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Vieux 18/10/2006, 19h09
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Date d'inscription: octobre 2006
Messages: 40
Par défaut Thank you for smoking (critique, première version)

Qui a dit que fumer était mauvais pour la santé ? Sûrement pas Nick Naylor, lobbyiste pour Big Tobacco, un puissant fabricant de tabac.
De la salle de classe de son propre fils aux producteurs d’Hollywood, en passant par les plateaux télés, infatigable, il tente par tous les moyens de convaincre qu’il vend un produit comme un autre.
Le résultat est plutôt réussit, avec son lot de situations cocasses, comme lorsqu’il réussit à convaincre, moyennant finance, le fameux cow-boy Marlboro atteint d’un cancer des poumons, de renoncer à un procès contre l’industrie du tabac ou lorsque le bonhomme se fait enlever par des activistes anti-tabac qui lui recouvre le corps de patch à la nicotine.
Car, plus que la cigarette en elle-même, c’est l’art de convaincre qui est au centre du film, où comment vendre un produit sans en faire l’apologie.
Le film est largement porté par Aaron Eckhart qui endosse à merveille son rôle de quadra hyperactif, trop impliqué dans son travail pour pouvoir s’en défaire. La dépendance à un boulot peut valorisant aux yeux des consommateurs et des citoyens est ici dépeinte avec plus de force que l’addiction à la cigarette. Malgré tout, car il n’est pas naïf, le personnage de Nick Naylor aime son métier.
Au final, le film de Jason Reitman, n’est ni trop cynique, ni trop moralisateur. Il ne s’agit pas ici de dénoncer un puissant lobby ni d’en décortiquer les rouages machiavéliques. Le réalisateur nous invite à suivre le quotidien, très banal au demeurant, d’un des pions de cette grosse machine. Un quidam qui s’évertue à faire son boulot correctement, qui parfois fait du zèle, parfois doute. Le portrait d’un employé ordinaire qui fait tout pour que son métier le reste.
Et curieusement, on finit par ressentir de la sympathie pour cet homme animé par la foi commerciale, adroit en affaire, maladroit en amour et plein de tendresse pour son petit garçon. Sans le juger, on en arrive à le comprendre.

Gaël Bocandé
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