XO - Elliott Smith
- In Musique Pop-Rock
- Mis à jour le 06 Décembre 2006
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Elliott Smith. A priori, ce nom ne vous évoque rien ou alors vaguement quelque chose...Ne serait-ce pas cet artiste américain, alors méconnu du grand public, qui, habillé tout de blanc lors de la soirée des Oscars 1998, a chanté singulièrement avec sa guitare acoustique Miss Misery ("Will Hunting"), douce ballade digne de celles de Simon and Garfunkel?
Cet album, à la différence de ses prédécesseurs, a été remarquablement produit, mettant en valeur la subtilité et la brillance des compositions de l'artiste tout en conservant cette impression d'intimité à la Nick Drake qui le caractérisait tant. Des mélodies d'exception, de subjuguantes pistes de guitares et de piano, une voix veloutée, touchante et d'une infinie pureté, tout y est pour désigner cet album d'excellence musicale.
Les chansons, Pitseleh à la sonorité folk, Waltz#1 sont d'harmonieuses caresses tout comme Oh Well, Okay, qui mérite une mention particulière, il s'agit là certainement du morceau le plus réussi de l'album. Même les compositions plus électriques comme la mccartneyienne Baby Britain (dont le riff de guitare très prononcé nous rappelle inévitablement celui de Getting Better, comme un clin d'oeil à ses idoles les Beatles), Independance Day, ou la très rythmée Bled White, s'imposent à nos oreilles de la manière la plus douce qui soit. Sur Amity, le très bon jeu de guitare électrique, ainsi que l'envoûtante partie de piano de Waltz #1 démontrent à quel point l'artiste maîtrisait sans difficulté tous les instruments.
L'originalité de cet album peut aussi se trouver dans les rythmes plutôt peu communs employés par Elliott Smith, à l'exemple de ce fameux rythme ternaire de Waltz #1 et Waltz #2, qui, bien que différentes au niveau du tempo, sont des chansons toutes deux basées sur le rythme entraînant de la valse. Notons également les choeurs à la Beach Boys dénués d'accompagnement musical de I didn't Understand, qui n'ont rien à envier à ceux composés par l'illustre Brian Wilson et aussi la montée symphonique saisissante à la fin de Everybody Cares, Everybody Understands, qui nous évoque immanquablement les montées orchestrales vertigineuses figurant au final de A Day In The Life, le chef-d'oeuvre des Beatles clôturant en apothéose leur célèbrissime album Sgt Pepper.
Enfin les titres Waltz #2, Bottle Up and Explode, ou encore l'acoustique et aérien Sweet Adeline sont de véritables bijoux pop, qu'on ne se lasse pas d'écouter et de réécouter, à l'instar de toutes les autres chansons de cet album.
XO demeure la sensationnelle oeuvre d'un artiste doué, qui, de par sa tragique et trop brutale disparition, reste malheureusement souvent oublié et peu cité en référence, en matière de génie musical. Elliott Smith aurait pourtant et incontestablement mérité une place au panthéon des grands auteurs-compositeurs-interprètes du vingtième siècle...
XO, Elliott Smith, 25 Août 1998, Dreamworks Records.





