Précédent   Les Forums de La Factory > Atelier de journalisme en ligne > Sujets Imposés
S'inscrire Blogs FAQ Membres Calendrier Recherche Messages du jour Marquer les forums comme lus

Réponse

 

LinkBack Outils de la discussion Modes d'affichage
  #1 (permalink)  
Vieux 19/07/2006, 15h44
Member
 
Date d'inscription: juillet 2006
Messages: 42
Par défaut Arno Klarsfeld, médiateur national dans le dossier...

Arno Klarsfeld, « médiateur national » dans le dossier des sans-papiers


Le 28 juin 2006, Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieur et de l’aménagement du territoire, a nommé maître Arno Klarsfeld, avocat, au poste de « médiateur national » ayant pour mission de traiter au « cas par cas » les dossiers des étrangers en situation irrégulière parents d’enfants scolarisés, avec « humanité et bienveillance, mais sans démagogie » a précisé le ministre d’Etat. La lettre de mission charge concrètement le médiateur de favoriser l’harmonisation des décisions préfectorales en agissant toujours dans l’intérêt de l’enfant.

Cette nomination pose plusieurs problèmes. En effet, quel est le sens profond de la création d’un tel rôle, dont la réalité juridique est plus que douteuse ? En d’autres termes, qu’est-ce que monsieur Sarkozy entend par cette dénomination ? Par ailleurs, il serait intéressant de se demander si maître Klarsfeld est la personne adéquate pour remplir la mission qui lui a été confiée.

Le choix sémantique de Nicolas Sarkozy n’est pas sans signification. Le médiateur est une personnalité indépendante qui a pour mission de tenter de concilier les parties et qui leur propose une solution à caractère non obligatoire. Il existe principalement deux types de médiateur : le médiateur de la République, en droit public, qui a pour mission de proposer une solution acceptable dans les contentieux opposant l’administration à ses administrés ; et le médiateur du procureur de la République, qui est chargé de la même mission en droit privé.

Le problème du titre de « médiateur national » réside dans le fait qu’il ne renvoie à aucune réalité juridique. En d’autres termes, monsieur Sarkozy, par cette invention, tente de parer de symbolisme républicain la résolution d’un dossier devenu polémique. Il a voulu montrer le caractère équitable, neutre et indépendant (entendre indépendant de toute orientation partisane) du traitement de la situation des parents des enfants scolarisés sans-papiers. Cependant, l’utilisation de ce terme semble tout à fait abusive. En effet, nous ne sommes pas en présence d’un cas de contentieux entre deux parties, mais dans une situation où l’administration, à travers ses préfets, décide unilatéralement de l’avenir de ces familles en situation illégale. Ainsi, la mission confiée à ce « médiateur national» n’est autre qu’un pouvoir pur et simple de décision, pouvoir qui va contre le sens commun et le rôle du véritable médiateur, ce dernier n’ayant dans ses attributions aucun pouvoir si ce n’est celui de proposer.

Par ailleurs, l’utilisation de l’adjectif « national » est, là aussi, un geste plein de sens. En effet, la philosophie de la tradition juridique française confère à la Nation, face à l’Etat, face à la République, un statut supérieur. La Nation reste l’essence, la raison d’être, de toute construction juridique. De la Nation émane l’Etat, de la Nation émane la République. Dans cette perspective, le « médiateur national » prend une dimension tout à fait particulière, comme si sa légitimité à statuer était incontestable puisque émanant directement de son lien étroit à la Nation, alors qu’un « simple » médiateur de la République tire sa légitimité de son lien à la République, et, par conséquent, d’un lien seulement indirect à la Nation.

Mais considérons que ce « médiateur national » soit un véritable médiateur, et intéressons-nous à la personnalité de maître Klarsfeld. Un médiateur se doit d’être neutre, indépendant et discret dans le but de remplir au mieux, c’est-à-dire équitablement, sa mission. D’une part, la neutralité et l’indépendance de maître Klarsfeld peuvent légitimement être mis en doute. Son ralliement à monsieur Sarkozy depuis que ce dernier s’est prononcé contre la double peine est connu de tous, et lui a déjà valu, avant cette nomination, d’être chargé d’un rapport sur la violence dans les banlieues et d’une analyse intitulée « loi, histoire, devoir de mémoire » sur les effets de la colonisation française. Ainsi on peut se demander si ce « médiateur national » n’est en fait qu’un médiateur du ministre de l’intérieur. Enfin, en ce qui concerne la discrétion de monsieur Klarsfeld, il faut reconnaître qu’il est difficile de trouver avocat plus médiatique que cet homme célèbre pour sa participation au procès Papon et pour ses promenades en rollers.
Digg this Post!Add Post to del.icio.usBookmark Post in TechnoratiFurl this Post!
Réponse avec citation
  #2 (permalink)  
Vieux 19/07/2006, 15h55
Member
 
Date d'inscription: juillet 2006
Messages: 42
Par défaut critiques, corrections

Ce premier article est dans l'ensemble bien construit, l'angle pour aborder le sujet, c'est-à-dire l'inexistence juridique du "médiateur national", permet d'ouvrir sur les acrobaties discursives de Nicolas Sarkozy pour se sortir du dossier des sans-papiers avec un semblant d'équité et de justice. Par ailleurs les relations entre Arno Klarsfeld et Nicolas Sarkozy sont signalées, sans pour autant tomber dans l'anecdote.

Il manque cependant une phrase introductive qui permettrait au lecteur de cibler tout de suite le sujet développé par l'article, à savoir l'inexistence juridique du médiateur national. Il manque aussi une conclusion, et surtout, le recadrage dans le contexte de la précampagne.
Enfin, la référence finale aux promenades en rollers est tout à fait superflue
Digg this Post!Add Post to del.icio.usBookmark Post in TechnoratiFurl this Post!
Réponse avec citation
  #3 (permalink)  
Vieux 19/07/2006, 15h57
Member
 
Date d'inscription: juillet 2006
Messages: 42
Par défaut version définitive

Arno Klarsfeld, « médiateur national » dans le dossier des sans-papiers

La nomination de Arno Klarsfeld à un rôle qui ne renvoie à aucune réalité juridique laisse entrevoir la solution choisie par Nicolas Sarkozy pour régler le sort des sans-papiers.

Le 28 juin 2006, Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieur et de l’aménagement du territoire, a nommé maître Arno Klarsfeld, avocat, au poste de « médiateur national » ayant pour mission de traiter au « cas par cas » les dossiers des étrangers en situation irrégulière parents d’enfants scolarisés, avec « humanité et bienveillance, mais sans démagogie » a précisé le ministre d’Etat. La lettre de mission charge concrètement le médiateur de favoriser l’harmonisation des décisions préfectorales en agissant toujours dans l’intérêt de l’enfant.

Cette nomination pose plusieurs problèmes. En effet, quel est le sens profond de la création d’un tel rôle, dont la réalité juridique est plus que douteuse ? En d’autres termes, qu’est-ce que monsieur Sarkozy entend par cette dénomination ? Par ailleurs, il serait intéressant de se demander si maître Klarsfeld est la personne adéquate pour remplir la mission qui lui a été confiée.

Le choix sémantique de Nicolas Sarkozy n’est pas sans signification. Le médiateur est une personnalité indépendante qui a pour mission de tenter de concilier les parties et qui leur propose une solution à caractère non obligatoire. Il existe principalement deux types de médiateur : le médiateur de la République, en droit public, qui a pour mission de proposer une solution acceptable dans les contentieux opposant l’administration à ses administrés ; et le médiateur du procureur de la République, qui est chargé de la même mission en droit privé.

Le problème du titre de « médiateur national » réside dans le fait qu’il ne renvoie à aucune réalité juridique. En d’autres termes, monsieur Sarkozy, par cette invention, tente de parer de symbolisme républicain la résolution d’un dossier devenu polémique. Il a voulu montrer le caractère équitable, neutre et indépendant (entendre indépendant de toute orientation partisane) du traitement de la situation des parents des enfants scolarisés sans-papiers. Cependant, l’utilisation de ce terme semble tout à fait abusive. En effet, nous ne sommes pas en présence d’un cas de contentieux entre deux parties, mais dans une situation où l’administration, à travers ses préfets, décide unilatéralement de l’avenir de ces familles en situation illégale. Ainsi, la mission confiée à ce « médiateur national» n’est autre qu’un pouvoir pur et simple de décision, pouvoir qui va contre le sens commun et le rôle du véritable médiateur, ce dernier n’ayant dans ses attributions aucun pouvoir si ce n’est celui de proposer.

Par ailleurs, l’utilisation de l’adjectif « national » est, là aussi, un geste plein de sens. En effet, la philosophie de la tradition juridique française confère à la Nation, face à l’Etat, face à la République, un statut supérieur. La Nation reste l’essence, la raison d’être, de toute construction juridique. De la Nation émane l’Etat, de la Nation émane la République. Dans cette perspective, le « médiateur national » prend une dimension tout à fait particulière, comme si sa légitimité à statuer était incontestable puisque émanant directement de son lien étroit à la Nation, alors qu’un « simple » médiateur de la République tire sa légitimité de son lien à la République, et, par conséquent, d’un lien seulement indirect à la Nation.

Mais considérons que ce « médiateur national » soit un véritable médiateur, et intéressons-nous à la personnalité de maître Klarsfeld. Un médiateur se doit d’être neutre, indépendant et discret dans le but de remplir au mieux, c’est-à-dire équitablement, sa mission. D’une part, la neutralité et l’indépendance de maître Klarsfeld peuvent légitimement être mis en doute. Son ralliement à monsieur Sarkozy depuis que ce dernier s’est prononcé contre la double peine est connu de tous, et lui a déjà valu, avant cette nomination, d’être chargé d’un rapport sur la violence dans les banlieues et d’une analyse intitulée « loi, histoire, devoir de mémoire » sur les effets de la colonisation française. Ainsi on peut se demander si ce « médiateur national » n’est en fait qu’un médiateur du ministre de l’intérieur. Enfin, en ce qui concerne la discrétion de monsieur Klarsfeld, il faut reconnaître qu’il est difficile de trouver avocat plus médiatique que cet homme célèbre pour sa participation au procès Papon.

En tous les cas, ce médiateur, qui n’en est pas vraiment un, aura fort à faire pour régler le dossier des sans-papiers avant la fin de l’été, vu la mobilisation que le sujet occasionne. Or, monsieur Sarkozy apprécierait sûrement de démarrer sa campagne pour la candidature de l’UMP sereinement et sans ce dossier explosif sur les bras.
Digg this Post!Add Post to del.icio.usBookmark Post in TechnoratiFurl this Post!
Réponse avec citation
  #4 (permalink)  
Vieux 19/07/2006, 18h47
Junior Member
 
Date d'inscription: juillet 2006
Messages: 1
Par défaut La source !!!

Très intéressant ce sujet. Il serait quand même sympa de citer ses sources !
Des extraits proviennent du site http://www.mediatoroscope.com et de l'argumentation que j'ai développée sur le forum d'agoravox.fr http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=11264

Quoique la cause soit entendue, il n'en reste pas moins que l'auteur pourrait citer ses sources !

De plus, les propos disqualifiants AK pour des questions de rollers sont quand même légers...

Merci.

Jean-Louis Lascoux
webmestre du mediatoroscope.com
Digg this Post!Add Post to del.icio.usBookmark Post in TechnoratiFurl this Post!
Réponse avec citation
Réponse

Outils de la discussion
Modes d'affichage

Règles de messages
You may not post new threads
You may not post replies
You may not post attachments
You may not edit your posts

BB code is oui
Les smileys sont activés : oui
La balise [IMG] est activée : oui
Le code HTML peut être employé : non
Trackbacks are oui
Pingbacks are oui
Refbacks are oui



Fuseau horaire GMT +1. Il est actuellement 12h13.


Powered by vBulletin® Version 3.7.0
Copyright ©2000 - 2008, Jelsoft Enterprises Ltd.
Content Relevant URLs by vBSEO 3.1.0

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17