Kenna, petit village japonais voit ses récoltes régulièrement pillées et sa population brutalisée par les Nobuzeris, anciens samouraïs devenus bandits à la solde de l’Empire.
Sur une idée du doyen de la communauté, la jeune prêtresse des sources, Kirara, escortée par sa petite sœur Komachi et Rikichi, un fidèle compagnon, se rend vers la cité voisine afin d’y recruter des samouraïs protecteurs. On retrouve le trio qui est parvenu à recruter trois samouraïs : le sage Kanbe, le saltimbanque Gorobei et le coupeur de bois Heihachi.
Cette suite nous plonge plus profondément dans l’univers librement inspiré du célèbre film d’Akira Kurosawa, Les Sept Samouraïs. L’expédition, en cavale suite à l’élimination d’un envoyé impérial, décide de se faire oublier en rendant visite à un frère d’arme de Kanbe, vivant au village du Répit.
On retrouve la même trame de départ que celle du film dont elle est inspirée, transposée dans un monde où la technologie côtoie un mode de vie ancestral. Ainsi, coexistent robots géants, soldats surarmés et samouraïs arborant simplement le katana. Cet anachronisme constant pose le principe d’un univers intéressant, à l’image d’une bande dessinée comme Hauteville House. A l’image de l’épice, dans Dune de David Lynch, le riz est la matière vitale de ce monde.
Au cours de ces épisodes, le groupe découvrira un village où voyageurs, anciens guerriers, viennent trouver fête et réconfort. Puis, leur périple les mènera à la cité des Marchands de l’Ombre, dont on saisira l’importance politique face à l’Empire. Les samouraïs, désormais au complet, rejoindront enfin le village. Celui-ci, en proie au doute, devra se préparer à l’affrontement.
Autant d’occasions pour nos aventuriers de faire de nouvelles rencontres mystérieuses et ambiguës. Ces personnages attachants se dévoilent au gré de leur marche, entre recueillement et révélations. Les liens se renforcent et les complicités se créent au gré de leur périple. Le géant Kikuchiyo et la petite Komachi forment un duo attendrissant. Kirara finit par surmonter sa méfiance et se rapproche du laconique Kyuzo sous l’œil jaloux de Katsushiro, qui approfondit sa relation maître/élève avec Kanbe.
La série assoit un peu plus son esprit, mettant en scène l’organisation de toute une société de castes, avec ses mœurs et ses codes à découvrir. Le parallèle avec l’histoire réelle des samouraïs s’affirme davantage. Sachant que ceux-ci ont vu leur déclin s’amorcer sous l’ère Meiji, jusqu’à être pratiquement reniés par une société s’ouvrant à la modernité.
La qualité de l’intrigue est servie par une belle image. La simplicité du coup de crayon lui confère toute son identité visuelle, le dessin s’exprimant surtout à travers une galerie de protagonistes divers et variés. Certains relèvent même de la caricature. L’animation est somme toute assez basique, ayant recours aux ralentis pour intensifier certaines scènes d’action. Celle-ci reste d’ailleurs assez soft, cédant parfois le pas à la comédie. On ne tue pas à la légère et le sang ne coule pas à flots. Le dessin animé a aussi recours à la technique du flash-back, édulcorant alors les couleurs presque jusqu’au noir et blanc. Certaines séquences proposent de jolis jeux de lumières, notamment dans des espaces clos éclairés au feu. Les décors font la place belle à la nature, que ce soit les plaines et rizières bordant les villages, les forets ou encore les montagnes du Japon.
Ces aventures de compagnons, lancés sur la voie du samouraï, méritent d’être suivies.
Samuraï 7 – Toshifumi Takizawa
Fox Pathé Europa
Son Japonais & Français (5.1)
Sous-titres disponibles