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Vieux 27/08/2006, 20h53
Tiphrène Tiphrène est déconnecté
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Issu de l’imagination débridée d’un auteur répondant au pseudonyme de Run, Mutafukaz (« Motherfuckers » en argot hispanique américain) est un concentré d’action purement jouissif.

Suite à un énorme tremblent de terre, le monde s’est rassemblé en une seule ville : Dark Meat City. Une ville-monstre, recouverte par la pollution, et dont les rues sont infestées par les rats et les criminels. Au milieu de ces quartiers mal famés, Angelino et Vinz, deux gamins dont l’un a une boule noire à la place de la tête et l’autre un crâne enflammé, passent leur temps à regarder la télévision et à élever les cafards de leur appartement. Une routine rapidement perturbée le jour où, après un douloureux accident de scooter, Angelino croit apercevoir des extraterrestres dans la ville. Vinz et lui sont alors pris en chasse par une organisation secrète et s’embarquent dans un voyage jusqu’au bout de l’Enfer…

Des rues bondées de Dark Meat City au ghetto de Palm Hill où les racailles utilisent les cabines téléphoniques pour les fracasser, nos deux héros parcourent des décors au graphisme immédiatement accrocheur. Dans des couleurs chiadées tirant vers le sépia, une ambiance poisseuse se dégage de ces villes enfiévrées qui rappellent les grandes jungles urbaines du sud américain comme Los Angeles ou Ciudad de Juarez. Une ambiance sulfureuse et étouffante qui ne tarde pas à exploser.

Et quand l’explosion vient, c’est dans un déchaînement de violence complètement décomplexé et jubilatoire. Deux morceaux de bravoure constituent le régal de ce premier tome : l’attaque du commando de la Z7, des unités de forces spéciales mi-guerriers Kabuki, mi-Swat Team, et le massacre de Palm Hill où tous les gangs sortent les armes pour s’entretuer. Deux scènes d’actions parfaitement cadrées et très bien rythmées, propices à toutes les folies visuelles. L’assaut du commando a d’ailleurs fait l’objet d’un excellent court métrage de l’auteur disponible sur son site. Ces scènes lorgnent notamment du côté du manga, avec ces mouvements flous et ces énormes éclaboussures de sang, et du côté du comics lorsqu’Angelino se transforme inexplicablement, et juste pour le plaisir des yeux, en superhéros indestructible capable de courir sur les murs et d’effectuer des pirouettes spectaculaires sur des voitures.
Une richesse des références qui se retrouve dans le traitement même de la BD qui alterne couleurs et noir et blanc, rêves psychédéliques et coupures de journaux. Un cahier graphique ferme d’ailleurs ce tome pour nous confirmer toute la densité et le foisonnement de cet univers.

« Mucho Caliente ! » commente d’ailleurs la couverture à l’encontre du héros. Commentaire que l’on pourrait aussi adresser à l’auteur tant Mutafukaz est un cocktail explosif assaisonné à la tequila qu’il est conseillé de boire sans modération.
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