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Vieux 19/10/2006, 23h19
Francis Rozange
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Smile Gagnez "Eté Strident" de Ling Xi

Trois livres de Eté Strident, éditions Actes Sud. Fin du concours le 15 novembre ! vous pouvez répondre directement dans ce fil de discussion : vos réponses ne seront visibles que de moi.

1/ Xin Li, c'est un garçon ou une fille ?
2/ Ce livre a-t-il été écrit en français ou en chinois ?
3/ ce recueil se compose de combien de nouvelles ?
4/ question éliminatoire pour les gagnants : pourquoi dit-on que je ressemble beaucoup à Shrek ?

Un rien présomptueux que de nous inviter à un pique-nique dans sa tête. Mais c’est qu’on y est fort bien dans sa tête : un peu de foutoir, juste ce qu’il faut pour se sentir à l’aise. Un rien surréaliste, des idées à foison, et une écriture planante. Okay, c'est officiel je déteste ce gars-là : La Sorbonne, sciences-Po, sciences sociales... ça, c'est juste la partie scolaire. J'ai l'air de quoi, avec mon BEP de plâtrier alors qu'il est écrivain (indéniablement, et doué en plus) plasticien (passe encore) et journaliste (M..., un concurrent !). Surprise : la bio précise honnêtement (rare) qu'il auto-édite des albums d'images et des vidéos (l'auto-édition, c'est pas chic dans certains milieux). Et des performances live, aussi. Probablement à Marseille, où il vit. Et de là, on peut comprendre qu'il soit édité aux éditions du Rouergue (avec l'accent, vé).
On rigole, d'accord, mais précisément parce que l'auteur lui-même ne se prend guère au sérieux malgré le réel intérêt de son livre et la gravité du sujet. Cela commence avec la R11 du narrateur perdu sur une route isolée se demandant comment il va pouvoir commencer son roman... L'horreur, donc, en particulier à cause de la R11. Quoi faire ? On le sent embêté, le Jean-François Paillard. Alors il invente un pays, une ville, une monnaie. Et parce que même si l'ironie et le second degré sont omniprésents il ne s'agit assurément pas d'un livre comique : Nous sommes dans une dictature où affleure le ghetto de Varsovie avec des enfants jouant avec des ballots de chiffon mais aussi, à l'autre extrémité de la bêtise humaine, des 4*4 Toyota, des Mercedes et des « big-viande-sans-pain-marque déposée » vendus dans les fastfood libertybell du ghetto. Mais le pire, c'est très certainement leur amour du football. Car oui, même dans ce pays totalement imaginaire on s'intéresse à la coupe du monde de football au point de se bousculer pour assister à la finale : « on évacuait en toute discrétion tel prétendu terroriste déguisé en Mollah, en James Bond, en Castafiore ou en coq de bruyère, ses bras tordus, ses poignets brisés et son visage en sang s'escamotant vivement par une trappe dissimulée derrière un des porte-flambeaux que l'on avait placés contre les murs et dont l'abattant claquait dans ma tête avec la régularité d'un métronome ». Moyennement drôle, donc, on vous l'avait bien dit. Mais rythmé, intéressant et personnel, comme dans « personnalité ». Ce qui de nos jours n'est pas si fréquent... en particulier dans les pays non-imaginaires.
Pique-nique dans ma tête - Jean-François Paillard 16€ Editeur Rouergue Date de parution 08/2006 Nombre de pages 224 pages Format 14 cm x 21 cm ISBN 2841567869
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