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Vieux 14/11/2006, 12h08
Valérie Valérie est déconnecté
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Oui! C'est vrai que ça faisait longtemps! J'avoue que je rame un peu entre les cours, le job d'étudiant et les livres... Merci pour ta critique... Je voulais aussi être sûre d'avoir bien fait passer mon message... En fait, j'ai beaucoup de critiques envers le livre car je m'attendais vraiment à quelque chose de "sensas" , de nouveau... et puis, non... mais je ne voulais pas non plus lui lancer la pierre... il faut quand même du courage pour faire la causette avec des gars pareils quand on est une femme!
Bref, voici mes corrections:


Qui sont les islamistes radicaux? Quel est leur discours, et quelles sont leurs motivations? Pour répondre à ces questions, Hind Fraihi, journaliste, donne la parole aux principaux intéressés. D’origine musulmane, elle a l’avantage de pouvoir se rendre là où les journalistes non-musulmans ne peuvent entrer.

Nous sommes à « Molokko », vieux quartier de Molenbeek Saint-Jean, la commune qui compte le plus de quartiers défavorisés à Bruxelles. Ici, on vit à l’heure méditerranéenne. Dans les rues, des étals aux mille saveurs, aux mille épices d’Orient. Derrière une vitrine, des costumes faits à la main, des tissus de couleurs, brillants, venus tous droit du nord de l’Afrique. Dans l’un des hauts immeubles qui bordent les trottoirs, Hind Fraihi, journaliste belge, néerlandophone d’origine marocaine, partage la chambre d’une jeune immigrée en quête de travail.

La journaliste s’est mise en tête de démasquer les extrémistes musulmans de Molenbeek-Saint-Jean. Pour cela, elle se fait passer pour une étudiante en sociologie. Sa première rencontre, avec le cheikh syrien Ayachi Bassam, plante le décor. Ce dernier, suspecté notamment de propagande pour Al Qaeda, est l’auteur, début 2004, d’une lettre de menace au ministre français de l’intérieur, Nicolas Sarkozy. La journaliste serait-elle parvenue à infiltrer l’un de ces groupes d’extrémistes musulmans ?

Etre musulman à Bruxelles
Le lecteur retient son souffle. Il décide de suivre l’auteur dans le dédalle de rues de ce «Maroc bruxellois». Au détour d’une rue, une mosquée, invisible de l’extérieur. Elle fait partie de celles, nombreuses, qui se cachent dans de simples maisons ou derrière des portes de garage. Dans ces mosquées, la journaliste rencontrera la plupart de ses intervenants, extrémistes ou non. L’occasion pour le lecteur d’écouter ce que les habitants de ces quartiers ont à dire, sans à priori et sans idées préconçues.

Immigrés de première, de deuxième ou de troisième génération, venus du Maroc, d’Algérie ou d’ailleurs, ils ont tous en commun une religion, l’Islam, et une culture, occidentale, belge plutôt. Ils sont ce mélange « belgo-musulman » qui semble chercher sa place entre deux traditions. Relégués dans des quartiers dépeints comme des « ghettos », il leur est parfois difficile de suivre le chemin de l’intégration. Car là-bas, le taux de chômage atteint des sommets, surtout chez les jeunes. « Mohamed de Molenbeek. Mets ça sur ton CV et personne ne te propose un entretien. » Quelles perspectives d’avenir, dès lors ? Un grand nombre de jeunes musulmans se sentent « pris en sandwich entre leur religion originelle et la société occidentale. » Parmi eux, beaucoup de musulmans progressistes décident de vivre l’Islam de manière personnelle.

Quand l'Islam devient outil politique
Si certains s’indignent de la montée de l’extrémisme musulman, d’autres ne voient que contradictions entre Islam et Occident. L’auteur constate à ce titre une forte islamisation des jeunes molenbeekois. En cause, outre leur situation sociale, certains imams aux discours virulents. Ceux-là vont même jusqu’à prêcher le djihad lors de la prière : « Sacrifier son argent et sa vie pour le djihad, voilà une grande vertu divine », dira l’un d’eux, publiquement. Après les attaques du 11 Septembre 2001, après l’assassinat de Théo Van Gogh en 2004, et suite aux attentats de Madrid et Londres, la journaliste constate, amère : « la mosquée devient un bastion politique.»

Hind Fraihi donne au lecteur les clés pour comprendre l’Islam et le différencier de l’islamisme politique radical. Le livre dans sa totalité donne une définition du fondamentalisme islamique, dont la tendance à se vouloir religion politique augmente. Le livre a également pour mérite de mettre en lumière les motivations des musulmans dits « modérés », qui, désespérés face à l’utilisation abusive de l’Islam par les extrémistes musulmans, votent pour le parti d’extrême droite flamand, « het Vlaams Belang ». Paradoxal.

Un reportage peut-être trop ambitieux... mais nécessaire
Le reportage commence sur les chapeaux de roue, certes, avec l’interview d’un cheikh extrémiste au cœur même de la commune. Mais l’exaltation est de courte durée. Tout au long du récit, le lecteur espère que l’auteur parvienne enfin à s’infiltrer parmi les extrémistes radicaux, comme annoncé dans ce titre tape-à-l’œil. En vain. L’auteur réalise ici un travail d’observation plutôt que d’infiltration. A la lecture du titre, le lecteur s’attend en effet à infiltrer ces groupes radicaux qui se réunissent dans les mosquées pour propager le djihad. Au contraire, les informations glanées ci et là sont traitées en surface, de manière parfois incomplète. Le titre, quelque peu sensationnel, ne correspond peut-être pas au contenu du livre. A noter qu’Hind Fraihi est journaliste pour le journal flamand « Het Newsblad », réputé pour être un journal populaire.

Saluons toutefois la démarche. Pénétrer cet univers d’hommes n’est pas chose facile pour la journaliste, qui se voit fermer des portes pour la simple raison qu’elle est une femme. Par exemple, l’impossibilité pour elle de gagner la confiance de ces femmes couvertes des pieds à la tête par une bourka et qui ne peuvent parler sans l’autorisation de leur mari. Cet obstacle lié au sexe est omniprésent dans le récit, et en explique probablement les limites.
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