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22Mai2012

la Factory

La langue de bois dont on fait les matraques

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Overtones - Just Jack

 « Just Jack » : le nom évoque à la fois le génie et l’humilité de Jack Allsopp, artiste originaire du quartier de Camden, à Londres. Un premier album sorti en 2003, Outer Marker, révélait l’univers schizophrène de ce passionné de musique en tous genres, l’un des rares songwriters à être également un DJ talentueux.


Tout juste âgé de 27 ans, ce personnage à l’allure sympathique, presque banale, compose, écrit et interprète seul en studio, s’inspirant des musiques qu’il aime pour livrer un son à la croisée d’une foule d’influences. Il confirme aujourd’hui son style inclassable avecOvertones , opus multi-facettes. Les « overtones », ce sont les connotations, les sous-entendus: un titre parlant pour un album aux inspirations aussi larges que le hip-hop, la funk, le disco, la house ou encore la pop… De ce grand mixe émerge une musique indépendante à la variété jubilatoire. Faisant le lien entre les morceaux les plus hétéroclites, la voix nonchalante de Monsieur Jack conte le quotidien : historiettes inspirées de l’histoire personnelle de l’artiste, réflexions générales dont la profondeur fait contraste avec le dilettantisme ambiant de l’album (Writer’s block), visions cauchemardesques de soirées VIP arrosées d’alcool (Starz in their eyes)… Les textes s’intègrent magistralement aux tribulations musicales du compositeur, dans un catalogue délirant où Just Jack joue du paradoxe musical pour mieux surprendre son auditeur.
Introduction haute en couleur, Writer’s Block (« la page blanche »), place l’auteur en pleine panne d’inspiration pour mieux faire entendre, dans une multiplicité de rythmes et d’instruments, la diversité à venir de tout l’album. Un joyeux métissage qui mêle sans complexe mélodies minimalistes empruntées à l’électro « ambient » aux rythmes trip-hop et groove pourDisco Friends, ou aux influences festives du rock et du hip-hop pour Starz in their eyes et Symphonie of Sirens – « symphonie » des styles dans laquelle même un piano latino peut faire une apparition ! C’est enfin au style de nos songwriters électro français, comme Sebastien Shuller et Syd Matters, qu’on songe à l’écoute deHold On, titre pop réussissant – on ne sait pas comment ! – à harmoniser guitare sèche et sons dignes d’un jeu vidéo, ou de Mourning Morning, pur morceau folk dans lequel la voix amère de Jack s’associe à la guitare et au violon.

L’album est déconcertant, certes : Just Jack pioche la matière de ses titres à droite et à gauche pour mieux jouer avec les nerfs de celui qui l’écoute. Mais on ne peut lui en vouloir tant l’oreille est comblée et l’écoute sollicitée… jusqu’à la belle surprise d’un morceau caché, qui vaut la peine qu’on attende dix minutes pour l’entendre. Un style bien à part, auquel on souhaite sincèrement longue vie.

 

Overtones de Just Jack, Mercury Universal (Janvier 2007)

Commentaires (2)
  • Federico di campo  - Aucun lien, je suis fils unique

    Ce commentaire n'intéressera personne, à part l'auteur : Clémence Holleville, anciennement domiciliée près de la Place Jean Macé à Nantes. Clémence, c'est Fred ! De Guisth'au! j'aimerais beaucoup avoir de tes nouvelles ! écris-moi !

  • clem

    J'aimerais bien mais je n'ai pas ton adresse.... tu peux m'écrire ici : clem.holleville@hotmail.fr ça me ferait plaisir d'avoir de tes nouvelles !

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