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22Mai2012

la Factory

La langue de bois dont on fait les matraques

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Cosmopolis - Don DeLillo

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Que peut bien être la vie d’un de ces multimillionnaires de la finance encore dans la fleur de l’âge ? Que peuvent-ils bien penser ? Qui sont-ils, ces nouveaux dieux qui jouent avec des masses monétaires inimaginables sur des places immatérielles, baignent dans un univers chiffré dont l’unité de mesure même nous effraie, parient sur des basculements du monde qu’ils provoquent aussi bien ? 
Le roman de Don De Lillo s’attache à suivre l’un d’entre eux au cours d’une journée pour nous révéler un vide abyssal et provoquer un profond ennui. La vie du héros est un néant existentiel qui essaie de prendre consistance dans le sexe, dans le risque financier, dans le mépris de l’autre, du réel, dans une approche, une lecture plus que brumeuse du monde qui sent le blasé, l’artificiel, le nihilisme simpliste. Cette journée qui remplit toutes ces pages est d’un insipide qui envahit le lecteur. Il n’y a rien à retirer de ce héros et de cette journée. La faute à Don De Lillo ? Peut-être. Il y a quelque chose de faux, de peu crédible qui émerge de cette œuvre. Il y a une certaine fadeur et une dose trop conséquente d’attendu, beaucoup de bavardage et de remplissage aussi. Les personnages à peine ébauchés sonnent creux, les idées voltigent avant de se révéler être des ballons de baudruche percés, les situations peinent à accrocher, le grandiloquent final est trop attendu et mis en scène de sorte à ce qu’il n’arrive pas à sauver toute l’oeuvre. Pourtant des idées intéressantes émergent, une société de consommation sujette à des heurts de rebelles, révoltés contre le système et ses représentants dans des crises plus ou moins agressives par exemple, quelques théories. Il y a aussi le style inimitable, l’écriture riche de sens de l’auteur et sa volonté d’empoigner le réel (par la langue justement). Mais est-ce suffisant ? Grande est la déception devant la faiblesse générale du roman par rapport à la réputation de l’auteur, l’ambition sous-jacente et l’attente que peut générer un tel sujet.
Cosmopolis - Don DeLillo. J'ai Lu.
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