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Vieux 31/08/2006, 21h19
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La Vie d’O-Haru, femme galante de Kenji Mizoguchi - 1952

« La Vie d’O-Haru, femme galante » est le chef-d’œuvre du cinéaste Kenji Mizoguchi qui permis une reconnaissance du cinéma japonais en Occident et ouvrit de nombreux horizons aux cinéastes du pays du soleil levant.

Le réalisateur japonais peint le portrait d’une femme sous la forme d’un poème dramatique. Une réflexion profonde sur une existence de malheur et la destiné tragique que peut prendre une vie. Mizoguchi annonce dès le début, l’avenir d’Oharu: Elle est assise dans un temple, abîmée et vieillie par la vie qui fût la sienne, elle songe à son histoire et se remémore son parcours.

Car la vie d’Oharu est une suite de drames : De sa jeunesse dorée à son expulsion de la cité à cause d’un amour impossible avec un homme de rang inférieur, elle devient la concubine d’un riche seigneur et est répudiée après lui avoir donné un fils. Oharu, reniée par son père, est vendue à une maison de geisha, puis devient servante chez un riche marchand avant d’être renvoyée pour avoir trahie un secret malgré elle. Elle devient alors femme galante pour terminer prostituée de bas-étage, puis mendiante. Après une tentative désespérée pour voir son fils, devenu seigneur de haut rang, Oharu reste méprisée et erre seule.

Mizoguchi s’amuse ainsi avec le temps et les prédictions. Les séquences sont formées comme des scénettes de théâtre où chaque obstacle est traité comme un drame, et où le destin de Oharu lui est annoncé par les personnages qu’elle rencontre (elle aide une vieille femme mendiante avant de le devenir à son tour, elle croise des prostituées avant de subir le même sort). Le théâtre, qui à juste titre est montré dans une scène où l’on aperçoit les femmes danser, ainsi qu’un spectacle de marionnettes, reflète bien le propos du film : une femme prise au piège, tiraillée de tout côté pour avoir voulu aimer.

Pour accentuer l’aspect dramatique, Mizoguchi laisse les actions se dérouler sous nos yeux dans une mise en scène riche et fluide, où le spectateur reste impassible face à ce destin inéluctable. Il filme avec la même grâce le Japon des seigneurs (cité impérial) et des pauvres (bordel) et place le destin de Oharu sous le signe permanent de la privation de libre arbitre pour démontrer que seule une femme peut faire l’expérience extrême de la tragédie.

« La Vie d’O-Haru, femme galante » continue d’être une œuvre majeure du cinéma japonais.


Le DVD comprend une présentation du film par Noël Simsolo, qui analyse le contexte de la production, les enjeux et les influences du film de Mizoguchi.

« La Vie d’O-Haru, femme galante », réalisé par Kenji Mizogushi en 1952, avec Kinuyo Tanaka, Toshirô Mifune et Ichirô Sugai.

DVD, Zone 2, PAL, Tous publics, 125min, Japonais Dolby Digital 2.0 Mono, Sous-titré Français, Format 4/3, Format cinéma respecté 1.33, film en noir et blanc.

Disponible à partir de 18,90€ aux éditions Daiei.

Cécile DUVAL
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