
Les problèmes épidermiques de Paul Auster avec l'argent ont débuté très tôt, avec les rapports conflictuels entre son père, économe, et sa dispendieuse mère. Il fit ensuite ses études à la mythique université de Columbia. Refusant les concessions, les emplois stables, il vécut d'expédients, toujours sur le fil du rasoir, et principalement de traductions du français vers l'américain.
On croise quelques guest stars, telles que H. L. Humes, Jean Genêt ou John Lennon. Et des lieux hauts en couleurs. Par exemple ce bar où les danseuses nues, obèses, forment d'immenses pâtés de graisses se dandinant sur un comptoir aviné. Paul Auster renvoie aux questions que se posent tous les artistes. Faut-il prendre un travail à temps plein, ou vivre d'expédients et rêver son œuvre ? Paul Auster nous décrit une hallucinante série de tentatives destinées à le sortir de la mouise. Un jeu de cartes sur le base-ball, une pièce de théâtre, un roman policier... Illustrations imparables de la loi de Murphy. Paul Auster est devenu célèbre, mais pour une réussite combien d'échecs, de vies détruites, combien de Christopher Smart et de H. L. Humes ? Le diable par la queue, c'est d'abord ces 150 pages autobiographiques. Passionnantes. Complétées par le jeu de cartes, la pièce de théâtre et le roman policier. 150 pages que tout artiste devrait lire. 150 pages que devraient lire toutes les personnes auxquelles les susdits artistes souhaiteraient emprunter de l'argent.
Le diable par la queue - Paul Auster Actes Sud. 497 pages 178FF