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Vieux 27/07/2006, 17h22
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Par défaut Dominique Voynet, prise entre deux feux

Dominique Voynet, prise entre deux feux



Dominique Voynet, difficilement élue candidate des Verts, aura fort à faire pour imposer la voix d’un parti divisé, pris entre une gauche antilibérale qui cherche l’unité et un parti socialiste qui appelle au rassemblement.

Au terme d’un processus électoral long et pénible, Dominique Voynet a été préférée à Yves Cochet par les militants Verts pour porter les couleurs du parti aux élections présidentielles. Elle a remporté la candidature avec 50,59% des voix, soit seulement 57 voix d’avance sur Yves Cochet, ami de longue date avec qui elle fonda le parti en 1984.

Malgré un second tour litigieux annulé fin mai, et une très courte avance acquise ensuite sur Yves Cochet, Dominique Voynet réaffirme la légitimité de sa candidature : « Si le score est si ténu, c’est parce que les militants savaient que chacun des deux candidats, légitimes politiquement et historiquement proches, étaient capables de rassembler tous les Verts ». Pourtant, le parti de l’écologie reste profondément divisé. En effet, des voix se font entendre au sein du parti, et parmi ses plus hautes instances, qui considèrent que les Verts pourraient jouer un rôle différent, plus à gauche que ce qu’a été la ligne du parti dans le passé. Dominique Voynet garde pour certains l’image de celle qui fit le choix de la gauche plurielle en 1997, c’est-à-dire de l’alliance avec le parti socialiste, ce qui lui valut le poste de ministre de l’écologie au sein du gouvernement Jospin.

Deux courants se dégagent chez les Verts : les « réalistes », dont Yves Cochet et Dominique Voynet font partis, partisans du rejet de l’antilibéralisme, ayant donc une ligne de conduite plus proche de celle du parti socialiste ; et un courant plus « radical », disons l’aile gauche du parti, parmi lesquels on peut citer Gilles Lemaire (ancien secrétaire national), Francine Bavay, Sergio Coronado (porte parole du parti) ou encore Noël Mamère (candidat des Verts à la présidentielle de 2002).

Lemaire, Bavay et Coronado plaidaient depuis plusieurs semaines pour la candidature de José Bové, qui avait déjà affiché ses motivations pour s’investir dans la campagne présidentielle. Cependant Yves Cochet, dans une interview donnée au Nouvel Observateur le 19 juillet dernier, a rappelé que ces derniers « n’ont pas su convaincre le parti ». En d’autres termes, Cochet souligne qu’ils doivent accepter le choix des militants Verts et suivre la ligne politique qui a été décidée. C’est d’ailleurs le discours que reprend désormais Sergio Coronado : « Il y a de cela plusieurs semaines, nous pensions envisageable la possibilité de construire une alternative unie à gauche face au parti socialiste. Il s’agit maintenant de prendre acte du morcellement politique à gauche du PS, et de construire le projet des Verts derrière notre candidate Dominique Voynet ». Le porte parole a par la même occasion réaffirmé son « engagement pour les Verts ».

Mais les luttes internes ne s’arrêtent pas là. Dans une intervention sur RTL datant d’une dizaine de jour, Noël Mamère a témoigné son « respect » pour José Bové, le qualifiant de « l’un de ceux qui portent le mieux, le plus haut et le plus fort la voix de l’écologie politique ». Cette phrase est un coup dur pour Dominique Voynet ; non seulement parce que le candidat des Verts en 2002 aurait choisi quelqu’un d’autre pour lui succéder et réitérer un score au delà de la barre symbolique des 5% (Voynet n’ayant atteint que 3,32% en 1995), mais surtout parce que José Bové représente la voix de l’antilibéralisme et du rassemblement à la gauche du PS. En effet José Bové l’a plusieurs fois soutenu : « Je suis candidat à rassembler, à la gauche du PS, une gauche antilibérale, écologique, antiproductiviste et altermondialiste ».

Les dissensions au sein du parti sont donc plus profondes qu’il n’y parait. Dominique Voynet cherche à faire exister son parti, indépendamment de toute influence. Elle l’a répété à plusieurs reprises : les Verts « ne sont pas un parti croupion se contentant d’apporter un supplément de voix au PS ». Mais elle devra convaincre une partie non négligeable des militants de ne pas se déporter plus à gauche, ce qui risque d’arriver si une candidature unique naît des négociations entre la LCR, le PC et FO, surtout si cette alliance est menée par José Bové. Ce dernier multiplie en effet les interventions énergiques pour créer un grand mouvement : « On fait campagne pour être en tête au premier tour de la présidentielle », il veut donner espoir à l’électorat à gauche du PS, quantitativement très important (les présidentielles de 2002 en témoignent) mais trop divisé pour inquiéter le PS ou l’UMP.

Dans ce contexte, le parti cherche à donner l’image de l’union. Interrogé sur la décision que prendraient les Verts dans le cas où naitrait une candidature unique de la gauche antilibérale, Sergio Coronado répond : « il conviendra de voir le moment venu, c’est une décision à prendre au sein du parti et avec notre candidate ». Le mot d’ordre est clair : « tous derrière Dominique Voynet ». Cependant, dans une telle situation, face à un José Bové qui se revendique clairement de l’écologie politique, on peut se demander si l’ensemble de l’électorat vert suivra cette ligne de conduite. En outre, la candidate a déjà souligné qu’une seule chose pourrait la conduire à se retirer de la course : « une extrême droite accrochée qui mettrait la démocratie en péril ». L’hypothèse d’une candidature unique incluant les Verts semble donc compromise.

De l’autre côté se trouve le parti socialiste. Son premier secrétaire, François Hollande, a demandé le rassemblement de toute la gauche, et le retrait des candidats des petits partis pour « éviter un nouveau 21 avril ». La réponse des Verts est claire et unanime. D’une part, personne au sein du parti ne se reproche l’arrivée de Le pen au second tour en 2002. De plus, Dominique Voynet tient à réaffirmer l’autonomie des Verts face au PS : « il existe un électorat écologiste autonome qui ne se ralliera pas au premier tour à un candidat PS » ; alors que Sergio Coronado souligne la force électorale que représente le parti : « on ne peut pas dire que les Verts aient volé 5,25% de l’électorat français au PS ».

Cependant, même si les Verts veulent exister au premier tour des élections présidentielles de 2007, ils n’auront d’autre choix que se rallier au candidat PS si ce dernier parvient au second tour. Voynet veut « faire gagner la gauche ». Mais elle tient à faire peser dans la balance un score qu’elle espère au moins égal à celui de Noël Mamère en 2002 : le candidat PS « sera bon si nous sommes là pour l’aiguillonner et l’inciter à intégrer dans son projet les thèmes de l’écologie ». Pourtant, cette logique sera peut-être rejetée par une part non négligeable de l’électorat de gauche déçue par les prises de position d’un parti socialiste frileux dans l’opposition face à la politique de l’UMP.

Finalement, en choisissant Dominique Voynet, les Verts ont choisi le compromis au deuxième tour pour que leurs idées aient une chance de se concrétiser. Mais la constitution d’une alternative au libéralisme unie face au PS pourrait bien changer la donne, sachant qu’une part non négligeable du parti, parmi ses cadres comme parmi ses militants, ne serait pas insensible à un tel mouvement. Dans ce contexte, en attendant de voir ce que feront les partis d’extrême gauche, Dominique Voynet préfère jouer à fond la carte de l’indépendance.
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Vieux 28/07/2006, 13h28
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petite dépêche AFP de Nöel Mamère :

PARIS, 20 juillet 2006 (AFP) 14h 13

Le député des Verts Noël Mamère a affirmé jeudi qu'il n'a "jamais été question" pour lui de soutenir José Bové à l'élection présidentielle et il a appelé le parti écologiste à "se mettre en ordre pour soutenir" sa candidate Dominique Voynet.

"Une méchante rumeur court selon laquelle je soutiendrais José Bové. Il n'en a jamais été question pour moi puisque j'ai toujours défendu la nécessité d'un candidat Vert aux élections présidentielles", a-t-il indiqué dans une déclaration à l'AFP.

Le député-maire de Bègles a ajouté "avoir toujours éprouvé un profond respect pour José Bové et ses actions dont quelques-unes (leur) sont communes". "Mais respect et considération ne signifient pas soutien", a-t-il souligné.

Noël Mamère a rappelé que pendant la compétition interne pour le choix du candidat, il avait annoncé qu'il "soutiendrait loyalement celui ou celle qui serait choisie par les Verts". "Aujourd'hui, nous avons une candidate, elle s'appelle Dominique Voynet et l'ensemble du parti doit maintenant se mettre en ordre pour la soutenir", a-t-il dit.

Noël Mamère a exprimé son intention d'"agir fortement lors du prochain congrès des Verts pour que s'y dessine une majorité stable et que les Verts ne soient plus seulement des témoins mais des acteurs de politiques publiques qui n'ont jamais eu autant besoin des solutions apportées par l'écologie politique".

Dans une interview à RTL, diffusée mardi sur RTL, Noël Mamère avait déclaré que José Bové était "l'un de ceux qui portent le mieux, le plus haut et le plus fort la voix de l'écologie politique".
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  #3 (permalink)  
Vieux 01/08/2006, 19h00
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Dominique Voynet, prise entre deux feux



Dominique Voynet, difficilement élue candidate des Verts, aura fort à faire pour imposer la voix d’un parti divisé, pris entre une gauche antilibérale qui cherche l’unité et un parti socialiste qui appelle au rassemblement.

Au terme d’un processus électoral long et pénible, Dominique Voynet a été préférée à Yves Cochet par les militants Verts pour porter les couleurs du parti aux élections présidentielles. Elle a remporté la candidature avec 50,59% des voix, soit seulement 57 voix d’avance sur Yves Cochet, ami de longue date avec qui elle fonda le parti en 1984, après un second tour litigieux annulé fin mai. Mais elle tient à réaffirmer la légitimité de sa candidature : « Si le score est si ténu, c’est parce que les militants savaient que chacun des deux candidats, légitimes politiquement et historiquement proches, étaient capables de rassembler tous les Verts ».

Pourtant, le parti de l’écologie reste profondément divisé. En effet, des voix se font entendre au sein du parti, et parmi ses plus hautes instances, qui considèrent que les Verts pourraient jouer un rôle différent, plus à gauche que ce qu’a été la ligne du parti dans le passé. Dominique Voynet garde pour certains l’image de celle qui fit le choix de la gauche plurielle en 1997, c’est-à-dire de l’alliance avec le parti socialiste, ce qui lui valut le poste de ministre de l’écologie au sein du gouvernement Jospin.

Deux courants se dégagent chez les Verts : les « réalistes », dont Yves Cochet et Dominique Voynet font partis, partisans du rejet de l’antilibéralisme, ayant donc une ligne de conduite plus proche de celle du parti socialiste ; et un courant plus « radical », disons l’aile gauche du parti, parmi lesquels on peut citer le porte parole du parti Sergio Coronado ou encore le maire de Bègles Noël Mamère.

Coronado plaidait depuis plusieurs semaines pour la candidature de José Bové, qui avait déjà affiché ses motivations pour s’investir dans la campagne présidentielle. Cependant Yves Cochet, dans une interview donnée au Nouvel Observateur le 19 juillet dernier, a rappelé que les partisans d’une alternative au projet de Dominique Voynet « n’ont pas su convaincre le parti ». En d’autres termes, Cochet souligne qu’ils doivent accepter le choix des militants Verts et suivre la ligne politique qui a été décidée. C’est d’ailleurs le discours que reprend désormais Sergio Coronado : « Il y a de cela plusieurs semaines, nous pensions envisageable la possibilité de construire une alternative unie à gauche face au parti socialiste. Il s’agit maintenant de prendre acte du morcellement politique à gauche du PS, et de construire le projet des Verts derrière notre candidate Dominique Voynet ». Le porte parole a par la même occasion réaffirmé son « engagement pour les Verts ».

Cependant, la confusion a persisté pour les observateurs après une intervention de Noël Mamère sur RTL le mardi 18 juillet. Le député Verts a témoigné son « respect » pour José Bové, le qualifiant de « l’un de ceux qui portent le mieux, le plus haut et le plus fort la voix de l’écologie politique ». Cette phrase a été interprétée comme un coup dur pour Dominique Voynet ; non seulement parce que le candidat des Verts en 2002 aurait choisi quelqu’un d’autre pour lui succéder et réitérer un score au delà de la barre symbolique des 5% (Voynet n’ayant atteint que 3,32% en 1995), mais surtout parce que José Bové représente la voix de l’antilibéralisme et du rassemblement à la gauche du PS. En effet José Bové l’a plusieurs fois soutenu : « Je suis candidat à rassembler, à la gauche du PS, une gauche antilibérale, écologique, antiproductiviste et altermondialiste ». Conscient de cette mauvaise interprétation, Noël Mamère a clarifié son propos le 20 juillet : « une méchante rumeur court selon laquelle je soutiendrais José Bové. Il n’en a jamais été question pour moi puisque j’ai toujours défendu la nécessité d’un candidat Vert aux élections présidentielles. » Le maire de Bègles affirme suivre le choix des militants : « Nous avons une candidate, elle s’appelle Dominique Voynet et l’ensemble du parti doit maintenant se mettre en ordre pour la soutenir. »

Dominique Voynet cherche à faire exister son parti, indépendamment de toute influence. Elle l’a répété à plusieurs reprises : les Verts « ne sont pas un parti croupion se contentant d’apporter un supplément de voix au PS ». Mais elle devra convaincre une partie non négligeable des militants de ne pas se déporter plus à gauche, ce qui risque d’arriver si une candidature unique naît des négociations entre la LCR, le PC et FO, surtout si cette alliance est menée par José Bové. Ce dernier multiplie en effet les interventions énergiques pour créer un grand mouvement : « On fait campagne pour être en tête au premier tour de la présidentielle », il veut donner espoir à l’électorat à gauche du PS, quantitativement très important (les présidentielles de 2002 en témoignent) mais trop divisé pour inquiéter le PS ou l’UMP.

Dans ce contexte, le parti cherche à donner l’image de l’union. Interrogé sur la décision que prendraient les Verts dans le cas où naitrait une candidature unique de la gauche antilibérale, Sergio Coronado répond : « il conviendra de voir le moment venu, c’est une décision à prendre au sein du parti et avec notre candidate ». Le mot d’ordre est clair : « tous derrière Dominique Voynet ». Cependant, dans une telle situation, face à un José Bové qui se revendique clairement de l’écologie politique, on peut se demander si l’ensemble de l’électorat vert suivra cette ligne de conduite. En outre, la candidate a déjà souligné qu’une seule chose pourrait la conduire à se retirer de la course : « une extrême droite accrochée qui mettrait la démocratie en péril ». L’hypothèse d’une candidature unique incluant les Verts semble donc compromise.

De l’autre côté se trouve le parti socialiste. Son premier secrétaire, François Hollande, a demandé le rassemblement de toute la gauche, et le retrait des candidats des petits partis pour « éviter un nouveau 21 avril ». La réponse des Verts est claire et unanime. D’une part, personne au sein du parti ne se reproche l’arrivée de Le pen au second tour en 2002. De plus, Dominique Voynet tient à réaffirmer l’autonomie des Verts face au PS : « il existe un électorat écologiste autonome qui ne se ralliera pas au premier tour à un candidat PS » ; alors que Sergio Coronado souligne la force électorale que représente le parti : « on ne peut pas dire que les Verts aient volé 5,25% de l’électorat français au PS ».

Cependant, même si les Verts veulent exister au premier tour des élections présidentielles de 2007, ils n’auront d’autre choix que se rallier au candidat PS si ce dernier parvient au second tour. Voynet veut « faire gagner la gauche ». Mais elle tient à faire peser dans la balance un score qu’elle espère au moins égal à celui de Noël Mamère en 2002 : le candidat PS « sera bon si nous sommes là pour l’aiguillonner et l’inciter à intégrer dans son projet les thèmes de l’écologie ». Pourtant, cette logique sera peut-être rejetée par une part non négligeable de l’électorat de gauche déçue par les prises de position d’un parti socialiste frileux dans l’opposition face à la politique de l’UMP.

Finalement, en choisissant Dominique Voynet, les Verts ont choisi le compromis au deuxième tour pour que leurs idées aient une chance de se concrétiser. Mais la constitution d’une alternative au libéralisme unie face au PS pourrait bien changer la donne, sachant qu’une part non négligeable du parti, parmi ses cadres comme parmi ses militants, ne serait pas insensible à un tel mouvement. Dans ce contexte, en attendant de voir ce que feront les partis d’extrême gauche, Dominique Voynet préfère jouer à fond la carte de l’indépendance.
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Vieux 02/08/2006, 08h28
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Dominique Voynet, une voie est née.
Test 1 Lafactory.com
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Vieux 02/08/2006, 17h06
Francis Rozange
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Citation:
Envoyé par casper
Dominique Voynet, une voie est née.
Test 1 Lafactory.com
Non attends, c'est vrai que je suis pas trop pour la censure, mais là t'es limite, il est quand même super-virulent ton message
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  #6 (permalink)  
Vieux 02/08/2006, 17h16
Francis Rozange
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même remarque : rajouter des intertitres

Citation:
Envoyé par yoann
Dominique Voynet, prise entre deux feux



Dominique Voynet, difficilement élue candidate des Verts, aura fort à faire pour imposer la voix d’un parti divisé, pris entre une gauche antilibérale qui cherche l’unité et un parti socialiste qui appelle au rassemblement.

Au terme d’un processus électoral long et pénible, Dominique Voynet a été préférée à Yves Cochet par les militants Verts pour porter les couleurs du parti aux élections présidentielles. Elle a remporté la candidature avec 50,59% des voix, soit seulement 57 voix d’avance sur Yves Cochet, ami de longue date avec qui elle fonda le parti en 1984, après un second tour litigieux annulé fin mai. Mais elle tient à réaffirmer la légitimité de sa candidature : « Si le score est si ténu, c’est parce que les militants savaient que chacun des deux candidats, légitimes politiquement et historiquement proches, étaient capables de rassembler tous les Verts ».

Pourtant, le parti de l’écologie reste profondément divisé. En effet, des voix se font entendre au sein du parti, et parmi ses plus hautes instances, qui considèrent que les Verts pourraient jouer un rôle différent, plus à gauche que ce qu’a été la ligne du parti dans le passé. Dominique Voynet garde pour certains l’image de celle qui fit le choix de la gauche plurielle en 1997, c’est-à-dire de l’alliance avec le parti socialiste, ce qui lui valut le poste de ministre de l’écologie au sein du gouvernement Jospin.

Deux courants se dégagent chez les Verts : les « réalistes », dont Yves Cochet et Dominique Voynet font partis, partisans du rejet de l’antilibéralisme, ayant donc une ligne de conduite plus proche de celle du parti socialiste ; et un courant plus « radical », disons l’aile gauche du parti, parmi lesquels on peut citer le porte parole du parti Sergio Coronado ou encore le maire de Bègles Noël Mamère.

Coronado plaidait depuis plusieurs semaines pour la candidature de José Bové, qui avait déjà affiché ses motivations pour s’investir dans la campagne présidentielle. Cependant Yves Cochet, dans une interview donnée au Nouvel Observateur le 19 juillet dernier, a rappelé que les partisans d’une alternative au projet de Dominique Voynet « n’ont pas su convaincre le parti ». En d’autres termes, Cochet souligne qu’ils doivent accepter le choix des militants Verts et suivre la ligne politique qui a été décidée. C’est d’ailleurs le discours que reprend désormais Sergio Coronado : « Il y a de cela plusieurs semaines, nous pensions envisageable la possibilité de construire une alternative unie à gauche face au parti socialiste. Il s’agit maintenant de prendre acte du morcellement politique à gauche du PS, et de construire le projet des Verts derrière notre candidate Dominique Voynet ». Le porte parole a par la même occasion réaffirmé son « engagement pour les Verts ».

Cependant, la confusion a persisté pour les observateurs après une intervention de Noël Mamère sur RTL le mardi 18 juillet. Le député Verts a témoigné son « respect » pour José Bové, le qualifiant de « l’un de ceux qui portent le mieux, le plus haut et le plus fort la voix de l’écologie politique ». Cette phrase a été interprétée comme un coup dur pour Dominique Voynet ; non seulement parce que le candidat des Verts en 2002 aurait choisi quelqu’un d’autre pour lui succéder et réitérer un score au delà de la barre symbolique des 5% (Voynet n’ayant atteint que 3,32% en 1995), mais surtout parce que José Bové représente la voix de l’antilibéralisme et du rassemblement à la gauche du PS. En effet José Bové l’a plusieurs fois soutenu : « Je suis candidat à rassembler, à la gauche du PS, une gauche antilibérale, écologique, antiproductiviste et altermondialiste ». Conscient de cette mauvaise interprétation, Noël Mamère a clarifié son propos le 20 juillet : « une méchante rumeur court selon laquelle je soutiendrais José Bové. Il n’en a jamais été question pour moi puisque j’ai toujours défendu la nécessité d’un candidat Vert aux élections présidentielles. » Le maire de Bègles affirme suivre le choix des militants : « Nous avons une candidate, elle s’appelle Dominique Voynet et l’ensemble du parti doit maintenant se mettre en ordre pour la soutenir. »

Dominique Voynet cherche à faire exister son parti, indépendamment de toute influence. Elle l’a répété à plusieurs reprises : les Verts « ne sont pas un parti croupion se contentant d’apporter un supplément de voix au PS ». Mais elle devra convaincre une partie non négligeable des militants de ne pas se déporter plus à gauche, ce qui risque d’arriver si une candidature unique naît des négociations entre la LCR, le PC et FO, surtout si cette alliance est menée par José Bové. Ce dernier multiplie en effet les interventions énergiques pour créer un grand mouvement : « On fait campagne pour être en tête au premier tour de la présidentielle », il veut donner espoir à l’électorat à gauche du PS, quantitativement très important (les présidentielles de 2002 en témoignent) mais trop divisé pour inquiéter le PS ou l’UMP.

Dans ce contexte, le parti cherche à donner l’image de l’union. Interrogé sur la décision que prendraient les Verts dans le cas où naitrait une candidature unique de la gauche antilibérale, Sergio Coronado répond : « il conviendra de voir le moment venu, c’est une décision à prendre au sein du parti et avec notre candidate ». Le mot d’ordre est clair : « tous derrière Dominique Voynet ». Cependant, dans une telle situation, face à un José Bové qui se revendique clairement de l’écologie politique, on peut se demander si l’ensemble de l’électorat vert suivra cette ligne de conduite. En outre, la candidate a déjà souligné qu’une seule chose pourrait la conduire à se retirer de la course : « une extrême droite accrochée qui mettrait la démocratie en péril ». L’hypothèse d’une candidature unique incluant les Verts semble donc compromise.

De l’autre côté se trouve le parti socialiste. Son premier secrétaire, François Hollande, a demandé le rassemblement de toute la gauche, et le retrait des candidats des petits partis pour « éviter un nouveau 21 avril ». La réponse des Verts est claire et unanime. D’une part, personne au sein du parti ne se reproche l’arrivée de Le pen au second tour en 2002. De plus, Dominique Voynet tient à réaffirmer l’autonomie des Verts face au PS : « il existe un électorat écologiste autonome qui ne se ralliera pas au premier tour à un candidat PS » ; alors que Sergio Coronado souligne la force électorale que représente le parti : « on ne peut pas dire que les Verts aient volé 5,25% de l’électorat français au PS ».

Cependant, même si les Verts veulent exister au premier tour des élections présidentielles de 2007, ils n’auront d’autre choix que se rallier au candidat PS si ce dernier parvient au second tour. Voynet veut « faire gagner la gauche ». Mais elle tient à faire peser dans la balance un score qu’elle espère au moins égal à celui de Noël Mamère en 2002 : le candidat PS « sera bon si nous sommes là pour l’aiguillonner et l’inciter à intégrer dans son projet les thèmes de l’écologie ». Pourtant, cette logique sera peut-être rejetée par une part non négligeable de l’électorat de gauche déçue par les prises de position d’un parti socialiste frileux dans l’opposition face à la politique de l’UMP.

Finalement, en choisissant Dominique Voynet, les Verts ont choisi le compromis au deuxième tour pour que leurs idées aient une chance de se concrétiser. Mais la constitution d’une alternative au libéralisme unie face au PS pourrait bien changer la donne, sachant qu’une part non négligeable du parti, parmi ses cadres comme parmi ses militants, ne serait pas insensible à un tel mouvement. Dans ce contexte, en attendant de voir ce que feront les partis d’extrême gauche, Dominique Voynet préfère jouer à fond la carte de l’indépendance.
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Vieux 03/08/2006, 17h21
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Cher Francis, cher Yoann,

pardonnez moi pour mon précédent message quelque peu succinct, mais comme je l'ai indiqué, ce n'était qu'un test pour voir si tout fonctionnait. Je trouve cependant que ma remarque ne manquait pas de poésie...Enfin puisque le problème est règlé, reprenons.

Quel est le point commun entre une pastèque et le parti de Dominique Voynet? C'est vert à l'extérieur et rouge à l'intérieur.

L'écologie est le problème central du XXI ème siècle, à l'heure où les conséquences des révolutions industrielles et technologiques sont de plus en plus prégnantes et que la nécessité de traiter de la question devient insurmontable pour tous les partis politiques sans exception. Ils en sont d'ailleurs conscients et s'attachent à développer leur réflexion dans le domaine.

L'initiative de Dominique Voynet, à l'origine de la création du parti des verts en 1984, eut donc été pertinente et louable si elle ne s'était transformé très vite en récupération politicienne, particulièrement opportuniste. Le parti à tout de même eu un mérite pour la gauche, celui d'associer, dans l'imaginaire collectif, l'écologie au socialisme, offrant ainsi aux "anti libéraux" le monopole de la préoccupation environnementale. Alors à la manière de Giscard (rassurez vous, je ne suis pas Giscardien) qui fusillait d'une sentence Mitterrand en 74 je dirais que NON, Madame Voynet, vous n'avez pas le monopole de l'écologie...

Et puis d'ailleurs, quelle est cette "écologie politique" dont elle nous parle, quel est le contenu du discours des verts, quel est le projet de société qu'ils nous proposent. Dans la grande majorité, force est de constater que les sympathisants de Dominique Voynet sont incapables de répondre à ces questions, mais qu'ils ont, en votant pour les verts, la sensation de voter à gauche, avec une touche "verte" plutôt tendance (on fait souvent des verts le parti des BOBO) qui a une fausse allure de marketing politique. (on pourra me dire ici qu'il en est de même pour tous les partis politiques, et là je répondrais, c'est vrai, mais chez les verts c'est pire...)

N'étant pas moins con qu'un autre, je suis allé consulter le site des verts, afin de palper le contenu politique du mouvement et de répondre à nos questions que je reformulerais ainsi: quelles sont les préconisations et méthodes des verts en matière d'écologie? La démarche écologique permet t elle de fonder un projet politique englobant l'ensemble des facettes des sociétés humaines et donc de justifier la naissance d'un parti distinct?

Cher Francis, cher Yoann, il est tard et je dois filer, la suite demain sans faute, avec le sourire.

Casper, the nice fantom
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  #8 (permalink)  
Vieux 04/08/2006, 17h17
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mon cher Casper,

merci d'être le premier à répondre à l'un de mes articles, et ainsi de lancer un débat qui sera, j'en suis sûr, très intéressant.

D'abord, de quelle "récupération politicienne, particulièrement opportuniste" parles-tu à propos des Verts et de sa co-créatrice, Dominique Voynet? Tu nous présentes un parti "plutôt tendance", supporté par un électorat peu au fait des questions politiques, et dont les cadres ont utilisé le thème écologique par pure finalité carrieriste... si j'ai bien compris ce que tu entends par opportunisme. C'est une bien jolie théorie mais ça manque d'exemples concrets. Par ailleurs, pour la seule attaque contre l'électorat des Verts, j'ose esperer que la majorité des sympathisants se sont posés des questions pour déterminer leur vote. Bien sûr, comme dans tout parti, il y a une part de l'electorat qui "vote" pour de mauvaises raisons, bien que ce concept de "mauvaises raisons" me paraisse bien subjectif.

Il me semble que tu prends le problème à l'envers lorsque tu reproches au parti des Verts de revendiquer un prétendu "monopole" du discours écolo. Si le parti des Verts a été créé en 1984, entre autres gràce à Dominique Voynet et Yves Cochet, c'est dans le but principal d'amener les questions d'écologie au coeur du débat politique, alors qu'aucun autre parti ne s'intéressait à ces questions. Et pourquoi ce désintérêt? parce que ce qui n'intéresse pas les électeurs n'intéresse pas les partis dits de gouvernement. Les Verts, en tant que parti politique, ont permis de rendre médiatique, et donc de faire connaître au citoyen, un certain nombre de problèmes environnementaux, et, leur électorat grandissant à chaque rendez-vous électoral, ont conduit les autres partis à mener des reflexions dans ce domaine. Donc, pour te répondre, c'est ce besoin urgent de prise de conscience du danger que peuvent représenter nos sociétés humaines pour la nature qui a "justifié" la naissance du parti des Verts en France et ailleurs.

En d'autres termes, si les Verts ont eu le monopole de l'écologie durant près de 20 ans, c'est bien parce que personne ne venait leur disputer.

Aujourd'hui la situation est tout à fait différente. D'une part, parce que la question environnementale est relayée non seulement par les Verts, mais aussi par d'autres formations politiques, telles que Corinne Lepage et son parti Cap 21, ou par des acteurs médiatiques plus ou moins engagés politiquement (de Bové à Hulot), ou encore par les principaux partis, qui, en ce début de période de campagne, disent développer des reflexions autour du thème. D'autre part, la nature même du parti des Verts a évolué. Les Verts sont désormais totalement ancrés dans le paysage politique, avec une certaine stabilité, confirmée par le score de Mamère en 2002 supérieur à 5%. Devant cette rapide croissance (5% seulement 18 ans après la création du parti) et le dégagement d'un électorat vert autonome, les Verts ne peuvent plus se cantonner aux questions environnementales mais doivent développer un véritable projet de société. Ainsi, la question de la légitimité des Verts a exister aujourd'hui ne se pose même pas: comment un parti qui rassemble 5% de l'électorat aux élections majeures ne serait pas légitime?

En tout cas, il est incorrect de dire que les propositions des Verts se résument à l'écologie.
Le programme des Verts pour 2007 est en ligne sur leur site, fais toi ta propre opinion.
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  #9 (permalink)  
Vieux 05/08/2006, 12h11
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Mon cher Yoan,

toi et moi allons bien nous amuser, vive le débat, avec le sourire.
Je t'en veux tout de même un peu d'avoir répondu si tôt, mon article n'étant pas encore fini, mais bon, c'est de ma faute après tout.

Je vais donc faire comme si de rien, terminer mon premier propos, puis
répondre à tes questions.

Je reprends donc.

Quelles sont les préconisations et méthodes des verts en matière
d'écologie? Leur projet politique est il suffisament englobant pour
justifier la naissance d'un parti distinct.

Je me rends donc sur internet, comme n'importe quel citoyen et comme me le conseille yoan. Le site des verts est mal référencé, je suis
surpris, je le trouve finalement et commence à lire. Deux rubriques
m'intéressent: les "positions" (agriculture, culture et communication,
économie finance...) et "la présidentielle 2007"; qui paraissent
présenter la ligne politique et le projet des verts. Pour ce qui est
des "positions", pas de discours, simplement des articles de journaux,
des références, des communiqués. J'en lis quelques uns, c'est chiant,
rien de systématique, rien de conceptuel. Je suis malgré tout forcé
d'admettre que les questions "d'écologie" au sens large ont la part
belle, et qu'une foultitude de sujets sont traités. Je suis
impressioné, mais je cherche toujours une cohérence dans une série
d'actions ponctuelles, disparates et parfois contradictoires (attends
la fin je vais lacher de l'exemple). Je passe aux autres sujets,
l'économie par exemple. Là je ne trouve rien, toujours les mêmes
articles, pas de discours propre, une case économie où l'on balance des
références allant d'ATTAC aux Econoclastes. Je cherche en politique
sociale et dans quelques autres rubriques et n'y trouve rien qui ne
soit déja chez le PC ou le PS.

Je passe à la case "élections présidentielles" et télécharge le
programme des verts en pdf, je lis. J'y trouve un discours structuré et
conceptuel, à peu près ce que je cherchais. Plein de belles idées,
enfin de belles phrases, au demeurant pleines de bon sens, sur la
nécessité de consommer moins et mieux, sur le besoin fondamental de
respecter notre source de vie, la nature (politique énergétique,
développement durable, gestion de l'eau et des forêts...).Je ne
prendrai pas le temps de détailler car il suffit d'aller voir.En tous
cas dans ce projet, toujours rien de nouveau, excepté la partie sur
l'écologie que l'on veut mettre au coeur des politiques
publiques.Excepté peut être également la partie sur l'Union Européenne.
On sait que les verts affectionnent particulièrement la question, ils
ont récolté 10% des votes français avec la liste de Cohn Bendit (oh, un
ancien trotskiste...), comme si plus l'institution était loin du
peuple, plus les verts étaient représentés, peut être grâce à nos bobo
qui font à coup sur partie de l'élite cosmopolite pro européenne. On se
souvient aussi de la position de Voynet dans le débat pour la
constitution européenne, position qui prenait la gauche à revers.

En tous cas rien de très concluant. D'abord, je ne vois pas comment
substituer ue énergie renouvelable à la production électrique des
centrales nucléaires d'ici à 2030...Surtout quand on voit la position
des verts face au nucléaire...(attend, les exemples arrivent.) Et puis
pourquoi faire de la contrainte publique le seul moyen d'action en
faveur de l'environnement? Une fois de plus la liberté individuelle est
éclipsée par des fictions (les biens collectifs par exemple) et c'est à
coup de taxe, de normes, de structures gestionnaires qu'on compte
règler les problèmes. Est ce là un processus pédagogique et
responsabilisant? On va certes retomber ici dans un débat plus général
opposant libéraux aux partisans de la contrainte publique, ce n'est pas
notre sujet, nous n'irons donc pas plus loin.

Pour ce qui est des incohérences en matière d'écologie pure, ces
petites choses qui me font parler d'opportunisme, je passe la main à un
collègue. Toutes ces informations sont vérifiables et j'espère mon cher
yoann que tu prendras le temps de le faire.

Commençons par Noël Mamère, qui un ou deux jours avant d'être candidat officiel des Verts à l'élection pestilencielle affirmait qu'il ne
serait pas candidat, sa décision étant selon ses propres termes «
irrévocable » (!). En fait, cette attitude symbolise parfaitement
Mamère et les Verts : un jour je dis une chose, un autre je fais le
contraire.

Saviez-vous, par exemple, que Mamère est un ardent défenseur de la
corrida à l'assemblée nationale? Il ne s'en vante évidemment pas.

Saviez-vous aussi que Noël Mamère a tourné un spot de publicité pour
l'ANDRA, afin de faire la propagande pour l'enfouissement profond des
déchets nucléaires hautement radioactifs?

Rappelons maintenant le passé politique de ce faux écologiste. Noël Mamère a toujours été proche de la gauche traditionelle (sauf lors du grand succès de la droite en 1993 où il flatte Balladur et se rallie à la droite!), il fut même suppléant de Gilbert Mitterrand aux législatives de 1988! Mais en 1989, il se déclare rocardien sous l'étiquette « Majorité Présidentielle ». Puis en 1990, alors qu'il n'avait jamais auparavant évoqué les problèmes écologiques, Noel Mamère fut, avec Brice Lalonde, un des fondateurs en 1988 de Génération Écologie (référence à Génération Mitterrand, slogan de l'ex-président ex-cagoulard —la Cagoule était une organisation activiste d'extrême droite— et ex-haut fonctionnaire du gouvernement collabo de Vichy), parti politique officiellement pro-nucléaire (tant pis pour le paradoxe avec l'écologisme!) créé à l'initiative de François Mitterrand, afin de briser les Verts, qui à l'époque — grâce à Antoine Waechter , aujourd'hui au MEI, Mouvement Écologiste Indépendant — étaient authentiquement écologistes et refusaient d'accepter les compromissions de la gauche, tout en obtenant d'excellents scores électoraux. Aujourd'hui GE n'existe plus, puisque les Verts sont devenus ce que devait être GE pour le PS. Ensuite Mamère fut candidat
sur la liste de Tapie. En 1995, il lança un appel à voter pour Jospin
dès le 1er tour (donc contre les Verts). En 1998, il devint candidat
des Verts (dont le parti était déjà devenu un GE bis) au régionales,
tout en soutenant le PS contre les Verts aux cantonales! Noel Mamère a
aussi affirmé aux Savoyards que la réouverture du tunnel du Mont-Blanc
aux camions serait un casus belli avec le PS, pourtant aujourd'hui
c'est fait et Mamère comme le reste du parti Vert ne prétend plus
rompre avec le PS. C'est dire si Mamère est un bel opportuniste, à
l'instar du parti Vert actuel!

Depuis 1988, il a participé à 10 campagnes électorales sous 5
étiquettes différentes!

Je me permets ici de clamer ma haine contre cet homme. Si vous cherchez la vérité, voyez la position de Mamère, dites l'inverse et vous serez dans le vrai. (je sens yoan que tu vas venir me brancher sur le mariage gay...mais je prends le risque)

Voyons maintenant le bilan du parti Vert au pouvoir (gouvernement et assemblée nationale).

Qui a autorisé les OGM (organismes génétiquement modifiés)?

- C'est bien la fausse écologiste Verte Dominique Voynet qui, en tant
que sinistre de l'environnement a autorisé le maïs et le soja
transgénique. Le parti Vert, qui se prétend opposé aux OGM, ne l'a pas
sanctionnée, pourtant il aurait pu (dans le passé, Jean Brière fut
exclu pour de simples paroles!). Les téléspectateurs français ont pu la
voir afficher un large sourire pour annoncer un tel acte de guerre
contre la biodiversité (sans parler des risques sanitaires). Rappelons
que quelques mois auparavant, le gouvernement Chirac-Juppé avait refusé de donner son accord aux OGM, sous la pression de Corine Lepage, alors ministre de l'environnement, qui estimait (à juste titre), compte tenu
des éléments d'informations à sa disposition, que les risques étaient
trop grands!
Malgré leur responsabilité réelle dans l'autorisation des OGM,
aujourd'hui les Verts, qui grâce à de belles défaites électorales
parfaitement méritées, ne sont plus au pouvoir, se prétendent opposés
aux OGM et ne manquent pas de se montrer devant les caméras dès que des militants anti-OGM fauchent un champ. Notons l'incroyable naïveté
politique de José Bové et ses amis qui acceptent à leur côtés ceux qui
ont autorisé les OGM!

Qui a autorisé la décharge-laboratoire nucléaire de Bure ?

- C'est bien la fausse écologiste Verte Dominique Voynet qui, en tant
que sinistre de l'environnement a autorisé les travaux visant à
l'enfouissement profond et irréversible des déchets nucléaires
hautement radioactifs! Le parti Vert, qui se prétend écologiste, ne l'a
pas sanctionnée pour cet acte qui sera peut-être un jour jugé par un
tribunal comme un crime majeur contre l'humanité et la Terre. Pourtant
dans le passé, Jean Brière fut exclu du parti Vert pour de simples
paroles!). Yves Cochet, membre influent des Verts, successeur
au gouvernement de DV a lui aussi confirmé son soutien à cet acte
irresponsable, qui consiste à cacher un cadeau gravement empoisonné,
puis à l'offrir aux générations futures! Rappelons que ce projet de
décharge nucléaire profonde remonte aux années 80, mais aucun
gouvernement avant l'actuel n'avait osé prendre de décision. Il a donc
fallu là encore, la présence du parti Vert au gouvernement pour qu'une
telle décision anti-écologiste soit prise! En outre, cette décision va
permettre de rendre techniquement possible le renouvellement du parc
électronucléaire français! Pourtant, Voynet, comme Cochet, comme tout
le monde chez les Verts s'y déclarent opposés, même si la réalité de
leurs actes montre le contraire.

Qui a soutenu la guerre contre la Yougoslavie, malgré l'emploi de
nombreuses armes nucléaires?

- Le parti Vert, tant au gouvernement, qu'à l'assemblée nationale a
officiellement soutenu cette guerre. Pourtant les Verts se prétendent
opposés aux armes nucléaires et même pacifistes!

Qui a fermé le surgénérateur nucléaire Superphénix?

Oui, c'est bien Dominique Voynet qui a concrétisé cet acte intelligent.
Mais hélas pour les Verts, qu'ils aient été ou non au gouvernement,
Superphénix aurait quand même fermé, car le lobby nucléaire Français
l'avait prévu. En effet, les Allemands et les Suisses au sein de la
NERSA (la société qui essayait de faire fonctionner Superphénix) ne
voulaient plus continuer à financer cette usine qui coûtait des
milliards et ne rapportait rien. En plus cette usine pompe à phynances,
peu sûre et qui tombait tout le temps en panne risquait de transmettre
sa mauvaise image au reste de la filière. Les nucléocrates avaient donc
décidé de fermer Superphénix. Le seul acte positif du bilan des Verts
au pouvoir n'est donc pas volontaire. (l'arrêt du grand canal
Rhin-Rhône, c'est pareil. Verts ou pas, il n'était pas financé et
aurait été abandonné quand même.).

Mais qui a autorisé le rédémarrage du surgénérateur nucléaire Phénix?

Encore une fois, c'est la fausse écologiste Dominique Voynet qui, avant
son départ du Ministère de l'Environnement a permis au CEA de remettre
en service Phénix, réacteur vieux de 30 ans et qui avait été arrêté
quelques années avant, en raison de son coût exorbitant (+ de 60
milliards de FF!), de son inefficacité chronique (un an de
fonctionnement sur 11 ans d'activité!) et de nombreux problèmes
techniques parfois graves. Officiellement, il s'agit d'étudier la
transmutation des déchets nucléaires. Cela pourrait être une bonne
idée, sauf que d'une part l'inefficace et fort peu sûr (dangereux)
Phénix n'est très probablement pas le meilleur outil pour cela, d'autre
part, les experts officiels en nucléaire estiment que la transmutation,
si un jour on arrive à la rendre efficace, ne peut s'inscrire que dans
le cadre d'un nucléaire durable, car cela nécessiterait la construction
d'un nombre très important de réacteurs dédiés (peut-être jusqu'à 50%
de la puissance totale d'un parc de réacteurs de production électrique,
selon ces mêmes sources!) et ne permettrait d'atteindre une simple
stabilisation des inventaires des éléments à transmuter qu'après
plusieurs décennies de fonctionnement. En attendant, les déchets
nucléaires seront probablement enterrés de façon irréversible à Bure,
où le creusement du trou avance lui très vite, la transmutation avec
Phénix n'étant qu'un alibi pour faire croire que Bure restera un
laboratoire. (voir + haut)

Qui a permis d'assurer l'approvisionnement à long terme du parc
nucléaire français, en autorisant l'extension de l'usine Mélox?

- Encore et toujours Dominique Voynet, avec la complicité de son parti
et du PS. Pourtant les Verts se prétendent antinucléaires. Notons au
passage que le MOX, combustible nucléaire fabriqué à Mélox à Marcoule,
dans le Gard, vallée du Rhône (cf le site de Stop Melox), s'il résoud
les problèmes d'approvisionnement de la filière nucléaire (l'Uranium
s'achète à l'étranger, comme le pétrole) est considéré par les
techniciens en nucléaire comme moins sûr (comprendre plus dangereux)
que l'Uranium enrichi traditionnel. Mais bon, les Verts ne s'arrêtent
pas à ce genre de détail, ce qui qui compte, c'est d'assurer l'avenir
du parc électronuclaire français.

Qui finalement a assuré l'avenir du parc nucléaire français et permis
les conditions de son renouvellement?

Oui, ce sont bien les Verts, avec leurs amis PS et PC, qui ont fait
cela. En effet, en autorisant la décharge laboratoire, qui (voir Phénix
ci-dessus) deviendra très probablement une décharge tout court et en
autorisant l'augmentation des capacités de production de Mox (voir
ci-dessus), les Verts ont réglé économiquement à la fois le problème
des déchets et celui de l'approvisionnement en combustible. Bien sûr,
écologiquement, c'est préparer des catastrophes extrêmes et
irréversibles, mais cela n'a pas gêné le parti des faux écologistes
Verts.

Qui a autorisé la chasse de nuit?

Toujours la sinistre verte Voynet. Cette pratique était
(intelligemment) interdite depuis Napoléon!

Qui a légalisé la chasse à certains oiseaux en période de migration,
augmentant de ce fait la période de chasse?

Oui, c'est encore un coup de Voynet, encore une fois soutenue par son
parti Vert. Malgré ce cadeau, que l'extrême chasse réclamait depuis
plus de 20 ans, les chasseurs continuent de prétendre de les Verts ne
sont pas leurs amis! Pourtant Jean-Luc Benhamias, notable influent du
parti Vert aime leur rappeler que chez les Verts, « on n'est pas
anti-chasse ». C'est évident. D'ailleurs, Noël Mamère (chasseur) a
souvent déclarer aimer la chasse.

Qui essaya de minimiser la catastrophe de l'Érika?

Encore Dominique Voynet, aujourd'hui porte-parole du parti des Verts!

Qui a fait construire un bel incinérateur bien polluant dans la commune
où il est le maire?

Cette fois, c'est Noël Mamère. Pourtant les Verts se prétendent opposés
à ces usines à dioxines et cendres toxiques que l'on place ensuite en
décharge.

Qui fut logiquement désignée par le Forum de Davos « meilleure ministre
de l'environnement », pour ses actes en faveur des grandes
transnationales de la pollution?

c'est bien Dominique Voynet, du parti Vert français qui fut ainsi
distinguée par le gratin de la mondialisation et des pollueurs. Cela ne
l'empêche pas, elle et son parti, de déclarer s'opposer à la
mondialisation et aux transnationales de la pollution. Il est vrai que
les Verts ont beaucoup fait pour Monsanto, Novartis, EDF, COGEMA, les
marchands d'armes…

En conclusion, les Verts au pouvoir servent juste de joli paravent
derrière lequel PS et PC se cachent pour prendre les pires décisions
possibles contre la nature et la planète. En échange, les Verts se
pavanent dans les allées du pouvoir et en récoltent les fonds. En
réalité, les Verts sont devenus les ennemis des écologistes et de la
planète Terre! Leurs actes le prouvent, en dépit de leurs discours
mensongers.
En outre, le discours des militants verts selon qui « il ne faut pas
confondre nos chefs, Voynet, Mamère, Cochet et autres avec le Parti
Vert, nous ne les soutenons pas » relève du mensonge pur, d'une part
parce qu'en militant pour ce parti, ils contribuent à faire élire ces
gens et à leur permettre de commettre leurs exactions anti écologistes,
d'autre part parce que le parti Vert repose beaucoup sur ses militants,
on y vote beaucoup et on peut y faire exclure qui on veut (cf note 1),
or jamais le Parti ne s'opposa à ces chefs, pourtant révocables. C'est
donc bien que les militants Verts étaient d'accord avec leurs chefs ou
qu'ils étaient ignorants (comme je l'ai supposé). Les seuls divisions
et querelles furent des luttes bassement personnelles. De la politique
de « polis petits chiens », comme dit un jour le Général DeGaulle à
propos de politicailleux minables de son époque. Or c'est bien cette
seule politique dont les Verts sont aujourd'hui capables, hélas.

Et ce bilan des exactions vertes n'est même pas exhaustif!Est ce que ça
te parait concret mon cher yoan, tu trouves toujours que je parle pour
ne rien dire? Contrairement à toi, je ne trouve pas ma théorie jolie, mais bien plutôt tragique.

Les verts n'ont pas de discours englobant, ils ne sont pas sincèrement
écolos, et Dominique Voynet aura beau tout faire, son parti restera un
parti croupion, car il n'existe pas idéologiquement, et qu'elle n'est
bonne qu'à être ministre de l'écologie chez les socialistes...(ce qui
est déja pas mal tu me diras)

Pour ce qui est de tes reproches et questions, je te trouve offensif,
réformateur (en bon journaliste), et je pense que tu t'attaches pas
assez aux idées.Je résume donc.

-Ma thèse sur l'opportunisme est maintenant mieux développée et encore
on pourrait en dire plus.

-Je n'ai pas dit que l'électorat votait pour de mauvaises raisons mais
qu'il le faisait sans connaitre le discours politique du parti. Bien
sur était sous entendu que ça revenait un peu au même, mais je ne
trouve pas du tout ça subjectif. Je t'épargne un travail de définition
de la "politique".

-Je n'ai pas dit que les verts revendiquaient un prétendu monopole de
l'écologie, j'ai dit que la visibilité du parti avait contribué à une
association dans l'imaginaire collectif.

-Que le parti ai eu une fonction de porte parole, de révélateur des questions écolo, je te l'accorde, mais son discours n'était pas sincère. Que personne ne soit venu le leur revendiquer, je l'admets aussi, et n'ai jamais dit le contraire. Et quand je dis que les choses ont changé, je pense pas à
Corine Lepage, mais bien plutôt à Bayrou et son bus au colza, un
visionnaire cet homme...(non je déconne).

Quant dernier argument existentialiste, je le soutiens également. C'est
avec lui que l'on justifie, à juste titre, l'existence des partis extremes comme la LCR et le FN; permets moi simplement de te rappeler que ce genre d'argument ne dois en aucun cas tuer le débat et que l'existence d'un parti n'empêche pas de s'interroger sur son bien fondé.

Voila ce que j'avais à dire, j'espère ne pas t'avoir collé une trop grosse pastèque, mais j'avais trouvé ta réponse suffisante et offensante.

C'est ma dernière contribution au forum, j'ai bien failli balancer mon PC par la fenêtre après avoir perdu mon message. les problèmes techniques ne sont donc pas règlés.

Mon cher yoan, a bientot, bon courage, et surtout dis toi bien que quoi qu'il arrive, l'éternel te le rendra au centuple...

Casper, the nice fantom.
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Vieux 05/08/2006, 12h19
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J'ai mis réformateur au lieu de déformateur pour ce qui est de tes questions...
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