Précédent   Les Forums de La Factory > Atelier de journalisme en ligne > Sujets Imposés
S'inscrire Blogs FAQ Membres Calendrier Recherche Messages du jour Marquer les forums comme lus

Réponse

 

LinkBack Outils de la discussion Modes d'affichage
  #1 (permalink)  
Vieux 13/09/2006, 03h42
Member
 
Date d'inscription: juillet 2006
Messages: 42
Par défaut les blogueurs israéliens et libanais prennent la parole

Les blogueurs israéliens et libanais prennent la parole


Nous avons interrogés des israéliens et des libanais ayant vécu la guerre au quotidien, et qui ont voulu montrer au monde entier, grâce à leur blog, les évènements dont ils étaient les premiers témoins. Ils ont en commun la peur d’un nouveau conflit et le sentiment d’énorme gâchis après un mois de guerre, presque tous déçus par la passivité de la communauté internationale.



Dans l’attente…


Un mois après le cessez-le-feu, israéliens comme libanais sont inquiets quant à une possible reprise des combats. Don Radlauer, informaticien vivant depuis neuf ans dans le sud d’Israël, témoigne de cette impression : « Beaucoup d’israéliens pensent que le conflit n’est pas vraiment terminé : le Hezbollah, même touché, reste présent et armé, et n’abandonnera pas ses intérêts subversifs tant qu’Israël existera. » Liza R, 38 ans, vivant entre Haïfa et Tel Aviv, fait part de ce même sentiment : « Les gens ne veulent pas retourner sur le champs de bataille, mais le consensus général qui règne parmi mes amis et connaissances est qu’il va en effet y avoir une reprise des combats. »

Ibrahim a témoigné durant tout le conflit sur ibosblog.blogspot.com depuis Saida dans le sud Liban. Il se revendique comme « athée, né musulman sunnite » et montre que l’inquiétude domine aussi au pays du cèdre : « Ces jours-ci, nous essayons tant bien que mal de revenir à un semblant de vie normale, bien que nous soyons toujours dans l’inquiétude de l’éclatement d’un nouveau conflit. »

De chaque côté de la frontière, on est convaincu que la guerre n’a rien réglé : Mira Houballah, libanaise qui a passé de nombreuses années à Tyr, se présente en tant que « musulmane chiite et pro Hezbollah » et déplore que « le sud du Liban ne [soit] pas en sécurité auprès d’Israël. » alors que Liza, auteur de "somethingsomething.blogspot.com", affirme qu’ « aussi longtemps que la menace [« les milliers de rockets du Hezbollah »] pèsera, les israéliens seront concernés. »

C’est pourquoi certains sont prêts à y retourner s’il le faut : Don Radlauer déclare : « Si les circonstances requièrent que nous retournions nous battre activement, j’espère que nous le ferons avec enthousiasme et efficacité ! » Egalement israélienne, Liza ne croit pourtant plus en une solution militaire, désabusée par les destructions occasionnées par le conflit : « Nous n’avons pas détruit les infrastructures du Hezbollah, ni récupéré nos soldats. Nous avons infligé une quantité énorme de dommages aux infrastructures civiles libanaises et blessé et tué de nombreux libanais. Ici en Israël, nous avons aussi subi beaucoup de dégâts structurels dans le nord ».



Défaite israélienne


Dans l’ensemble, blogueurs israéliens et libanais s’accordent sur l’échec de Tsahal dans ses opérations, et le disent à leur manière. Liza avoue : « Je ne crois pas que Tsahal et le gouvernement israélien aient atteint les objectifs qu’ils se sont fixés. Il n’y a pas eu de vainqueur dans cette guerre, et, à mon avis, Israël ne peut pas atteindre ses buts grâce à une tactique militaire. » Un autre blogueur israélien, ExpatEggHead, résume l’action israélienne de cette façon : « Nécessaire, inefficace et mal exécutée ».

Pour Mira, la victoire du Hezbollah est incontestable, même si le contentieux n’est pas entièrement réglé : « cette victoire sera victoire grand V lorsque qu'ils libèreront tous les prisonniers libanais et qu"ils déguerpiront des fermes de Chebaa » clame-t-elle.

Don Radlauer explique l’échec de Tsahal par « Certains problèmes [qui] proviennent de la mauvaise organisation et de l’impréparation [de l’armée israélienne], due à des années durant lesquelles Tsahal a été utilisée principalement comme une force de police plus que comme une armée, ce qui compromet son efficacité lorsqu’elle doit faire face à une véritable guerre. » De plus, Don dénonce une erreur de jugement de la part des instances dirigeantes israéliennes : « Parce que nos dirigeants n’ont pas compris la nature asymétrique du conflit, ils n’ont pas défini nos objectifs correctement. Et, bien sûr, sans objectifs adaptés, on ne remporte pas la victoire. » L’informaticien de 46 ans est convaincu qu’Israël aurait du adopter une tactique orientée directement vers le Liban : « Les mouvements de guérilla […] sont difficiles à vaincre. Notre première action aurait dû être de poser une ultimatum au gouvernement libanais, l’informant que s’il ne faisait rien pour le retour de nos soldats, nous nous serions considérés en guerre avec le Liban. » Il dénonce l’implication de Damas et Téhéran, puis conclut : « Une action militaire aurait dû viser ces gouvernements et non le Hezbollah lui-même. »

Tout comme Don, les autres blogueurs reconnaissent l’influence de la Syrie et de l’Iran sur le Hezbollah et s’attendent à une guerre plus importante. Interrogé sur la possibilité d’un nouveau conflit, Ibrahim, de Saida, se dit « convaincu que ce ne sera plus la même chose, ce sera plus régional, Israël contre la Syrie ou l’Iran… » Pour ExpatEggHead, « un conflit avec l’Iran semble probable. »



Le Hezbollah, terrorisme ou résistance ?


Même au sud Liban, les avis sont partagés quant à la légitimité de l’action menée par le Hezbollah. Mira s’indigne qu’on veuille désarmer le Hezbollah, qui est « la vraie résistance ». Mais Ibrahim dénonce le statut d’otage auxquels ont été réduits les libanais : « La réaction des gens de mon entourage est une colère profonde envers le Hezbollah et ses actions qui ont mené à cette guerre. Il ont l’impression d’avoir été entraîné dans un conflit qui n’était ni dans leur intérêt ni dans celui du Liban. »

Liza porte le même jugement sur la résistance islamique du parti de Dieu : « En tant qu’israélienne, je considère le Hezbollah comme une milice rebelle agissant contre les intérêts de la Nation souveraine dans laquelle elle est basée ». Pourtant elle estime que l'avenir du Hezbollah doit être entre les mains des libanais. Elle en comprend la complexité et l’importance au sein de l’Etat libanais : « Il revient aux libanais de décider s’ils sont prêt ou non à accepter le Hezbollah comme entité politique légitime […] Il sera intéressant de voir quelle place va prendre à l’avenir le Hezbollah dans la société libanaise. »



Désillusion face à la communauté internationale


Israéliens et libanais ont perdu confiance en la communauté internationale. Mira se révolte contre l’ONU, dont elle juge la réaction trop lente : « Leur devoir était d'exiger un cessez le feu immédiat. Mais ils ont pris tout leur temps. Pourquoi? » Liza reste perplexe devant la volonté affichée par la communauté internationale de favoriser la paix : « si le monde veut voir la fin des combats dans la région, il doit être prêt à assumer des rôles difficiles pour assurer le maintien du cessez-le-feu. Mais je ne vois pas cela arriver. » Enfin, Don en arrive à la même conclusion, à cause d’une résolution 1701 trop frileuse : « La résolution 1701 du conseil de sécurité de l’ONU n’a pas assez de « griffes » pour conduire le Hezbollah à désarmer et empêcher son réarmement. Et la communauté internationale n’a pas la volonté de prendre les décisions qui mettront le Hezbollah hors du jeu » ; ce qui le conduit à exprimer peu d’enthousiasme pour la nouvelle force internationale : « Je dois dire que la FINUL a été plus qu’inutile dans le passé. Théoriquement, une nouvelle FINUL renforcée pourrait avoir plus de valeur. Mais je ne fonde pas beaucoup d’espoir en elle. »

Seul Ibrahim, qui veut croire en l’avenir de son pays, ne juge pas aussi durement l’action diplomatique et le produit de son travail, la résolution 1701 : « 1701 est une très bonne résolution au regard des évènements, et c’est un franc succès pour le premier ministre Siniora aidé des amis du Liban », parmi lesquels il cite la France. La France qui n’apparaît cependant pas comme une alliée aux yeux des israéliens. Don qualifie l’hexagone d’ « ennemi cordial », qui fait plus souvent « parti du problème que de la solution. », alors que Liza livre le sentiment général qui règne autour d’elle : « Beaucoup d’Israéliens perçoivent le gouvernement français plutôt pro-arabe […] et restent donc circonspects face à l’engagement français et à la capacité du gouvernement français d’être un honnête intervenant dans la région. »
Digg this Post!Add Post to del.icio.usBookmark Post in TechnoratiFurl this Post!
Réponse avec citation
Réponse

Outils de la discussion
Modes d'affichage

Règles de messages
You may not post new threads
You may not post replies
You may not post attachments
You may not edit your posts

BB code is oui
Les smileys sont activés : oui
La balise [IMG] est activée : oui
Le code HTML peut être employé : non
Trackbacks are oui
Pingbacks are oui
Refbacks are oui



Fuseau horaire GMT +1. Il est actuellement 23h36.


Powered by vBulletin® Version 3.7.0
Copyright ©2000 - 2008, Jelsoft Enterprises Ltd.
Content Relevant URLs by vBSEO 3.1.0

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17