Critique essai "la fin des classes moyennes" (première version)
Elles ont longtemps été le pilier des sociétés occidentales. Moteur des grandes réformes sociales, étalon des indices de consommation, génératrices d’équilibre au sein des pays développés : que reste t-il aujourd’hui des fameuses classes moyennes ?
La réponse apportée par Massimo Gaggi et Edoardo Narduzzi est tragiquement simple : c’est fini. C’est d’ailleurs le titre de leur éssai : « La fin des classes moyennes ».
Loin de s’enfoncer dans d’obscures théories ou de lourdes analyses, les deux journalistes italiens apportent un éclairage accessible et sans fioritures sur la question. Partant de l’énumération de faits comme la transition entre la fin d’une longue période d’industrialisation et la régence des lois de l’économie de marché, ils nous expliquent comment les classes moyennes se sont peu à peu fait supplanter par ce qu’ils nomment les classes de masse, de la société « low cost ».
Pour les deux auteurs, la libéralisation de l’économie mais aussi les importantes évolutions technologiques ont entraîné la mise sur le marché de toute une nouvelle gamme de biens et de services. Un phénomène suffisamment mûr pour enfanter une population inédite, désormais habituée à consommer vite, bien et surtout pas cher. C’est cette nouvelle masse de consommateurs qui englobe un nombre important de catégories sociales, qui serait entrain remplacer les classes moyennes.
Partant de ce constat, Massimo Gaggi et Edoardo Narduzzi en appellent à une prise de conscience des pays concernés. Pour eux, ni les systèmes politiques, ni le marché du travail pas plus que les régimes de sécurité sociale ne sont adaptés à l’émergence de cette « classe de masse ». Les deux journalistes explorent les différents systèmes existants, du « modèle social à la française » en passant par la puissante économie américaine, ils tentent de piocher ça et là les idées qui pourraient permettre à ces nouvelles classes de prendre la place de moteur qu’avaient les classes moyennes.
Car pour les auteurs, c’est là que se trouve la clé du problème. Pour faire face aux nouveaux pays émergents comme l’Inde ou la Chine, les pays occidentaux et particulièrement l’Europe, vont devoir s’adapter pour éviter le développement d’un capitalisme sauvage et l’affaiblissement des valeurs démocratiques.
Un essai qui nous plonge dans une réalité difficile à ignorer et qui offre la possibilité d’y voir plus clair sans pour autant être complètement didactique.
Un constat aussi réel que la prise de conscience qu’il suscite : il va falloir trouver des solutions et vite.
Gaël Bocandé
Essai
La fin des classes moyennes
Titre original : La fine del ceto medio (Gulio Einaudi edotore)
Editions Liana Levi pour la version française
Traduction : Jean-Luc Defromont
Date de sortie :
Prix de vente : 16 euros
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