Moscou, quartier des cerises Opéra de Lyon
- In Musique Classique
- Mis à jour le 11 Mars 2005
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Après avoir enthousiasmé les foules dans
des compositions théâtrales emballantes, festives et alléchantes par
l'intensité de la fantaisie engagée et après avoir céder à une première
approche réussie de l'art lyrique (L'Enlèvement au Sérail à
Aix-en-Provence, cet été) le duo de créateurs Deschamps / Makeïeff nous
revient, cette fois-ci, à Lyon pour la création de l'opéra de Dimitri
Chostakovitch beaucoup trop rare sur les scènes françaises, Moscou quartier des cerises.
Les Deschiens chez les Soviets: humour et malice
Les parents fondateurs de la troupe des Deschiens, en pleine actualité avec la sortie d'un DVD anthologie des sketches télévisés, répondent avec brio à la pointe d'humour et à la volonté de légèreté parcourant l'œuvre du compositeur russe scrutant la société moscovite en pleine crise du logement. 1958 : des familles, des jeunes couples attendent qu'on leur accorde le droit à un appartement décent alors que la capitale russe et les autres grandes villes s'asphyxient d'une population trop nombreuse et d'infrastructures défaillantes. Certains vivent à plusieurs, d'autres dans des réduits ou séparés. On leur proposera de venir s'installer dans le quartier des cerises, bel énoncé pour un projet immobilier encore en travaux, en périphérie de ville et déshumanisé. Comment ne pas pleurer Marina Rocha, ce cher quartier natal et trouver réconfort quand un bureaucrate tente de vous spolier de l'appartement qui vous était destiné.
D'une trame des plus classiques avec un conflit, au délicieux goût révolutionnaire, et un happy end, l'opérette de Chostakovitch s'envole lors du troisième acte dans une douce rêverie, côtoyant les anges et le fantastique avec un banc servant de sérum de vérité. Menées par une interprétation de grande qualité tirant partie de la simplicité psychologique des personnages et participant de bon gré à la désinvolture des situations, les deux petites heures de cet opéra passeront avec une déconcertante vitesse.
Pour le rire de Lorella
Moscou, quartier des cerises de Dimitri Chostakovitch
Direction musicale Alexander Lazarev
Mise en scène Macha Makeïeff et Jérôme Deschamps





