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  #1 (permalink)  
Vieux 24/04/2007, 12h04
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Par défaut Robert Siodmak - Phantom lady

Robert Siodmak – Phantom lady

Résumé : dans un bar new-yorkais deux âmes tristes se rencontrent et se séparent, anonymes, après une soirée sur Broadway. Lorsqu’il rentre chez lui, Scott Henderson est accueilli par trois policiers qui lui apprennent le décès de sa femme. Suspect idéal, toutes ses tentatives pour s’innocenter échouent : il ignore le nom de la mystérieuse femme avec qui il a passé la soirée et les trois personnes susceptibles de témoigner en sa faveur ont tout oublié de la belle inconnue. Condamné à mort, sa secrétaire et un policier se lancent dans une enquête officieuse auprès des témoins qui se révèle aussi dangereuse que haletante.

Critique : Réalisé en 1946, phantom lady est un film noir très hitchcockien, et pour cause il est tiré d’un roman de William Irish, auteur de la nouvelle qui a inspirée fenêtre sur cour. L’intrigue policière est intéressante mais n’est clairement pas la priorité de Siodmak qui l’utilise comme un outil au service des personnages. Suffisamment complexes pour être crédibles mais assez simples pour être compréhensibles, on suit avec plaisir les aventures de la belle secrétaire qui se transforme en détective et qui prend tous les risques mue par l’amour pour son patron. Elle est aidée par un brave flic un peu lourdaud qui se fait berner par un tueur perclus de tics et à la folie machiavélique. Les acteurs, au jeu parfois un peu forcé, sont courtisés par une caméra toujours bien placée. On suffoque littéralement en suivant le zoom oppressant sur Scott Henderson, veuf traumatisé entouré de trois inspecteurs soupçonneux qui le harcèlent de questions à quelques centimètres de lui tels des charognards se repaissant des viscères de leur victime. Le talent de Siodmak pour le cadrage et la composition se révèle également lorsqu’il filme la ville, il parvient à faire d’un plan nocturne d’une station du métro aérien un cliché moderne des nombreux ponts couverts qui enjambent les canaux vénitiens.
Esthétiquement soigné ce film est un polar agréable un peu classique mais qui surprend aux bons moments.
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  #2 (permalink)  
Vieux 24/04/2007, 14h54
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Résumé : dans un bar new-yorkais deux âmes tristes se rencontrent et se séparent, anonymes, après une soirée sur Broadway. Lorsqu’il rentre chez lui, Scott Henderson est accueilli par trois policiers qui lui apprennent le décès de sa femme. Suspect idéal, toutes ses tentatives pour s’innocenter échouent : il ignore le nom de la mystérieuse femme avec qui il a passé la soirée et les trois personnes susceptibles de témoigner en sa faveur ont tout oublié de la belle inconnue. Condamné à mort, sa secrétaire et un policier se lancent dans une enquête officieuse auprès des témoins qui se révèle aussi dangereuse que haletante.

Critique : Réalisé en 1944, phantom lady marque les débuts de Robert Siodmak dans le registre des films noirs. On est frappé par son côté très hitchcockien, et pour cause il est tiré d’un roman de William Irish, auteur de la nouvelle qui a inspirée fenêtre sur cour et se déroule également dans une New-York qui transpire en plein été.
L’intrigue policière est intéressante mais n’est clairement pas la priorité de Siodmak qui l’utilise comme un outil au service de ce qu’il veut filmer à savoir la psychologie des personnages. Mis à part Scott Henderson quasi inexistant, au propre comme au figuré, ce sont eux qui impriment son rythme au film et qui donnent du relief à l’histoire. La belle secrétaire surprend en se transformant en détective et même en taupe, prenant tous les risques mue par l’amour pour son patron. Elle est aidée par un flic brave mais un peu lourdaud qui se fait berner par un tueur machiavélique et perclus de tics. Le réalisateur montre ainsi la manifestation physique de la folie, suggérant que ceux que le mal n’est pas en tous les hommes et que ceux qui le portent en eux peuvent être percés à jour. Si l’on descend un peu dans l’ordre de la distribution certains seconds rôles surprennent comme le batteur tapant frénétiquement sur sa batterie avec un sourire de possédé au bord de l’orgasme dans le club de jazz. On appréciera ce clin d’œil de Siodmak à ce genre musical longtemps boudé par la bonne société qui le qualifiait de musique du diable. Dans cette scène comme dans l’ensemble du film les acteurs sont courtisés par une caméra toujours bien placée. On suffoque littéralement en suivant le zoom oppressant sur Scott Henderson, veuf traumatisé entouré de trois inspecteurs soupçonneux qui le harcèlent de questions à quelques centimètres de lui tels des charognards se repaissant des viscères de leur victime. Les plans répétés sur les mains du tueur toujours très bien éclairées sont un reliquat de film muet, une manière totalement visuelle de montrer que l’homme peut à la fois créer – le personnage est sculpteur - et tuer, ici par strangulation. Le talent de Siodmak pour le cadrage et la composition se révèle également lorsqu’il filme la ville, parvenant à faire d’un plan nocturne d’une station du métro aérien une version moderne et sombre d’un cliché des nombreux ponts couverts qui enjambent les canaux vénitiens. L’ambiance à la fois intimiste et pesante est parachevée par la discrétion de la bande sonore. Cette édition DVD par Carlotta films est agrémentée de la traditionnelle bande-annonce ainsi que d’un entretien passionnant avec un spécialiste de Siodmak et d’une conversation de 60 minutes avec le réalisateur lui-même datant de 1971. Le coffret présente ce premier film noir très prometteur de Siodmak aux côtés de l’une des références du genre, les tueurs, qu’il réalisera deux ans après phantom lady et de cobra woman.

Esthétiquement soigné ce film est un polar agréable un peu classique mais qui surprend aux bons moments.

Bonus :
-Entretien avec Hervé Dumont (17 minutes) : un retour sur la genèse, les thèmes et l’esthétique de phantom lady.
-Conversations avec Robert Siodmak (1971 – N&B – 60 minutes) : Un entretien exclusif et unique dans lequel le réalisateur se confie avec humour et nostalgie.

Caractéristiques techniques :

Format : PAL
Région: Région 2 (Ce DVD ne pourra probablement pas être visualisé en dehors de l'Europe. Plus d'informations sur Formats DVD.)
Nombre de disques : 1
Studio : Carlotta Films
Date de sortie du DVD : 4 avril
Durée du film : 83 minutes
Format image : 1.33 – Pan & scan 4/3 – N&B
Langues et formats sonores : Anglais (Dolby digital 1.0)
Sous-titres : Français
ASIN : B000NDDTCK
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  #3 (permalink)  
Vieux 25/04/2007, 09h23
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Date d'inscription: juin 2006
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Résumé : Dans un bar new-yorkais deux âmes tristes se rencontrent et se séparent, anonymes, après une soirée sur Broadway. Lorsqu’il rentre chez lui, Scott Henderson est accueilli par trois policiers qui lui apprennent le décès de sa femme. Suspect idéal, toutes ses tentatives pour s’innocenter échouent : il ignore le nom de la mystérieuse femme avec qui il a passé la soirée et les trois personnes susceptibles de témoigner en sa faveur ont tout oublié de la belle inconnue. Condamné à mort, sa secrétaire et un policier se lancent dans une enquête officieuse auprès des témoins qui se révèle aussi dangereuse que haletante.

Critique : Réalisé en 1944, phantom lady marque les débuts de Robert Siodmak dans le registre des films noirs. On est frappé par son côté très hitchcockien, et pour cause il est tiré d’un roman de William Irish, auteur de la nouvelle qui a inspirée fenêtre sur cour, et se déroule également dans une New-York qui transpire en plein été.

Ce film est avant tout une sombre galerie de portraits qui balaye le spectre visible de la psychologie humaine. Scott Henderson, l’accusé à tort de l’histoire, est l’archétype de l’homme banal quasi inexistant à l’écran et transparent même lorsqu’il y figure. A l’inverse sa belle secrétaire, qui a tout d’une potiche, surprend en détective déterminée risquant sa vie mue par son amour pour son patron. Elle est aidée par un flic brave mais un peu lourdaud qui se fait berner par un tueur machiavélique et narcissique. La mise en scène contribue largement à façonner les personnages et elle est souvent proche des films muets qui ont bercé l’enfance de Siodmak. On suffoque littéralement en suivant le zoom oppressant sur Scott Henderson, veuf traumatisé entouré de trois inspecteurs soupçonneux qui le harcèlent de questions à quelques centimètres de lui tels des vampires fondant sur leurs proies. Dans un registre similaire les plans répétés sur les mains du tueur, admirablement éclairées, suggèrent de manière totalement visuelle que le personnage – à la fois sculpteur et étrangleur - peut créer et tuer. En France le film est d’ailleurs sorti sous le titre évocateur de : les mains qui tuent.
Admirablement mis en valeur par la caméra Franchot Tone interprète avec sobriété un méchant terrifiant de normalité. Seuls ses tics, de plus en plus présents au fur et à mesure que l’on s’approche du dénouement, suggèrent sa folie. Il excelle au milieu d’acteurs convaincants même si le jeu d’Alan Curtis – Scott Henderson – est parfois maladroit. En revanche certains seconds rôles crèvent l’écran comme Elisha Cook Jr. en batteur de jazz tapant frénétiquement sur son instrument avec un sourire de possédé au bord de l’orgasme. On appréciera le clin d’œil de Siodmak à ce genre musical longtemps boudé par la bonne société qui le qualifiait de musique du diable.
C’est l’un des rares moments où la musique est présente, ce qui est très inhabituel pour l’époque. L’environnement sonore a été soigné afin de parfaire l’ambiance créée par des images très puissantes dont il ne faut pas détourner le spectateur. Le film fait donc la part belle aux bruitages et aux dialogues qui, sans être mémorables, sont efficaces. D’une manière générale la qualité de phantom lady ne réside pas dans l’écriture mais dans le travail du réalisateur qui maîtrise tous les registres de son art pour nous livrer un film sombre et psychologique.
Il y dépeint également une société américaine qu’il côtoie depuis peu. Exilé d’Allemagne en 1933 Robert Siodmak passe 6 années en France avant de quitter l’hexagone lorsque le IIIe Reich s’y installe. Ce passionné de cinéma, qui fut traducteur d’intertitres de muets américains, n’eut aucun mal à s’adapter à Hollywood. Avec phantom lady il fait plus que s’essayer au film noir puisqu’il nourrit le genre grâce à une mise en scène inspirée des films muets et de l’expressionnisme allemand. A sa sortie le film suscita un grand intérêt aux Etats-Unis où Siodmak fut rapidement considéré comme un réalisateur très prometteur de film noir, à juste titre puisque les tueurs, sorti en 1946, est l’un des modèles du genre.

Bonus :
Cette réédition de phantom lady est agrémentée de la traditionnelle bande-annonce ainsi que d’un entretien passionnant avec un spécialiste de Siodmak et d’une conversation de 60 minutes avec le réalisateur lui-même datant de 1971.

Caractéristiques techniques :

Format : PAL
Région: Région 2 (Ce DVD ne pourra probablement pas être visualisé en dehors de l'Europe. Plus d'informations sur Formats DVD.)
Nombre de disques : 1
Studio : Carlotta Films
Date de sortie du DVD : 4 avril
Durée du film : 83 minutes
Format image : 1.33 – Pan & scan 4/3 – N&B
Langues et formats sonores : Anglais (Dolby digital 1.0)
Sous-titres : Français
ASIN : B000NDDTCK
Images attachées
Type de fichier : jpg phantom_lady_17.jpg (21,5 Ko, 1 affichages)
Type de fichier : jpg phantom_lady_21.jpg (18,4 Ko, 0 affichages)
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