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Vieux 18/12/2006, 19h35
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Par défaut "Verdun, Visions d'Histoires" de Léon Poirier

Rarement film muet n’aura été aussi parlant. Malgré l’absence des impressionnants effets spéciaux d’aujourd’hui, « Verdun, visions d’Histoires » est d’un réalisme saisissant. Sans doute grâce à l’énorme travail de restauration réalisé par les cinémathèques de Toulouse et de Bologne, mais aussi parce que Léon Poirier a tourné son film 10 ans seulement après la fin de la guerre des tranchées. Les témoins comme les consciences sont encore imprégnés de l’horreur.
Mi-février 1916. La guerre dure depuis deux ans. Les troupes allemandes encerclent la Meuse. Les soldats français comme les habitants de la région ne semblent pas inquiets outre mesure. Les premiers montent au front tandis que les autres évacuent leurs villages. Il ne reste plus qu’à attendre. Le 21 février 1916 a 7h15, l’artillerie allemande crache son premier obus. Un bombardement qui va durer près de 10 heures. Lorsque les soldats allemands s’élancent, ils se heurtent rapidement aux hommes du Lieutenant-colonel Driant qui après avoir essuyer le feu des armes lourdes toute la journée, ont reçu l’ordre de tenir coûte que coûte.
« Verdun Visions d’Histoires », est une fresque humaine et humaniste. La galerie de personnages, du soldat français à l’officier allemand en passant par le paysan, (sans oublier la surprenante apparition d’Antonin Artaud dans le rôle de l’intellectuel) nous emmène au-delà de la simple fresque historique. Tous ces personnages qui a priori n’ont rien en commun se retrouvent liés par le destin. C’est d’autant plus flagrant que Léon Poirier met en scène des personnages fictifs aux côtés d’autres bien réels comme le maréchal Pétain. L’utilisation d’images d’archives, de documents et cartes d’époques directement insérés dans le film vient également semer le trouble. En fait, « Verdun, Visions d’Histoires » provoque l’étrange sensation de vivre un documentaire à la fois en tant qu’acteur et en tant que spectateur. Une sorte d’introspection historique.
Le travail de restauration effectué par les cinémathèques de Toulouse et de Bologne est remarquable. Dans les bonus du DVD, un documentaire permet de mieux se rendre compte de ce travail et de la manière dont il a été motivé.
Egalement présents dans les bonus : « Visions de Verdun », un autre documentaire où de nombreux spécialistes apportent leurs témoignages sur le film de Léon Poirier et le reste de son œuvre. « La revanche des Français devant Verdun », le récit de la contre-offensive française de l’automne 1916, monté par la Section cinématographique de l’armée à partir d’images d’archives, et le dossier de presse de l’époque.
Un film sur la guerre et tous celles et ceux qui en sont ou en deviennent les acteurs. Un témoignage précieux qu’on garde dans sa dvdthèque comme on garderait un souvenir. Un marque page pour l’Histoire et nos consciences.
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