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Alors que la décevante version mandarine des Sept samouraïs réalisée par Tsui Hark d’après un roman chinois vient de sortir au cinéma, les Japonais du studio Gonzo révisent le classique d’Akira Kurosawa le temps d’une série animée en 26 épisodes. Samurai 7 reprend assez fidèlement le scénario du film tout en le déplaçant dans un univers technico-médiéval où des robots de toutes tailles côtoient les samouraïs et les paysans de jadis.
Dans un pays où le pouvoir économique, incarné par les marchands, a pris le pas sur le pouvoir militaire des samouraïs, une partie de ces derniers se sont transformés en robots pour devenir des brigands qui sèment terreur et destruction parmi les paysans. Las de cette menace permanente et des pillages qui leur laissent à peine de quoi vivre, un village décide d’envoyer leur prêtresse à la ville pour engager une poignée de samouraïs à même de repousser les brigands. L’intrigue de base n’a donc guère changé, si ce n’est la plus grande place dévolue aux marchands, qui vivent dans des palais luxueux, engagent des ronins comme gardes du corps et enlèvent des jeunes femmes pour se constituer des harems. Cependant, malgré l’ajout de cette nouvelle classe, la dimension sociale de l’œuvre originale semble avoir été très légèrement édulcorée il faudra tout de même attendre la suite pour pouvoir émettre un jugement définitif sur ce point, car nous n’avons pas encore atteint, après six épisodes, les grandes scènes sociales du film.
Dès le premier épisode, la volonté des créateurs de la série de coller le plus possible à l’original est manifeste: certains dialogues, en particulier les plus importants, sont repris tels quels, et chaque détail semble avoir son correspondant dans le film, faisant de cette série un respectueux hommage au chef d’œuvre de Kurosawa. A l’arrivée des paysans dans la ville, la caméra suit au hasard divers ronins anonymes, comme dans le film. Peu après, un brigand prend un gamin en otage dans une grange comme chez Kurosawa, le futur chef des sept samouraïs, Shimada Kanbe, réussit à sauver l’enfant par la ruse, même si celle-ci diffère quelque peu de l’original, où Takashi Shimura se rasait la tête et se déguisait en moine pour pouvoir approcher le bandit.
La plupart des situations sont ainsi reprises, soit à l’identique, soit en changeant le personnage agissant (par exemple, ici, c’est Kikuchyo qui tance Kanbe en lui faisant remarquer que les paysans donnent le meilleur aux samouraïs, alors qu’ils doivent se contenter de millet) ou quelque autre détail, sans trahir l’original. Les sept samouraïs eux-mêmes, s’ils ont bénéficié d’un lifting qui leur donnent un peu plus de classe que les ronins légèrement pouilleux de Kurosawa, gardent le même nom et la même personnalité, à l’exception peut-être de deux d’entre eux, dont on ne peut dire au terme de ces six premiers épisodes s’ils continueront à différer autant de leurs inspirateurs: Kikuchyo, le paysan-samouraï interprété par Mifune dans l’original, est ici un robot un peu bourrin qu’on imagine mal déclamer l’émouvante tirade du film sur les paysans transformés en brutes par les samouraïs quant au duelliste qui commence par refuser la proposition de Kanbe pour mieux l’accepter le soir venu, il s’agit ici du garde du corps d’un riche marchand qui cherche à éliminer les samouraïs et les paysans pour avoir la paix.
Gonzo oblige, la série est d’une grande qualité technique (le budget moyen par épisode serait de 300000 dollars), avec un beau chara design et des animations en 3D numérique bien intégrées, véritable marque de fabrique du studio, qui avait déjà montré son savoir faire en la matière avec les superbes combats aériens de Last exile. Les combats, encore peu nombreux, semblent néanmoins prometteurs, à en juger par le dynamisme des échantillons présentés dans ces six premiers épisodes. Gageons que si la série continue à suivre le film d’aussi près, tout en continuant à nous surprendre par les quelques libertés qu’elle s’autorise, elle saura nous tenir en haleine tout au long de ses 26 épisodes.
Pathé, collection Asian Star, 25€.
Bonus:
Aucun.
Image: 2 DVD5 – Format 1.77 – 16/9 compatible 4/3.
Langues: japonais et français 5.1.
Durée: 145 mn env. (3 épisodes par DVD, soit 6 en tout)
La série s’étalera sur 4 volumes en tout, qui sortiront au rythme d’un tous les deux mois. Prochain volume prévu pour le 25 janvier.
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