Afficher un message

  #1 (permalink)  
Vieux 19/10/2006, 22h58
Francis Rozange
Guest
 
Messages: n/a
Smile A gagner : les îles éparses de Jean-Louis Magnan

Deux livres à gagner de l'un des romanciers les plus prometteurs du 21e siècle, toutes langues confondues (non, je ne le connais pas et vous savez que le copinage est une notion inconnue sur La Factory).

1/ Géographiquement parlant, que sont les "îles éparses" ?
2/ Quel était le premier roman de Jean-Louis Magnan
3/ Citez-nous deux autres auteurs des éditions Verticales
4/ Question éliminatoire : combien de personnes vont-elles répondre ?
Fin du concours : 1e novembre 2006

De rentrée littéraire lasse, gavé d’une médiocrité mâchée et ô combien ravalée pour enfin lire un chef-d’œuvre, le deuxième roman de Jean-Louis Magnan, déjà remarqué pour Anti-Liban. Mon dieu, qu’il est doux le plaisir de retrouver les joies de la lecture après souffert les indigences d’un Florian Zeller et de ses clones tristes… Happé dès le premier paragraphe par une musique qui ne me quittera plus, un chant majestueux, eurythmique et intime, accords perdus, un corps abandonné « au milieu des montagnes de mousse » où se dessine en fine touches la carte de Madagascar et de ses « iles éparses », parmi elles l’ile de Juan de Nova où Barnabé Dole exploite sa mine de phosphore comme il creuse le cul des hommes qu’il fait chercher aux quatre angles de la terre. il les aime musclés, sculptés par le feu luminescent qu’ils extraient des entrailles d’un monde déchu, prêt à laisser place à d’autres tyrans. C’était il y a cinquante ans, peu après la fin de la guerre d’Algérie. Barnabé Dole et Nathan, son vieil amant, racontent ce cœur des ténèbres sur lequel Nicole, l’amie et juge de Nathan, pose un regard ironique et gouailleur. Jean-Louis Magnan est Jean Genet réincarné, prodigieusement doué, sa poésie transfigure les détails les plus crus. Comme Genet, dont la filiation est évidente, son style est l’instrument qui magnifie ces personnages de chair et de sang. Rien ne manque à ce livre. Rien. Le Mot est perfection. Le Récit est perfection. J’ai quitté ce monde héberlué, estomaqué, noué d’une émotion neuve, ainsi renaissait mon gout pour la littérature. Jean-Louis Magnan est un magicien. Merci, Monsieur, d’exister et d’écrire. Vous êtes un grand, très grand écrivain. Merci. Merci. Merci.


Dans le bain au milieu des montagnes de mousse ma verge –le prépuce qui recouvre le gland- perce l’eau neigeuse. Mon genou gauche, mollet et cuisse joint sur ce seuil osseux, représente l’Afrique et ses arbres poilus. Mon genou droit est à peine apparent, mais d’autant plus immense qu’il est glabre à fleur d’eau, long et bosselé, couvert des cicatrices de l’enfance et encore cagneux : le long plat de mon ménisque est Madagascar.
Le creux de mon gland, fendu par là où sortent sperme et urine, émerge. Volcan éteint ? Surgira-t-il ? Les îles éparses, et au milieu d’elles Juan de Nova, sont une érection molle favorisée par l’eau chaude, perdues dans un détroit entre l’Afrique et Madagascar.

Extrait de la première page. Florian Zeller, lui, aurait parlé de sa bite.
  • Broché: 257 pages
  • Editeur : Editions Gallimard (31 Aoû 2006)
  • Prix: 17,9€
  • ISBN: 2070781135
  • Dimensions (en cm): 14 x 2 x 21
Réponse avec citation