DVD J'AI HORREUR DE L'AMOUR
J’AI HORREUR DE L’AMOUR de Laurence Ferreira Barbosa - 1997
Laurence Ferreira Barbosa dépeint le quotidien avec humour, tendresse et réalisme pour montrer comment les gens peuvent « péter les plombs » quand ils sont, eux ou leurs proches, en danger de mort.
Voici le sujet central de ce film qui s’attache à l’existence d’une jeune femme, médecin généraliste, qui voit sa vie routinière dégénérer par l’intrusion de deux hommes : l’un patient séropositif qui apprend à vivre avec sa maladie et qu’elle essaye de soutenir, l’autre un hypochondriaque qui la persécute.
La cinéaste divertie le spectateur par son humour, (scène où Annie rêve, que l’hypochondriaque se fait interner dans un asile) pour aborder des thèmes généraux et sociaux comme la maladie, la sexualité, l’insertion dans une société qui fuit sans cesse et bien sûr l’envie d’être aimer.
À partir de choses simples, elle offre un imaginaire émouvant : les personnages sont merveilleusement bien étudiés et leurs interprétations sont sensibles. Par exemple, le personnage du séropositif n’est pas dramatisé pour en faire un martyre, mais, au contraire, montré comme un humain souffrant d’un mal-être existentiel, d’une remise en question de sa vie, de sa sexualité, de son combat face à la maladie. La problématique du sida est ainsi intégrée dans une vraie fiction, un mal dont on meurt parmi d’autres.
Autour de la maladie se greffe d’autres aspects sociaux, que la réalisatrice traite par petites touches : la difficulté de communiquer quand le médecin redoute le moment d’apprendre le diagnostic à son patient, le problème de l’intégration avec le personnage de l’ex-taulard que l’héroïne va aider. Et puis, il y a la phobie de la société face aux choses qu’elle ignore, que Laurence Ferreira Barbosa va révéler par le personnage de l’hypochondriaque qui croit avoir le sida juste parce que le médecin lui a parlé de son autre patient séropositif.
Elle s’interroge également sur le droit à l’amour, qu’on soit déséquilibré, dépressif ou séropositif. Car tant qu’on est vivant, on a des gens à aimer… et même si cet amour se perd avec la mort, les deux se lient dans la vie.
La mise en scène de la réalisatrice est douce et progressive en intensité : caméra posée, plans larges, rythme tranquille, elle filme son histoire dans le souffle calme de la capitale, en plein été.
Et sous ce titre provocateur « J’ai horreur de l’amour », Laurence Ferreira Barbosa nous offre une vision de la vie, sans artifice spectaculaire, en plongeant simplement ses personnages dans la vie ordinaire d’êtres humains sensibles qui se démènent pour vivre, heureux.
« J’ai horreur de l’amour », un film de Laurence Ferreira Barbosa réalisé en 1997, avec Jeanne Balibar, Laurent Lucas, Jean-Quentin Chatelain.
Le coffret double DVD des éditions Gemini Films, contient les films « Les Gens normaux n’ont rien d’exceptionnel » (1h45) et « J’ai horreur de l’amour » (2h10), ainsi qu’un court-métrage « Adèle Fredon est-elle là ? » (17’), un entretien avec Laurence Ferreira Barbosa par Serge Kaganski (25’), une bande annonce de « J’ai horreur de l’amour », filmographies pour chaque films et galeries de photos.
DVD Zone 2, Digipack, 2 DVD, PAL, Tous publics, Son en français Dolby Digital 2.0 sous-titré anglais, Format 16/9 compatible 4/3, Film en couleurs.
Coffret à partir de 39,99€ aux éditions Gemini Films.
Cécile DUVAL
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