour la plupart des habitués du genre, jouent parfaitement leurs rôles, jusqu’au héros de Kinji Fukasaku, Bunta Sugawara, qui vient brièvement incarner un tueur décontracté, capable de somnoler sur sa banquette arrière entre deux coups de feu. A mi-chemin entre la mise en scène délirante de Suzuki, dont il reprend aussi le style musical débridé, et l’ultraviolence stylisée de Fukasaku, Quartier violent est un film de yakuza glauque, désabusé, cruel et sadique, mais étonnamment esthétique.
HK Vidéo / Metropolitan / Seven 7, 20€ seul, 50€ pour le coffret 4 films Hideo Gosha vol. 1: Ronins et Yakuza, contenant les deux Samurai wolf, Samouraï sans honneur et Quartier violent.
Bonus:
- Bandes-annonces de l’éditeur.
- Livret de 58 pages sur le cinéma d’Hideo Gosha (uniquement avec le coffret).
Image: DVD9 – Format 2.35 – 16/9 compatible 4/3.
Langues: japonais (mono), sous-titres français.
Durée du film: 92 mn.





