La rue de la soif - Grégoire Damon
- In Livres Domaine francophone
- Mis à jour le 30 Mai 2007
- By Francis Rozange
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Article
La rue de la soif deviendra à coup sur un classique, peut-être parce qu'il il
fait écho à cette cour des miracles chère aux auteurs du 19e siècle.
Aube, jeune orpheline échappée d'un pensionnat, c'est un peu la Cosette
des Misérables : elle est recueillie par le cabotin « Bertrand Yohann
Aloysius Stroheim aux faux airs de grand seigneur et son meilleur ami, Victor, un
manchot génie du piano qui joue les yeux bandés pour épater la galerie et
gagner un peu d'argent. 18 ans marquera symboliquement son passage à l'âge
adulte, tentant alors de sauver ses amis d'un parrain local. Avec Aube -Grégoire
Damon se glisse dans la peau de la narratrice- nous explorons cette cour des
miracles où toutes les personnes sont des personnages. Marinette, la mère de Victor, où Aube se remet
d'une bronchite en dévorant les livres de son hôtesse. La belle Nelly, qui a
fait beaucoup de route et aime un peu trop « les lignes blanches". Nessun, le flic « infiltré » rongé
par l'alcool qui s'est si bien intégré que tout le monde sait qu'il est flic... Et
tout ce beau monde animé par l'auteur. Il ne s'agit pas, contrairement à
ce qu'affirme son éditeur, d'un roman « noir ». L'auteur prend bien
trop de plaisir à écrire, à s'incarner en Aube et multiplier les trouvailles
stylistiques. C'est fin et élégant comme ce rond bleu qui « s'échappait
alors de sa bouche, s'élargissant et se dissolvant lentement ». Non
vraiment : trop poétique et trop gouailleur pour être qualifié de roman
noir, même si tout ne finit pas bien... sauf pour le lecteur, ravi de découvrir
un si joli premier roman. Et pour votre deuxième livre Grégoire un petit conseil : changez d'éditeur...
La rue de la soif - Grégoire Damon. Broché: 192 pages. Editeur : arHsens édiTions (9 mai 2007)Présentation de l'éditeur
Aube, jeune fugueuse de 17 ans, est recueillie dans leur dérive par deux
inséparables qui s'abîment nuit après nuit dans l'alcool pour chasser leurs
fantômes: Stroheim, charmeur, poète, provocateur; et Victor, pianiste mutique
et manchot. L'énergie qu'elle va déployer pour les sauver d'un caïd de la pègre
locale et sa soif de vivre agiront comme un révélateur sur les êtres qu'elle
rencontre : chacun est renvoyé face à sa propre existence, à ses choix, entre
rédemption et condamnation. Dans son premier roman, " La rue de la soif
", Grégoire Damon renouvelle les codes traditionnels du roman noir, où le
réalisme le dispute à la poésie pour nous envoûter.





