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Vieux 28/10/2006, 13h01
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Par défaut Critique la fin des classes moyennes - essai - (deuxième version)

Elles ont longtemps été le pilier des sociétés occidentales. Moteur des grandes réformes sociales, étalon des indices de consommation, génératrices d’équilibre au sein des pays développés : que reste t-il aujourd’hui des fameuses classes moyennes ?
La réponse apportée par Massimo Gaggi et Edoardo Narduzzi est simple : c’est fini. C’est d’ailleurs le titre de leur éssai : « La fin des classes moyennes ».
Loin de s’enfoncer dans d’obscures théories ou de lourdes analyses, les deux journalistes italiens apportent un éclairage simple et accessible sur la question. Partant de l’énumération de faits comme la transition entre la fin d’une longue période d’industrialisation et la régence des lois de l’économie de marché, ils nous expliquent comment les classes moyennes se sont peu à peu fait supplanter par ce qu’ils appellent les classes « low cost ».
Pour les deux auteurs, la libéralisation de l’économie mais aussi les importantes évolutions technologiques ont entraîné la mise sur le marché de toute une nouvelle gamme de biens et de services. Un phénomène suffisamment mûr pour enfanter une population inédite, désormais habituée à consommer vite, bien et surtout pas cher. C’est cette nouvelle masse de consommateurs qui englobe un nombre important de catégories sociales, qui serait entrain remplacer les classes moyennes.
On peut effectivement penser que c’est la fin des classes sociales telles qu’elles ont été définies par les marxistes.C'est la fin des deux classes antagonistes : celle des exploités et celle des exploitants.
Mais, s’ils ne l’ont pas encore, les individus que Gaggi et Narduzzi englobent dans les « classes de masse », pourraient se trouver des intérêt communs. Les habitudes de consommation, auxquelles ont pourraient ajouter un bon nombre de facteurs tels qu’une certaine désillusion face à la politique, une perception différente du monde du travail, sont autant de points communs à toute une génération qui pourrait bien devenir une nouvelle classe à part entière.
Face à ce constat, Massimo Gaggi et Edoardo Narduzzi en appellent à une prise de conscience des pays concernés. Pour eux, ni les systèmes politiques, ni le marché du travail pas plus que les régimes de sécurité sociale en sont adaptés à l’émergence de cette « classe de masse ». Les deux journalistes explorent les différents systèmes existants, du « modèle social à la française » et son Etat protecteur, en passant par la puissante économie américaine avec son lot de services privés, ils tentent de piocher ça et là les idées qui pourraient permettre à ces nouvelles classes « low cost » de prendre la place de moteur qu’avaient les classes moyennes.
Car pour les auteurs, c’est là que se trouve la clé du problème. Pour faire face aux nouveaux pays émergents comme l’Inde ou la Chine, les pays occidentaux et particulièrement l’Europe, vont devoir s’adapter pour éviter le développement d’un capitalisme sauvage et l’affaiblissement des valeurs démocratiques. On a bien vu, particulièrement en Argentine, quels risques courre une société qui ignore ses chamboulements.
Un essai qui nous plonge dans une réalité difficile à ignorer et qui offre la possibilité d’y voir plus clair sans pour autant être complètement didactique.
Un constat aussi réel que la prise de conscience qu’il suscite. Il va vite falloir trouver des solutions.

Gaël Bocandé

Essai
La fin des classes moyennes
Titre original : La fine del ceto medio (Gulio Einaudi edotore)
Editions Liana Levi pour la version française
Traduction : Jean-Luc Defromont
Date de sortie :
Prix de vente : 16 euros
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