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Vieux 04/01/2007, 21h40
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Par défaut origine ethnique des 22 français des trois dernières coupes du monde

Les Français et l’équipe de France depuis 1998

Black. Blanc. Beur. Ajoutons victorieuse et voilà l’image qu’avait la France de son équipe de foot. Et très vite elle a voulu donner la même image à son immigration. Mais pas plus que le foot, la France n’est pas le creuset « victorieux » qu’elle voulait être.

L’idée selon laquelle cette pratique sportive favoriserait l’intégration et la reconnaissance des populations d’origine étrangère ou même en symboliserait la réussite a été partagée de l’extrême gauche jusqu’à Jean Marie Le Pen, c’est dire s’il est facile d’y adhérer. Ce qui est d’autant plus facile c’est d’y glisser certains sous entendus : que bien jouer au foot serait un juste retour des choses au pays qui a ouvert les bras à ces blacks et beurs pour certains, que la politique d’immigration à la française était une réussite pour d’autres. Mais la défaite de 2002 n’était même pas nécessaire pour remettre en cause cette idée. Cette défaite justement, personne bien sûr n’en a fait le symbole de l’échec de l’intégration ou autre remise en cause de l’identité nationale. Cela n’aurait pourtant pas été bien plus absurde que la manipulation et les dérives des idées sur l’équipe« black, blanc, beur » à l’image de la nation.
Car la première question à poser au regard des listes des joueurs des trois dernières Coupe du Monde est celle de la « ressemblance » entre la nation et son équipe de foot. Bien sûr , les origines ethniques sont loin d’être identiques. Et ce n’est pas rejoindre les propos de Georges Frëche que de constater l’évidence de la surreprésentation de black et de beur dans l’équipe de France de 1998 2002 ou 2006 en comparaison avec l’ensemble des français. Ce n’est pas non plus aller à l’encontre de l’intégration des personnes issues de l’immigration que de le constater puisque le football et la victoire de 98 n’y ont en vérité pas changer grand chose. En vérité lesstatistiques sur l’origine ethnique des joueurs révèlent que très peu de joueurs sont vraiment issus de l’immigration. Ceux qui ont voulu faire de cette équipe « black, blanc, beur » autre chose que la réussite de quelques individus, souvent défavorisés et plus souvent encore de couleurs ce sont trompés. Ils se sont trompés sur l’origine ethniques français bien sûr, mais pire ils se sont trompés sur la question de l’identité nationale. Ils se sont attardés sur les parcours, souvent difficiles de ces joueurs et ont voulu en faire des modèles d’intégration. Mais ceux-ci étaient pour la plupart guyanais ou antillais. Paradoxalement on a fait d’un slogan prônant l’ouverture d’esprit une fermeture de l’identité nationale excluant ces non métropolitain ou même les « black et les beurs » tout court. Ils ont fait oubliés qu’avant d’être blacks ou beurs ces joueurs sont français.
Cette surreprésentation des blacks et des beurs, le même Georges Frêche la justifiait par des propos que SOS racisme qualifiait très justement de doublement racistes: il dénonçait la nullité des blancs et la hargne « des noirs qui crèvent de faim». Ces propos simplistes montrent là encore l’échec de l’idée qu’on s’est fait sur l’origine ethnique des footballeurs. En effet ils illustrent le lieu commun qui fait d’un black ou d’un beur quelqu’un de moins français que les autres, et qui vit en banlieue. De la à dire qu’il brûle des voitures quand il ne joue pas bien au foot, il n’y a qu’un pas. Et quand on exclut une population de la nation pourquoi alors s’étonner de la crise identitaire qu’a encore une fois révélé le football avec les sifflets contre l’équipe de France lors du match contre l’Algérie ? D’autant plus qu’il y a peu de « beur »en équipe de France. On ne pouvait faire de Zidane, un kabil , l’image de tous les beurs de France !Et s’il y a peu de beur c’est que Georges Frêche se trompe quand il pense qu’il faut crever de faim pour bien jouer au foot, c'est-à-dire pour lui vivre en banlieue et donc nécessairement être noir ou arabe.
Le fait qu’il y ait plus de Noirs en équipe de France n’a rien à voir avec l’immigration ou avec la couleur de peau, mais tient pour beaucoup à la particularité des DOM TOM: les français des DOM TOM bénéficient de très bonne condition d’entrainement (ce qui est également le cas en athlétisme ou escrime). Et si les blacks « en veulent plus » c’est malheureusement parce que la victoire de 1998 en a fait le seul moyen de véritable reconnaissance sans contestation. Parce que le sport est le seul domaine où la réussite d’un beur ne sera pas vue comme une injustice pour un blanc ou une discrimination pour les vrais français.
La mise en exergue de réussites individuelles semble entretenir le mythe d’une intégration réussie grâce au sport, et contribue à accentuer le caractère populaire de la pratique dans les populations en difficultés et souvent de couleur. Pourtant leur réussite semble moins grande que celle de la génération Platini et fait pourtant plus de bruit. L’encre qu’a pu faire couler le phénomène " black, blanc, beur " illustre bien l’échec face à la question « qu’est ce qu’être français ? ».
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So we beat on, boats against the current, borne back ceaselessly into the past.
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