Anaïs - The cheap show (DVD)
Une guitare, un jean et dedans une jeune femme à l’humour décapant qui fait un one-woman show musical avec trois bouts de ficelles, d’où le titre. Outre la chanson française populaire elle s’essaye au rap, à l’imitation de chanteuse québécoise ou à la musique celtique. Seul mot d’ordre : la dérision.
« Mon cœur mon amour » : Anaïs fait rire au début mais peut énerver à la longue. La faute à la fréquence de ses passages radio dignes d’une ressortissante de télé-réalité. Il n’en est rien et ce live le prouve : elle est naturelle, ne porte pas de costume de scène griffé Unga-Boss et n’exécute aucune chorégraphie acrobatique avec des yetis en tutu. Elle se contente de bien jouer de la guitare et de chanter avec une voix qui surprend par l’étendue de sa tessiture. Elle convainc tant en chanteuse de blues qu’en Linda Lemay ou en interprète lyrique déjantée dans l’un des bonus. C’est déjà très bien me direz vous mais elle sévit aussi dans le bruitage et invite tour à tour sur scène une cornemuse, un harmonica ou une batterie. Il est décevant qu’elle n’ait pas encore acquis la faculté de se multiplier et qu’elle cède à la facilité en utilisant une pédale loop - affublée du sobriquet de Yo - qui lui permet de s’enregistrer. Mais le public lui pardonne et on le comprend tant elle parvient à s’approprier tous les styles qu’elle croise. Le succès d’Anaïs vient aussi de son rapport avec les spectateurs qui fait plus penser au stand up qu’à un spectacle musical classique. Il s’instaure un vrai dialogue entre la scène et la salle que l’artiste maîtrise grâce à un humour écrit ou à des réactions spontanées aux aléas du direct.
On assiste à une prestation rafraîchissante tant Anaïs est spontanée et ne se prend pas au sérieux. Certains lui reprocheront d’être trop caméléon et de se réfugier derrière l’humour et les parodies pour ne pas se dévoiler mais au vu de son talent on peut espérer beaucoup de l’avenir.
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