Le secret de l'étrangleur (critique BD, première version)
Paris, février 1959. Un mystérieux étrangleur profite d’une grève du personnel de la police et du brouillard tenace qui refuse de quitter les rues de la capitale pour assassiner impunément.
Une affaire qui passionne le petit Alphonse Foncinnet, lui-même fils d’assassin qui traîne son vieux duffle-coat élimé dans les rayonnages d’une librairie tenue par un drôle de bonhomme qui lit des ouvrages sur l’hypnose et se vente d’être lui-même le fameux étrangleur.
Tardi on aime ou on aime pas. Une radicalité qui colle à la fois à l’auteur mais aussi à ses personnages et jusqu’au style du dessin. Jacques Tardi n’utilise pas le noir et blanc que dans ses dessin, mais aussi dans ces personnages. Il n’y a aucune couleurs chez Esbirol le libraire, Foncinnet le fils d’assassin, Budé le flic qui l’a élevé ou Dieubattu, le voisin soupçonneux. Attention, cela ne veut pas dire qu’ils ne sont pas sans nuances, bien au contraire, la ligne de démarcation entre le noir et le blanc est parfois subtile.
Après avoir adapté plusieurs romans de Léo Malet, collaboré entre autres avec Didier Daeninckx, et plus récemment, revisité le « Petit bleu de la côte Ouest » de Jean-Patrick Manchette. Tardi s’associe cette fois-ci avec Pierre Siniac, auteur de roman noir disparu en 2002 en adaptant « Monsieur Cauchemar » et en le transformant en un « Secret de l’étrangleur » qui plonge le lecteur dans le Paris des années 50, avec sa galerie de vieilles publicités et autres affiches d’époque (les inconditionnels le savent, Tardi et Paris, c’est une longue histoire d’amour, un personnage à part entière), aux côtés du jeune Alphonse qui va se retrouver confronter à son propre passé autant qu’à ses fantasmes de gosse désoeuvré. On se prend très vite au jeu, certes morbide mais jubilatoire, d’autant plus que les fausses pistes et les explications à rallonge ( dans le bon sens du terme) ne manquent pas.
gael bocandé
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