|
|||
|
Voici la chronique de la suite de Révélations de Paul Jenkins et Humberto Ramos:
Suite et fin du diptyque de Paul Jenkins et Humberto Ramos qui voit le détective sans foi ni loi Charlie Northern errer dans les couloirs du Vatican pour résoudre le meurtre du successeur désigné du Pape. Le premier tome racontait une histoire de complot religieux certes convenue, mais portée par le personnage de Charlie Northern, froid et cynique, fumant clopes sur clopes dans une ambiance de polar comme on les aime. Le deuxième tome, lui, s’embarque dans une ambiance malheureusement beaucoup plus ésotérique et mystique dont il ne se relèvera pas. Pourtant le début de cette suite accélère l’enquête en accumulant les cadavres sur des chemins de plus en plus tortueux, et en lui donnant un ton nettement plus dramatique, auquel répondent les couleurs plus froides et sombres d’Oléa. Le visage de Charlie gagne en tristesse et en mélancolie, perdant de son aspect « cartoon » et voit notre en héros en plein cœur du conflit avec lui-même et avec sa foi. Dans une scène poignante, Charlie crie toute sa rage intérieure vers le ciel, comme pour espérer une dernière fois que quelqu’un va en descendre pour lui répondre. Puis l’histoire bascule définitivement dans le mysticisme et le fantastique, achevant de lui donner une tonalité réaliste qui faisait toute sa crédibilité. Charlie Northern est donc bientôt aussi largué que le lecteur et passe son temps à s’énerver, à jurer et à répéter les mêmes blagues, ce qui lui enlève toute la finesse d’esprit qui faisait son charme. De nouveaux personnages apparaissent pour faire progresser l’enquête sans qu’on ait pu comprendre qui ils étaient, tandis que d’autres meurent ou perdent de leur charisme alors qu’on aurait voulu plus les connaître et les voir plus développer. Au final, même la fameuse « révélation » a de quoi laisser sur notre faim et à un goût amer. Ce dénouement est tellement brutal qu’on a l’impression qu’il nous est imposé par les auteurs faute de mieux et paraît tellement incroyable que même le lecteur n’aurait pu le deviner. Si les auteurs cherchaient à surprendre en s’embarquant sur un autre ton et en voulant échapper à toutes facilités de leur récit, cela s’est fait de façon trop abrupte et l’histoire en a perdu en cohérence. A trop vouloir faire dans l’ésotérique, Jenkins a perdu la seule magie de sa BD, celle des dessins de Ramos (et de sa couverture magnifique) qui au fil des pages perdent de leur charme et de leur substance pour bientôt ne plus nous emporter du tout. |
|
|||
|
Citation:
Les défauts habituels : quelques maladresses de style, et une structure pas suffisamment carrée. Toutefois l'on n'est pas loin du compte. |
|
|||
|
Voici mes corrections d'après les commentaires:
Suite et fin du diptyque de Paul Jenkins et Humberto Ramos qui voit le détective sans foi ni loi Charlie Northern errer dans les couloirs du Vatican pour résoudre le meurtre du successeur désigné du Pape. Le premier tome racontait une histoire de complot religieux certes convenue, mais portée par le personnage du détective, froid et cynique, fumant clopes sur clopes dans une ambiance de polar comme on les aime. Le deuxième tome, lui, s’embarque dans une ambiance malheureusement beaucoup plus ésotérique dont il ne se relèvera pas. Le début de cette suite accélère pourtant l’enquête en accumulant les cadavres sur des chemins de plus en plus tortueux, et en lui donnant un ton nettement plus dramatique, auquel répondent les couleurs plus froides et sombres d’Oléa. Le visage de Charlie gagne en tristesse et en mélancolie, perdant de son aspect « cartoon » et voit notre en héros en plein cœur du conflit avec lui-même et avec sa foi. Dans une scène poignante, Charlie crie toute sa rage intérieure vers le ciel, comme pour espérer une dernière fois que quelqu’un va en descendre pour lui répondre. Puis l’histoire bascule définitivement dans le mysticisme, achevant cette tonalité réaliste qui permettait de dédramatiser et de prendre du recul par rapport l’ambiance religieuse et solennelle du décor. Le scénariste cherche alors sûrement à surprendre et à déjouer toutes les attentes par ce changement radical de ton, mais y perd fortement en cohérence. De nouveaux personnages apparaissent pour faire progresser l’enquête sans qu’on ait pu comprendre qui ils étaient, tandis que d’autres meurent ou perdent de leur charisme alors qu’on aurait voulu plus les connaître et les voir plus développer. Charlie Northern est donc bientôt aussi largué que le lecteur et passe son temps à s’énerver, à jurer et à répéter les mêmes blagues, ce qui lui enlève toute la finesse d’esprit qui faisait son charme. Au final, même la fameuse « révélation » tant promise dès le titre, a de quoi laisser sur notre faim et à un goût amer. Ce dénouement est tellement invraisemblable qu’on a l’impression qu’il nous est imposé par les auteurs faute de mieux et nous laisse sur la frustration qu’il nous aurait été impossible de le deviner tout seul. A trop vouloir faire dans l’ésotérique, Jenkins a perdu la seule magie de sa BD, celle des dessins de Ramos (et de sa couverture magnifique) qui au fil des pages perdent de leur charme et de leur substance pour bientôt ne plus nous emporter du tout. |
| Outils de la discussion | |
| Modes d'affichage | |
|
|