
L’enfant noir, martyr, d’une tribu de sauvages s’enfuit pour échapper aux persécutions dues à la couleur de sa peau, mais aussi pour retrouver le vieux, le sage du village parti sur le territoire des dieux chercher des miracles.
Au
fil des pérégrinations de l’enfant noir, cette terre sauvage, déserte,
étrange, primitive, révèle ses secrets. Le lecteur comprend très
rapidement que cette histoire ne se déroule pas à l’époque qu’il croit,
mais bien dans un futur post-apocalyptique. La civilisation semble
avoir disparu vaincue par le mal nucléaire qui remodèle la terre et
redistribue les cartes, notamment celle de l’évolution, en donnant
naissance à de nouvelles espèces, en condamnant peut-être la nôtre.
L’intérêt de ce livre est au-delà de ce message écologique, de ce futur
apocalyptique, il est dans l’épopée de ce petit exclu qui découvre un
monde terrible et perd progressivement de son innocence et de sa
naïveté. L’enfant noir qui nous ouvre les portes de cette terre brûlée
par les hommes, porte un regard neuf sur la civilisation et porte en
lui le désir humain d’être accepté, de vivre en communauté et d’aimer,
de découvrir, d’apprendre. En fait, nous sommes dans un roman
d’apprentissage bien original qui malheureusement se perd sur la fin.
C’est peu dire que le dénouement avec les délires
psychico-scientifico-techniques autour de l’enfant noir enlève un peu
de la saveur, de la magie de l’œuvre et son message écologique.
Rarement, fin n'aura autant ébranlé une oeuvre pourtant
convaincante. Le dénouement décridibilise presque tout l'ouvrage, et
plonge le lecteur dans un doute profond quant à la valeur finale réelle
du livre. A découvrir néanmoins, particulièrement les plus jeunes.
Niourk - Stefan Wul. Folio SF - Gallimard