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Vieux 19/07/2006, 15h59
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Date d'inscription: juillet 2006
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Par défaut la question de l'immigration en France

La question de l’immigration en France




Au cœur d’une actualité brûlante, celle du renvoi des familles sans papiers dont les enfants sont scolarisés, le débat sur l’immigration en France fait rage. L’immigration est, aux dires de nombreux discours politiques, devenue insoutenable quantitativement, entraînant des problèmes d’intégration, que cela soit d’un point de vue social, c’est-à-dire dans la capacité de la Nation française à absorber et former de nouveaux citoyens, comme d’un point de vue économique, c’est-à-dire l’intégration au marché du travail, dans un contexte de chômage impossible à éradiquer. Par ailleurs, ces mêmes discours soulignent le problème humain, principalement posé par l’immigration clandestine. De nombreux étrangers parviennent en France en ayant recours à des réseaux de passeurs qui profitent largement de la situation, et vivent sur notre sol des situations quotidiennes dramatiques, logeant dans des endroits non salubres et souffrant d’une pauvreté parfois extrême.

Mais ce débat renvoie aussi à une question beaucoup plus large : de quelle France voulons-nous ? Quel est notre projet pour l’avenir de la Nation française ? En effet, cette question est d’autant plus importante que, à moins d’un an des élections présidentielles, nous entrons dans la phase de « pré-campagne ». Dans cette perspective, les futurs candidats, au premier chef ceux qui sont aux affaires, sont jugés sur leurs actes et leurs propos pour permettre aux français de se forger une idée des programmes et lignes de conduite de chacun.

Au milieu de ces engagements partisans, il serait intéressant d’avoir une vision claire de la réalité de l’immigration en France, appuyée par des chiffres, et surtout de l’impact de cette immigration sur la société française, ainsi que son évolution depuis 2002, c’est-à-dire sous « les années Sarkozy ». Ceci permettrait d’envisager une politique d’immigration adéquate répondant aux besoins de la France mais sans oublier la vocation française d’accueil et en éradiquant les réseaux et filières qui mettent en danger la dignité humaine.

Il existe deux types d’immigration : l’immigration pour motifs privés et politiques, qui correspondent aux demandes d’asile ainsi qu’au mécanisme de regroupement familial, et l’immigration pour motif économique, regroupant les individus venant en France chercher un emploi en adéquation avec leur formation ou diplômes. La première est largement supérieure quantitativement à la seconde.

En ce qui concerne l’immigration économique, un rapport du centre d’analyse stratégique publié en mars 2006 et intitulé « Besoin de main d’œuvre et politique migratoire » tente d’évaluer les besoins démographiques du marché du travail français pour les 10 ans à venir. Les conclusions sont claires : malgré un vieillissement marqué de la population, la France jouit d’un taux de fécondité (1,92 enfant par femme) parmi les meilleurs d’Europe et proche du taux de renouvellement des générations, et n’aura donc pas besoin, dans la décennie à venir, d’un recours massif à l’immigration « en raison d’une situation démographique favorable », bien que le rapport souligne l’utilité d’une immigration économique ciblée dans certains secteurs, mais qui aurait un caractère seulement « partiel et transitoire » et ne serait en aucun cas une réponse exhaustive aux problèmes sur le marché du travail.

En ce qui concerne l’immigration pour motifs politiques ou privés, il est possible de dresser un bilan des dernières années. L’office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) présente l’évolution de la demande d’asile en France. En 1999, 30 190 dossiers de demande d’asile ont été déposés ; en 2000, il y eut 44 560 demandes ; en 2001, 54 290 demandes ; en 2002, 58 970 demandes ; en 2003, 59 770 demandes ; en 2004, 65 600 demandes ; et enfin en 2005, 59 221. Quelles conclusions en tirer ? Après une forte augmentation des demandes d’asile entre 1999 et 2000, la tendance est à la stagnation.

Cependant, si l’on compare avec l’évolution de la demande chez nos voisins, on s’aperçoit que la France doit traiter un nombre de demandes largement supérieur. A titre d’exemple pour l’année 2005, l’Allemagne compte 28 910 demandes, le Royaume Uni compte 23 150 demandes et les Etats-Unis en comptent 31 460. Face à ses principaux partenaires, la France compte en général plus du double de demandes, et demeure le premier pays de destination des demandeurs d’asile. Comment expliquer cette donnée ? Il semble que les pays européens ont, dans les dernières années, durci considérablement leur politique d’immigration, rendant plus contraignantes les conditions d’accès à la citoyenneté ou simplement l’entrée sur le territoire. Ainsi, malgré une politique sarkoziste suivant le même chemin, il semble que la demande stagne en raison d’un report des tentatives d’entrée en Europe sur la France.

Par ailleurs, il est intéressant de noter que l’origine géographique des demandeurs d’asile a beaucoup évoluée. En effet, en 2005, les demandeurs originaires de l’Europe représentent la part la plus importante des demandeurs d’asile, avec 15 978 dossiers, devant les demandeurs africains qui totalisent 13 710 dossiers, ces deux continents représentant 70 % des demandes. Cet inversement de tendance (la demande africaine étant largement majoritaire depuis plusieurs années) s’explique par l’effondrement de la demande algérienne (divisée par deux) et de la demande provenant de la République démocratique du Congo.

Enfin, pour avoir un regard plus large sur l’immigration permanente dans son ensemble, c’est-à-dire tout motif confondu, on peut observer les chiffres de l’INSEE. En 2003, 135 385 personnes sont entrées sur le territoire français pour y rester une longue période. Ce chiffre s’élève à 123 477 pour l’année 2002, et 106 656 pour l’année 2001. Ainsi, sur ces trois années, la tendance est clairement à l’augmentation, l’immigration « pour motif privé et familial » (à ne pas confondre avec le regroupement familial) en étant la principal cause.

Dans ce contexte, comment interpréter le discours et l’action de Nicolas Sarkozy depuis 2002 ? Il apparaît d’abord clairement que les résultats ne sont pas à la hauteur des objectifs fixés dès 2002 par le ministre de l’intérieur. En effet, l’immigration en France poursuit sa progression, au moins jusqu’en 2OO4, et les demandes d’asile, après avoir explosé, ne font que stagner. Ainsi, malgré une politique de l’immigration durcie, surtout en ce qui concerne les clandestins (qui sont, par définition, inchiffrables), les flux ne diminuent pas.

Cependant, la véritable question est ailleurs. Ce taux d’immigration, relativement élevé au regard des autres pays, est-il insoutenable pour la France en tant qu’économie et surtout en tant que modèle social ? Le concept d’immigration choisie, développé ces derniers mois, semble manquer de pertinence puisqu’il fait la part belle à cette immigration économique, que l’on pourrait aussi appeler immigration des cerveaux, et qui concerne majoritairement des ressortissants des pays du « nord », alors que la France, comme le démontre le rapport présenté ci-dessus, n’éprouvera pas un besoin prononcé de cette immigration à court et moyen terme. Le problème français de l’immigration semble en effet tout autre. Il serait intéressant de connaître la capacité d’absorption de la France, et surtout de savoir si son modèle n’est pas enrayé, plutôt que de considérer, sans vraiment se poser la question, la France comme un territoire submergé par des flux d’immigration qu’elle ne peut contrôler.
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  #2 (permalink)  
Vieux 19/07/2006, 16h13
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Date d'inscription: juillet 2006
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Par défaut critiques, corrections

article plutôt moyen

les trois premiers paragraphes sont inutiles car trop généraux. Ils ne permettent pas d'insérer le sujet dans l'actualité récente ni dans le contexte de la précampagne. De plus, ces paragraphes constituent une introduction trop longue, on entre dans le vif du sujet trop tard.

référence intéressante aux différents types d'immigration
Mauvaise utilisation des données statistiques. Il n'est pas indispensable de citer tous les chiffres des demandes d'asile en France depuis 1999. Il suffit de citer les plus significatifs pour faire ressentir la tendance observée.

Comparaison intéressante avec les chiffres des partenaires européens et américain.
Cependant manque d'analyse des chiffres

Dans l'ensemble, l'article ne suit pas un fil directeur clair, et donc se perd quelque peu dans la conclusion
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  #3 (permalink)  
Vieux 19/07/2006, 16h20
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Date d'inscription: juillet 2006
Messages: 42
Par défaut version définitive

La question de l’immigration en France

Monsieur Nicolas Sarkozy a annoncé mardi 18 juillet une rencontre avec les préfets prévue le 24 juillet qui aboutira à une première estimation des renvois des sans-papiers vers leur pays d’origine. Le ministre d’Etat a déjà souligné que les mesures de renvoi concerneraient plusieurs milliers de personnes. Il a par ailleurs réaffirmé que les personnes n’ayant aucune attache avec la France n’ont pas « vocation » à y rester, rappelant ainsi que l’époque où la France était une terre d’accueil ouverte à tous est depuis longtemps révolue.

Nicolas Sarkozy défend par principe un refus de l’immigration qui ne serait pas justifiée par une attache quelconque à la France. Face à ce point de vue plutôt dogmatique, il semble intéressant de s’interroger, chiffres à l’appui, sur la réalité de l’immigration en France, en la comparant avec ses voisins européens, pour en comprendre les enjeux et dresser un premier bilan depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy place Beauvau.

Il existe deux types d’immigration : l’immigration pour motifs privés et politiques, qui correspondent aux demandes d’asile ainsi qu’au mécanisme de regroupement familial, et l’immigration pour motif économique, regroupant les individus venant en France chercher un emploi en adéquation avec leur formation ou diplômes. La première est largement supérieure quantitativement à la seconde.

En ce qui concerne l’immigration économique, un rapport du centre d’analyse stratégique publié en mars 2006 et intitulé « Besoin de main d’œuvre et politique migratoire » tente d’évaluer les besoins démographiques du marché du travail français pour les 10 ans à venir. Les conclusions sont claires : malgré un vieillissement marqué de la population, la France jouit d’un taux de fécondité (1,92 enfant par femme) parmi les meilleurs d’Europe et proche du taux de renouvellement des générations, et n’aura donc pas besoin, dans la décennie à venir, d’un recours massif à l’immigration « en raison d’une situation démographique favorable », bien que le rapport souligne l’utilité d’une immigration économique ciblée dans certains secteurs, mais qui aurait un caractère seulement « partiel et transitoire » et ne serait en aucun cas une réponse exhaustive aux problèmes sur le marché du travail.

En ce qui concerne l’immigration pour motifs politiques ou privés, il est possible de dresser un bilan des dernières années. L’office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) présente l’évolution de la demande d’asile en France. En 1999, 30 190 dossiers de demande d’asile ont été déposés ; en 2000, le nombre augmente de 50% en atteignant 44 560 demandes ; entre 2001 et 2005, le nombre de demandes stagne autour de 60 000 demandes. Après une forte augmentation des demandes d’asile entre 1999 et 2000, la tendance est donc à la stagnation.

Cependant, si l’on compare avec l’évolution de la demande chez nos voisins, on s’aperçoit que la France doit traiter un nombre de demandes largement supérieur. A titre d’exemple pour l’année 2005, l’Allemagne compte 28 910 demandes, le Royaume Uni compte 23 150 demandes et les Etats-Unis en comptent 31 460. Face à ses principaux partenaires, la France compte en général plus du double de demandes, et demeure le premier pays de destination des demandeurs d’asile. Comment expliquer cette donnée ? Il semble que les pays européens ont, dans les dernières années, durci considérablement leur politique d’immigration, rendant plus contraignantes les conditions d’accès à la citoyenneté ou simplement l’entrée sur le territoire. Ainsi, malgré une politique sarkoziste suivant le même chemin, il semble que la demande stagne en raison d’un report des tentatives d’entrée en Europe sur la France.

Par ailleurs, il est intéressant de noter que l’origine géographique des demandeurs d’asile a beaucoup évoluée. En effet, en 2005, les demandeurs originaires de l’Europe représentent la part la plus importante des demandeurs d’asile, avec 15 978 dossiers, devant les demandeurs africains qui totalisent 13 710 dossiers, ces deux continents représentant 70 % des demandes. Cet inversement de tendance (la demande africaine étant largement majoritaire depuis plusieurs années) s’explique par l’effondrement de la demande algérienne (divisée par deux) et de la demande provenant de la République démocratique du Congo.

Enfin, pour avoir un regard plus large sur l’immigration permanente dans son ensemble, c’est-à-dire tout motif confondu, on peut observer les chiffres de l’INSEE. En 2003, 135 385 personnes sont entrées sur le territoire français pour y rester une longue période. Ce chiffre s’élève à 123 477 pour l’année 2002, et 106 656 pour l’année 2001. Ainsi, sur ces trois années, la tendance est clairement à l’augmentation, l’immigration « pour motif privé et familial » (à ne pas confondre avec le regroupement familial) en étant la principal cause.

Dans ce contexte, comment interpréter le discours et l’action de Nicolas Sarkozy depuis 2002 ? Il apparaît d’abord clairement que les résultats ne sont pas à la hauteur des objectifs fixés dès 2002 par le ministre de l’intérieur. En effet, l’immigration en France poursuit sa progression, au moins jusqu’en 2OO4, et les demandes d’asile, après avoir explosé, ne font que stagner. Ainsi, malgré une politique de l’immigration durcie, surtout en ce qui concerne les clandestins (qui sont, par définition, inchiffrables), les flux ne diminuent pas.

Au contraire, il semble que Nicolas Sarkozy, dans un style qui se veut toujours aussi médiatique (de la fermeture de Sangatte en 2002 à la circulaire du 13 juin 2006), n’est pas vraiment fait évoluer la question de l’immigration en France. C’est pourquoi, en ce mois de juillet, au lendemain de la sortie de son livre « Témoignage » qui sonne son entrée en campagne pour les élections présidentielles de 2007, il décide de « frapper un grand coup » en annonçant le renvoi de quelques milliers de personnes alors qu’environ 150 000 personnes entrent chaque année en France.

Cependant, la véritable question est ailleurs. Ce taux d’immigration, relativement élevé au regard des autres pays, est-il insoutenable pour la France en tant qu’économie et surtout en tant que modèle social ? Le concept d’immigration choisie, développé ces derniers mois, semble manquer de pertinence puisqu’il fait la part belle à cette immigration économique, que l’on pourrait aussi appeler immigration des cerveaux, et qui concerne majoritairement des ressortissants des pays du « nord ». Pourtant la France, comme le démontre le rapport présenté ci-dessus, n’éprouvera pas un besoin prononcé de cette immigration à court et moyen terme. Le problème français de l’immigration semble en effet tout autre, et n'est pas étranger aux relations politiques et humaines que la France entretient avec ses anciennes colonies. Dans cette perspective, qui sont ces personnes qui n'ont pas vocation à rester en France?
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