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Vieux 03/08/2006, 21h05
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J'ai essayé d'aérer le texte et de l'alléger. Tentative de hiérarchisation des informations.

La Vie d’O-Haru, femme galante de Kenji Mizoguchi - 1952

« La Vie d’O-Haru, femme galante » est le chef-d’œuvre du cinéaste Kenji Mizoguchi qui permis une reconnaissance du cinéma japonais en Occident et ouvrit de nombreux horizons aux cinéastes du pays du soleil levant.

Le cinéaste japonais peint le portrait d’une femme sous la forme d’un poème dramatique. Une réflexion profonde sur une existence de malheur et la destiné que peut prendre une vie.
La beauté d’une femme peut-elle la guider vers une destinée tragique ?

Car la vie d’Oharu est une suite de drames : de sa jeunesse dorée à son expulsion de la cité à cause d’un amour impossible avec un homme de rang inférieur, elle devient la concubine d’un riche seigneur et est répudiée après lui avoir donné un fils. Oharu, reniée par son père, est vendue à une maison de geisha, puis devient servante chez un riche marchand avant d’être renvoyée pour avoir trahie un secret malgré elle. Elle devient alors femme galante pour terminer prostituée de bas-étage, puis mendiante. Après une tentative désespérée pour voir son fils, devenu seigneur de haut rang, Oharu reste méprisée et erre seule.

Mizoguchi place le destin de Oharu sous le signe permanent de la privation de libre arbitre pour démontrer que seule une femme peut faire l’expérience extrême de la tragédie.

Il annonce dès le début le récit qui sera le sien : Oharu est assise dans un temple, abîmée et
vieillie par la vie qui fût la sienne, elle songe à son histoire et se remémore son parcours.

Mizoguchi s’amuse avec le temps et les prédictions : les séquences sont formées comme des scénettes de théâtre où chaque obstacle est traité comme un drame et où le destin tragique de Oharu lui est annoncé par les personnages qu’elle rencontre (elle aide une vieille femme mendiante avant de le devenir à son tour, elle croise des prostituées avant de subir le même sort). Son destin est écrit : sa beauté aurait pu la sauver, mais la vie a décidé pour elle.

La mise en scène est riche et fluide : Mizoguchi laisse les actions se dérouler sous nos yeux, impassible spectateur d’un destin inéluctable.

Le Japon des seigneurs et des pauvres est filmé avec la même grâce (cité impériale, bordel), le tout accompagné d’une musique jouant avec les sonorités (percussions) qui offre un aspect théâtrale aux séquences. Ce théâtre qui à juste titre est montré dans une scène où l’on aperçoit les femmes danser, ainsi qu’un spectacle de marionnettes, reflète bien le propos du film : une femme prise au piège, tiraillée de tout côté pour avoir voulu aimer.

Le DVD comprend une présentation du film par Noël Simsolo, qui analyse le contexte de la production et les enjeux et influences du film de Mizoguchi.

« La Vie d’O-Haru, femme galante », réalisé par Kenji Mizogushi en 1952, avec Kinuyo Tanaka, Toshirô Mifune et Ichirô Sugai.

DVD, Zone 2, PAL, Tous publics, 125min, Japonais Dolby Digital 2.0 Mono, Sous-titré Français, Format 4/3, Format cinéma respecté 1.33, film en noir et blanc.

Disponible à partir de 18,90€ aux éditions Daiei.

Cécile DUVAL
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