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La liste 66 - Tom 1: Illinois
Depuis les attentats du 11 septembre, les fictions nous montrent une Amérique moins glorieuse, qui nous fait part de ses faiblesses humaines, et qui se remémore des périodes noires de son passé. C’est dans une Amérique des années 60, pas encore tout a fait sortie de la Guerre froide, et au moment de l’investiture de Kennedy au pouvoir que prend place le récit de La liste 66. Alex Poliak vient de perdre sa femme, morte dans un étrange accident de voiture. Un mystérieux tueur qui se fait appeler le Clown sévit et multiplie les victimes autour d’Alex, maintenant veuf avec son jeune fils Veuf et se retrouvant seul avec son jeune fils Rob. Ancien agent du KGB, Alex connaît le lien entre toutes ces victimes : leurs noms sur la liste 66 des agents dormants dans huit états. Aussi compromettante pour le KGB que pour le FBI, les fédéraux le soupçonnent du meurtre de sa femme et veulent lui soutirer des informations. Avec le FBI et le Clown à ses trousses, Alex s’enfuit donc de sa maison avec son fils et entame un road-movie sur la route 66, à la recherche de cette liste… La route d’Alex Poliak va le conduire dans les coins les plus sombres de l’Amérique, à la redécouverte d’un passé communiste fait de persécutions et de combats idéologiques. Le personnage de Rob notamment, représente à lui seul le choc des cultures russe et américaine. Fils d’agent russe, il porte un t-shirt orné du sigle de Batman, et garde toujours sa poupée de cow-boy avec lui, symboles de la culture populaire américaine. Il va devoir justement, le long de cette traque, abandonner ses rêves naïfs d’enfants pour se confronter à la dure réalité de l’Histoire. Au début son père lui fait croire qu’ils sont poursuivis par les indiens, pour le préserver « à l’âge où le seul vrai héros porte les traits de son père ». Mais toutes les scènes où Alex se bat contre ses ennemis sont vues à travers les yeux d’un Rob effrayé. En même temps que Rob doit abandonner les héros de son enfance, l’Amérique doit abandonner aussi progressivement son image clinquante. Alex et son fils s’attardent sur des paysages désaffectés, faits par l’auteur lui-même, aux arbres torturés, dont les branches pourries s’entremêlent le long de carcasses de vieilles voitures, reflet d’une Amérique délabrée dont elle n’arrive pas encore à cacher les restes. Ce Clown tueur qui poursuit nos héros apparaît alors comme la figure destructrice d’un pays qui cherche à effacer ce passé qu’elle ne peut renier. Ce voyage initiatique et symbolique a tout de même du mal à emmener son récit. Le lecteur ne comprend vraiment toute l’histoire qu’à la fin de ce premier tome. Mais ce petit défaut de parcours ne gâche en rien la fascination éprouvée dans ce voyage au cœur des démons intérieurs d’une époque. |
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Depuis les attentats du 11 septembre, les fictions nous montrent une Amérique moins glorieuse, qui nous fait part de ses faiblesses humaines, et qui se remémore des périodes noires de son passé.
C’est dans une Amérique des années 60, pas encore tout a fait sortie de la Guerre froide, et au moment de l’investiture de Kennedy que prend place le récit de La liste 66. Alex Poliak, un ancien agent du KGB, vient de perdre sa femme dans un étrange accident de voiture, et se retrouve veuf avec son jeune fils Rob. Un mystérieux tueur nommé le Clown sévit et multiplie les victimes dont seul Alex connaît le lien entre elles : la liste 66, une liste de tous les agents dormants dans huit états. Une liste aussi compromettante pour le KGB que pour le FBI qui surveille alors Alex de près. Mais pour arrêter le massacre, Alex s’enfuit de sa maison avec son fils et entame un long road movie où chaque album représentera l’un des états traversés par la route 66, la route de la Liberté… Mais cette route va plutôt emmener Alex dans les coins les plus sombres de l’Amérique, à la redécouverte d’un passé communiste fait de persécutions et de combats idéologiques. Le personnage de Rob notamment, représente à lui seul le choc des cultures russe et américaine. Fils d’agent russe, il porte un t-shirt orné du sigle de Batman, et garde toujours sa poupée de cow-boy avec lui, symboles de la culture populaire américaine. Il va devoir justement, le long de cette traque, abandonner ses rêves d’enfants pour se confronter à la dure réalité de l’Histoire. Si au début son père lui fait croire qu’ils sont poursuivis par les indiens, pour le préserver « à l’âge où le seul vrai héros porte les traits de son père », il est rapidement confronté à la dure réalité lorsqu’il le voit se battre violemment… En même temps que Rob doit abandonner les héros de son enfance, l’Amérique doit aussi abandonner progressivement son image clinquante. Alex et son fils s’attardent sur des paysages en pleine décrépitude, aux arbres torturés, dont les branches pourries s’entremêlent le long de carcasses de vieilles voitures, dans des dessins de l’auteur lui-même, reflets d’une Amérique délabrée dont elle n’arrive pas encore à cacher les restes. Ce Clown tueur qui poursuit nos héros apparaît alors comme la figure destructrice d’un pays qui cherche à effacer ce passé qu’elle ne peut renier. Ce voyage initiatique et symbolique a tout de même du mal à emmener son récit. Le lecteur ne comprend vraiment toute l’histoire qu’à la fin de ce premier tome. Mais ce petit défaut de parcours ne gâche en rien la fascination éprouvée dans ce voyage au cœur des démons intérieurs d’une époque |
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Depuis les attentats du 11 septembre, les fictions nous montrent une Amérique moins glorieuse, qui nous fait part de ses faiblesses humaines, et se remémore des périodes noires de son passé.
C’est dans une Amérique des années 60, pas encore tout a fait sortie de la Guerre froide, et au moment de l’investiture de Kennedy que prend place le récit de La liste 66. Alex Poliak, un ancien agent du KGB, vient de perdre sa femme dans un étrange accident de voiture, et se retrouve veuf avec son jeune fils Rob. Un mystérieux tueur nommé le Clown sévit et multiplie les victimes dont seul Alex connaît le lien entre elles : la liste 66, une liste de tous les agents dormants dans huit états. Une liste aussi compromettante pour le KGB que pour le FBI qui surveille alors Alex de près. Mais pour arrêter le massacre, Alex s’enfuit de sa maison avec son fils et entame un long road movie où chaque album représentera l’un des états traversés par la route 66, la route de la Liberté… Mais cette route va plutôt emmener Alex dans les coins les plus sombres de l’Amérique, à la redécouverte d’un passé communiste fait de persécutions et de combats idéologiques. Le personnage de Rob notamment, représente à lui seul le choc des cultures russe et américaine. Fils d’agent russe, il porte un t-shirt orné du sigle de Batman, et garde toujours sa poupée de cow-boy avec lui, symboles de la culture populaire américaine. Il va devoir justement, abandonner, le long de cette traque, ses rêves d’enfants pour se confronter à la dure réalité de l’Histoire. Si au début son père lui fait croire qu’ils sont poursuivis par les indiens, pour le préserver « à l’âge où le seul vrai héros porte les traits de son père », il est rapidement confronté à la dure réalité lorsqu’il le voit se battre violemment avec ses ennemis. En même temps que Rob doit abandonner les héros de son enfance, l’Amérique doit aussi abandonner progressivement son image clinquante. Alex et son fils s’attardent sur des paysages en pleine décrépitude, aux arbres torturés, dont les branches pourries s’entremêlent le long de carcasses de vieilles voitures, reflets d’une Amérique délabrée dont elle n’arrive pas encore à cacher les restes. Ce Clown tueur qui poursuit nos héros apparaît alors comme la figure destructrice d’un pays qui cherche à effacer ce passé qu’elle ne peut renier. Ce voyage initiatique et symbolique a tout de même du mal à emmener son récit. Le lecteur ne comprend vraiment toute l’histoire qu’à la fin de ce premier tome. Mais ce petit défaut de parcours ne gâche en rien la fascination éprouvée dans ce voyage au cœur des démons intérieurs d’une époque. |
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Déjà auteur ou dessinateur de BD historiques comme Le Roman de Malemort ou La Croix de Cazenac, Eric Stalner vient nous plonger ici dans l’Amérique des années 60 et de la Guerre Froide pour nous entraîner dans un road movie initiatique sur la route 66 où chaque album représentera les huit états traversés par cette route légendaire. Un voyage qui va raviver les cendres d’un passé encore trouble à l’heure du 11 septembre…
Alex Poliak vient de perdre sa femme, tuée par un mystérieux Clown dans un accident de voiture. Ancien agent du KGB, ce père de famille qui se retrouve veuf avec son jeune fils Rob connaît le lien entre toutes les victimes de ce psychopathe : la liste 66, une liste qui recense tous les agents dormants dans huit états. Le FBI à ses trousses, Alex s’enfuit alors de sa maison avec son fils pour retrouver cette liste et ainsi arrêter le massacre… Sa quête va alors le mener dans les recoins les plus sombres de l’Amérique, à la redécouverte d’un passé fait de persécutions, de combats idéologiques et maintenu dans la peur du communisme. Le personnage de Rob notamment, représente à lui seul ce conflit. Fils d’agent russe, il porte un t-shirt orné du sigle de Batman, et garde toujours sa poupée de cow-boy avec lui, symboles de la culture populaire américaine. Il va devoir abandonner, le long de cette traque, ses rêves d’enfants face à la dure réalité de l’Histoire. Si au début Alex lui fait croire qu’ils sont poursuivis par les indiens, pour le préserver « à l’âge où le seul vrai héros porte les traits de son père », il se comporte ensuite de façon troublante : il bat une femme, agresse un pompiste… Toutes ces scènes sont placées du point de vue du fils pour mieux maintenir l’ambiguïté des personnages, et lui faire perdre ses illusions. En même temps qu’il apprend à quitter son monde naïf et merveilleux, l’Amérique doit aussi se séparer de son image clinquante. Amateur de beaux décors, Stalner emmène ses personnages dans des paysages en pleine décrépitude, aux arbres torturés, dont les branches pourries s’entremêlent le long de carcasses de vieilles voitures, reflets d’une Amérique délabrée dont elle n’arrive pas encore à cacher les restes. Le Clown tueur qui poursuit nos héros apparaît alors comme la figure destructrice d’un pays qui cherche à effacer ce passé qu’elle ne peut renier. Ce voyage initiatique et symbolique a tout de même du mal à emmener son récit. Les enjeux tardent tellement à se définir clairement qu’on a l’impression que l’histoire ne commence vraiment qu’à la fin… Mais cette erreur de parcours ne vient en rien gâcher la fascination qui se dégage de cette exploration au cœur des démons intérieurs d’une époque. |
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Bon pour publication. article quasiment parfait mais encore trop de répétion avec "alex" et de légères maladresses de style.
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Déjà auteur ou dessinateur de BD historiques comme Le Roman de Malemort ou La Croix de Cazenac, Eric Stalner vient nous plonger ici dans l’Amérique des années 60 et de la Guerre Froide pour nous entraîner dans un road movie initiatique sur la route 66. Ce voyage où chaque album représentera les huit états traversés par cette route légendaire, va alors raviver les cendres d’un passé encore trouble à l’heure du 11 septembre…
Alex Poliak vient de perdre sa femme, tuée par un mystérieux Clown dans un accident de voiture. En tant qu’ancien agent du KGB, lui seul connaît le lien entre toutes les victimes de ce psychopathe : la liste 66, une liste qui recense tous les agents dormants dans huit états. Le FBI à ses trousses, il s’enfuit alors de sa maison avec son jeune fils Rob pour retrouver cette liste et ainsi arrêter le massacre… Sa quête va alors le mener dans les recoins les plus sombres de l’Amérique, à la redécouverte d’un passé maintenu dans la peur du communisme. Le personnage de Rob notamment, représente à lui seul ce conflit idéologique. Fils d’agent russe, il porte un t-shirt orné du sigle de Batman, et garde toujours sa poupée de cow-boy avec lui, symboles de la culture populaire américaine. Il va devoir abandonner ses rêves d’enfants, le long de cette traque. Si au début Alex lui fait croire qu’ils sont poursuivis par les indiens, pour le préserver « à l’âge où le seul vrai héros porte les traits de son père », il se comporte ensuite de façon troublante : il bat une femme, agresse un pompiste… Toutes ces scènes sont placées du point de vue du fils pour mieux maintenir l’ambiguïté des personnages, et lui faire perdre ses illusions. En même temps qu’il apprend à quitter son monde naïf et merveilleux, l’Amérique doit aussi se séparer de son image clinquante. Amateur de beaux décors, Stalner emmène ses personnages dans des paysages en pleine décrépitude, aux arbres torturés, dont les branches pourries s’entremêlent le long de carcasses de vieilles voitures, reflets d’une Amérique délabrée dont elle n’arrive pas encore à cacher les restes. Le Clown tueur qui poursuit nos héros apparaît alors comme la figure destructrice d’un pays qui cherche à effacer ce passé qu’elle ne peut renier. Ce voyage symbolique a tout de même du mal à emmener son récit. Les enjeux tardent tellement à se définir clairement que l’histoire ne commence vraiment qu’à la fin. Mais cette erreur de parcours ne gâche en rien cette jolie ballade nostalgique dans une Amérique désenchantée. |
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