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Vieux 08/08/2006, 17h23
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Par défaut une drôle de guerre pour Israël

« Une drôle de guerre » pour Israël



Au cœur d’un conflit complexe où se mélangent intérêts géopolitiques régionaux, fanatisme religieux et faiblesse étatique libanaise, Israël s’enlise dans une guerre qu’elle ne maîtrise plus.

Le 12 juillet, un raid envoyé par le Hezbollah à la frontière israélo-libanaise a fait huit morts et deux prisonniers parmi Tsahal. Cet acte fut le déclenchement d’un conflit qui en est aujourd’hui à son 28ème jour. Le parti de Dieu a demandé la libération de nombreux prisonniers libanais en échange des deux otages israéliens. Le gouvernement israélien dirigé par Ehud Olmert a refusé de négocier et accusé le Liban de s’être livré à « un acte de guerre ». Depuis les bombardements israéliens répondent aux tirs de roquettes du Hezbollah, conduisant à un bilan déjà lourd de plus d’un millier de victimes.

De quel type de conflit s’agit-il ? Les affrontements opposent d’un côté un Etat, Israël, qui a fait intervenir ses forces militaires ; et de l’autre côté une milice armée, le Hezbollah. Mais la question n’est pas aussi simple : parce que les relations et liens entre le Liban et le Hezbollah sont complexes, alors que le Parti de Dieu, groupe armé mais aussi force politique importante au Liban, s’érige en unique protecteur du pays du Cèdre et cherche à en tirer une légitimité pour justifier ses tirs de roquettes sur Israël ; mais aussi parce qu’Israël ne limite pas son action au désarmement du Hezbollah.




« Désarmer le bras armé de l’Iran » Tzippi Livni, ministre israélien des affaires étrangères


Dans une interview donnée le 24 juillet dernier sur RMC, Antoine Sfeir, franco-libanais et directeur des cahiers de l’Orient, présente son analyse du conflit. Le contexte juridique qui permet de justifier l’action israélienne est le non respect de la résolution 1559 du conseil de sécurité de l’ONU, adoptée le 2 septembre 2004, qui « demande que toutes les milices libanaises et non libanaises soient dissoutes et désarmées ». Pourtant le Hezbollah a toujours conservé son appareil militaire. Selon Antoine Sfeir, cette situation devenait donc insoutenable pour Israël, qui « voyait l’armement du Hezbollah devenir de plus en plus inquiétant » sur sa frontière avec le Liban. En effet, le Hezbollah est soutenu par l’Iran à hauteur de « 70 à 100 millions de dollars par an », « bien plus que le budget militaire libanais » souligne-t-il. Ainsi, comme le rappelle le directeur des cahiers de l’Orient, le Liban est dans l’incapacité de désarmer la milice, qui en plus jouit du soutien politique de la Syrie et de l’Iran. Conscient du danger que représente l’Iran, dont le président Ahmadinejad a plusieurs fois exprimé sa volonté de voir la « disparition du régime sioniste », l’enlèvement des deux soldats de Tsahal a été le déclencheur d’une action israélienne au Liban qui cherche, derrière l’objectif affiché de désarmement du Hezbollah, la sécurité face à un Etat iranien agressif et désormais à ses portes par l’intermédiaire du Hezbollah. Antoine Sfeir explique que l’Iran « cherche depuis le début des années 90 à construire une géopolitique chiite au Moyen Orient, ce qui ne s’est pas vu depuis le 10ème siècle. » Il s’agit d’un élément important dans cette crise. Les gouvernements égyptiens et saoudiens, sunnites, ne soutiennent pas ouvertement le Hezbollah. Antoine Sfeir met d’ailleurs en garde contre les amalgames, en distinguant clairement les dossiers libanais et palestiniens : « Aucune coordination n’est envisageable entre le Hamas et le Hezbollah qui se vouent une haine de notoriété publique. »

Ehud Olmert, premier ministre israélien, retranscrit ce sentiment face à l’Iran dans un entretien publié dans le Monde du vendredi 4 août : « Lorsque j’entends le président de l’Iran dire qu’il faut rayer Israël de la carte, et lorsque je vois ses efforts pour obtenir des armes nucléaires, je ne vois pas très bien la stabilisation qu’il apporte. » Reliant les questions de la guerre au Liban et de la crise du nucléaire avec l’Iran, Olmert semble dévoiler la véritable crainte, plus profonde et structurelle, qui anime son gouvernement, et plus largement toue le pays : « Il ne doit pas y avoir de « troc » entre cette question [règlement du conflit au Liban], et les préoccupations que nous avons concernant la politique de l’Iran en matière d’armements non conventionnels, notamment ses efforts pour avoir des missiles balistiques stratégiques qui pourraient être dirigés contre Israël et certains pays européens. […] Les iraniens vont devoir oublier leur projet d’enrichissement d’uranium. »




Une guerre contre le Hezbollah ou contre le Liban ?


Ehud Olmert l’a répété : « nous combattons le Hezbollah, dont le bastion est au Liban Sud », « nous n’avons aucune intention d’occuper le moindre morceau de territoire ». Pourtant, la simple analyse des actions, et surtout des frappes aériennes, israéliennes conduit à mettre en doute cette affirmation. En effet, toujours selon Antoine Sfeir, de nombreux sites, ports, villages où aucun indice ne permettait de déceler la présence du Hezbollah ont été bombardés. Le politologue exprime son incompréhension face à cette stratégie « disproportionnée » et meurtrière. « Quel est le véritable objectif de l’aviation israélienne ? Pourquoi détruisent-ils les ponts, les infrastructures étatiques ? » Il parait en effet étrange qu’Israël affaiblisse à ce point le Liban alors qu’il lui faudrait un Etat libanais puissant capable d’assurer sa propre sécurité pour faire perdre au Hezbollah sa position dominatrice dans les rapports de force internes au pays et pour rejeter l’influence iranienne. Antoine Sfeir émet une hypothèse : « Est-ce le début de l’éclatement communautaire de l’Etat libanais ? » En d’autres termes, Israël chercherait-il à créer un immense désordre au Liban, entre sunnites et chiites, entre chrétiens et musulmans, entre arabes et non arabes, en partant de l’idée que le gouvernement libanais tout entier, et non pas seulement le Hezbollah, est acquis aux causes de la « résistance » et de l’Iran ? En effet, le parti de Dieu est représenté par deux ministres au sein du gouvernement libanais. Israël accuse donc le Liban de jouer le jeu du Hezbollah. Ces destructions d’infrastructures étatiques, dont on sait qu’elles n’ont rien à voir avec le parti de Dieu, seraient-elles une punition ?

Israël ne limite pas son action à la pourchasse du groupe terroriste. En effet, c’est aussi le point de vue que développe Jakob Kellenberger, président du comité international de la Croix Rouge, dans une lettre ouverte publiée par le journal suisse NZZ am Sonntag : la guerre est interétatique, elle oppose Israël et le Liban. Kellenberger justifie son point de vue en soulignant que Tsahal effectue ses opérations sur le sol libanais sans le consentement du gouvernement de Fouad Siniora. De plus, le blocus maritime et aérien imposé par Israël ne touche pas seulement le Hezbollah mais tout le peuple libanais et remet en cause la liberté et l’indépendance de l’Etat libanais. Si on ajoute à cela la mort de plus d’un millier de civils depuis le début du conflit, en majorité libanais, on ne s’étonne plus de voir fuser les critiques d’observateurs internationaux qui reprochent à Israël de ne pas respecter le droit international humanitaire (c’est d’ailleurs le cas de Jakob Kellenberger) ni la convention de Genève. La vision de Kellenberger est lourde de conséquences. En qualifiant ce conflit d’interétatique, le président du comité international de la Croix Rouge légitimise le Hezbollah comme force de défense du Liban, ce que la milice recherche clairement.




Entre guérilla et guerre médiatique : Israël s’enlise


Quels que soient les objectifs israéliens, il semble qu’après presque 30 jours de conflit l’intervention se convertisse en échec. En effet, sur le plan strictement militaire, les armements ultra-modernes américains et la guerre aérienne de haute technologie ne donnent que de maigres résultats face à une milice organisée en petits groupes mobiles, discrets, bien armés. Face à une guérilla, la guerre technologique est inefficace. Par ailleurs, on a pu lire dans les médias qu’Israël aurait cherché au début à soulever le peuple libanais contre le Hezbollah, en le rendant responsable de la forte réaction israélienne. Mais cette guerre là, la guerre de l’image, est d’ores et déjà perdue pour Israël. La médiatisation du conflit a créé un mouvement de sympathie pour la cause du Hezbollah non seulement parmi le peuple libanais, mais surtout parmi les différents peuples du Moyen Orient. Et aux yeux de la communauté internationale, comme en témoigne le traitement de la guerre par les médias français, Israël passe désormais pour un « Goliath ». Or le temps joue clairement en faveur du Hezbollah, qui multiplie les interventions médiatiques pour témoigner de la « victoire de la résistance » et ainsi se moquer de la puissante Tsahal : « L’ennemi n’a réalisé aucun objectif militaire. » « Tout ce qu’il a pu faire, c’est détruire l’infrastructure du pays. Ce ne sont pas des réalisations militaires, c’est de la sauvagerie. » a déclaré Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah.

Conscient que la guerre ne se joue pas seulement sur le terrain, le gouvernement israélien n’a d’autre choix que de s’enfoncer dans une logique destructrice, tout en affirmant haut et fort sa supériorité : « Jamais […] un combat contre une organisation terroriste n’aura été aussi efficace que le notre » selon Ehud Olmert. Dernièrement, l’armée a multiplié ses effectifs au sol dans le sud Liban, déployant plus de 15 000 soldats, alors que le discours israélien se fait toujours plus ferme : pour le premier ministre israélien « il n’y a pas de limite » à l’offensive. Pendant ce temps, les roquettes du Hezbollah frappent toujours plus loin dans les terres israéliennes, témoignant de la force de frappe et de la détermination du parti de Dieu. Alors que la communauté internationale avance lentement, le règlement du conflit n’est pas pour demain.
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Vieux 08/08/2006, 17h30
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Francis,

j'ai tenté de définir cette guerre, et les parties en présence par l'intermédiaire de mes citations, mais je n'est pas abordé la question de la sémantique utilisée par les médias car j'avais l'impression de sortir trop du sujet, qui est l'analyse des objectifs israéliens. Qu'en penses-tu?

Les titres sont-ils accpetables? Dois-je citer Livni et sa fonction même dans le titre (cf premier intertitre)

je pense orienter le prochain article sur l'action de la communauté international, et les avancées d'un possible règlement du conflit, à moins que tu veuilles que je travaille sous un autre angle.
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Vieux 10/08/2006, 13h28
Francis Rozange
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Par défaut Re: une drôle de guerre pour Israël

Citation:
Envoyé par yoann
« Désarmer le bras armé de l’Iran » Selon Tzippi Livni, ministre des affaires étrangères israélien



Quels que soient les objectifs israéliens, il semble qu’après presque 30 jours de conflit l’intervention se convertisse en échec.
formulation maladroite. relire et alléger l'article. rajouter des titres.
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  #4 (permalink)  
Vieux 10/08/2006, 13h32
Francis Rozange
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Citation:
Envoyé par yoann
Francis,

j'ai tenté de définir cette guerre, et les parties en présence par l'intermédiaire de mes citations, mais je n'est pas abordé la question de la sémantique utilisée par les médias car j'avais l'impression de sortir trop du sujet, qui est l'analyse des objectifs israéliens. Qu'en penses-tu?
Un article séparé analysant le vocabulaire employé. C'est important.
Les titres sont-ils accpetables? Dois-je citer Livni et sa fonction même dans le titre (cf premier intertitre)

je pense orienter le prochain article sur l'action de la communauté international, et les avancées d'un possible règlement du conflit, à moins que tu veuilles que je travaille sous un autre angle.
Sujet basique faisant partie de la synthèse hebdo. trouve plutot sur Internet des israéliens et des libanais à interviewer, des civils reflétant diverses opinions au sujet du conflit. en complément, le portrait de l'un d'entre eux.
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  #5 (permalink)  
Vieux 18/08/2006, 01h33
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« Une drôle de guerre » pour Israël



Au coeur d'un conflit complexe où se mélangent intérêts géopolitiques régionaux, fanatisme religieux et faiblesse étatique libanaise, Israël s’enlise dans une guerre qu’il ne maîtrise plus.


"acte de guerre"

Le 12 juillet, un raid envoyé par le Hezbollah à la frontière israélo-libanaise a fait huit morts et deux prisonniers parmi Tsahal. Cet acte fut le déclenchement d’un conflit qui en est aujourd’hui à son 28ème jour. Le parti de Dieu a demandé la libération de nombreux prisonniers libanais en échange des deux otages israéliens. Le gouvernement israélien dirigé par Ehud Olmert a refusé de négocier et accusé le Liban de s’être livré à « un acte de guerre ». Depuis les bombardements israéliens répondent aux tirs de roquettes du Hezbollah, conduisant à un bilan déjà lourd de plus d’un millier de victimes.

De quel type de conflit s’agit-il ? Les affrontements opposent d’un côté un Etat, Israël, qui a fait intervenir ses forces militaires ; et de l’autre côté une milice armée, le Hezbollah. Mais la question n’est pas aussi simple : les relations et liens entre le Liban et le Hezbollah sont complexes. Le Parti de Dieu, groupe armé mais aussi force politique importante au Liban, s’érige en unique protecteur du pays du Cèdre et cherche à en tirer une légitimité pour justifier ses tirs de roquettes sur Israël. De plus, Israël ne limite pas son action au désarmement du Hezbollah, frappant le Liban de manière "disproportionnée".




« Désarmer le bras armé de l’Iran » Tzippi Livni, ministre des affaires étrangères israélien


Dans une interview donnée le 24 juillet dernier sur RMC, Antoine Sfeir, franco-libanais et directeur des cahiers de l’Orient, présente son analyse du conflit. Le contexte juridique qui permet de justifier l’action israélienne est le non respect de la résolution 1559 du conseil de sécurité de l’ONU, adoptée le 2 septembre 2004, qui « demande que toutes les milices libanaises et non libanaises soient dissoutes et désarmées ». Pourtant le Hezbollah a toujours conservé son appareil militaire. Selon Antoine Sfeir, cette situation devenait donc insoutenable pour Israël, qui « voyait l’armement du Hezbollah devenir de plus en plus inquiétant » sur sa frontière avec le Liban. En effet, le Hezbollah est soutenu par l’Iran à hauteur de « 70 à 100 millions de dollars par an », « bien plus que le budget militaire libanais » souligne-t-il. Ainsi, comme le rappelle le directeur des cahiers de l’Orient, le Liban est dans l’incapacité de désarmer la milice, qui en plus jouit du soutien politique de la Syrie et de l’Iran. Conscient du danger que représente l’Iran, dont le président Ahmadinejad a plusieurs fois exprimé sa volonté de voir la « disparition du régime sioniste », l’enlèvement des deux soldats de Tsahal a été le déclencheur d’une action israélienne au Liban qui cherche, derrière l’objectif affiché de désarmement du Hezbollah, la sécurité face à un Etat iranien agressif et désormais à ses portes. Antoine Sfeir explique que l’Iran « cherche depuis le début des années 90 à construire une géopolitique chiite au Moyen Orient, ce qui ne s’est pas vu depuis le 10ème siècle. » Il s’agit d’un élément important dans cette crise. Les gouvernements égyptien et saoudien, sunnites, ne soutiennent pas ouvertement le Hezbollah. Antoine Sfeir met d’ailleurs en garde contre les amalgames, en distinguant clairement les dossiers libanais et palestiniens : « Aucune coordination n’est envisageable entre le Hamas et le Hezbollah, qui se vouent une haine de notoriété publique. »

Ehud Olmert, premier ministre israélien, retranscrit ce sentiment face à l’Iran dans un entretien publié dans le Monde du vendredi 4 août : « Lorsque j’entends le président de l’Iran dire qu’il faut rayer Israël de la carte, et lorsque je vois ses efforts pour obtenir des armes nucléaires, je ne vois pas très bien la stabilisation qu’il apporte. » Reliant les questions de la guerre au Liban et de la crise du nucléaire avec l’Iran, Olmert semble dévoiler la véritable crainte, plus profonde et structurelle, qui anime son gouvernement, et plus largement toue le pays : « Il ne doit pas y avoir de « troc » entre cette question [règlement du conflit au Liban], et les préoccupations que nous avons concernant la politique de l’Iran en matière d’armements non conventionnels, notamment ses efforts pour avoir des missiles balistiques stratégiques qui pourraient être dirigés contre Israël et certains pays européens. […] Les iraniens vont devoir oublier leur projet d’enrichissement d’uranium. »




Une guerre contre le Hezbollah ou contre le Liban ?


Ehud Olmert l’a répété : « nous combattons le Hezbollah, dont le bastion est au Liban Sud », « nous n’avons aucune intention d’occuper le moindre morceau de territoire ». Pourtant, la simple analyse des actions, et surtout des frappes aériennes, israéliennes conduit à mettre en doute cette affirmation. En effet, toujours selon Antoine Sfeir, de nombreux sites, ports, villages où aucun indice ne permettait de déceler la présence du Hezbollah ont été bombardés. Le politologue exprime son incompréhension face à cette stratégie « disproportionnée » et meurtrière. « Quel est le véritable objectif de l’aviation israélienne ? Pourquoi détruisent-ils les ponts, les infrastructures étatiques ? » Il parait en effet étrange qu’Israël affaiblisse à ce point le Liban alors qu’il lui faudrait un Etat libanais puissant capable d’assurer sa propre sécurité pour faire perdre au Hezbollah sa position dominatrice dans les rapports de force internes au pays et pour rejeter l’influence iranienne. Antoine Sfeir émet une hypothèse : « Est-ce le début de l’éclatement communautaire de l’Etat libanais ? » En d’autres termes, Israël chercherait-il à créer un immense désordre au Liban, entre sunnites et chiites, entre chrétiens et musulmans, entre arabes et non arabes, en partant de l’idée que le gouvernement libanais tout entier, et non pas seulement le Hezbollah, est acquis aux causes de la « résistance » et de l’Iran ? En effet, le parti de Dieu est représenté par deux ministres au sein du gouvernement libanais. Israël accuse donc le Liban de jouer le jeu du Hezbollah. Ces destructions d’infrastructures étatiques, dont on sait qu’elles n’ont rien à voir avec le parti de Dieu, seraient-elles une punition ?

Israël ne limite pas son action à la pourchasse du groupe terroriste. En effet, c’est aussi le point de vue que développe Jakob Kellenberger, président du comité international de la Croix Rouge, dans une lettre ouverte publiée par le journal suisse NZZ am Sonntag : la guerre est interétatique, elle oppose Israël et le Liban. Kellenberger justifie son point de vue en soulignant que Tsahal effectue ses opérations sur le sol libanais sans le consentement du gouvernement de Fouad Siniora. De plus, le blocus maritime et aérien imposé par Israël ne touche pas seulement le Hezbollah mais tout le peuple libanais et remet en cause la liberté et l’indépendance de l’Etat libanais. Si on ajoute à cela la mort de plus d’un millier de civils depuis le début du conflit, en majorité libanais, on ne s’étonne plus de voir fuser les critiques d’observateurs internationaux qui reprochent à Israël de ne pas respecter le droit international humanitaire (c’est d’ailleurs le cas de Jakob Kellenberger) ni la convention de Genève. La vision de Kellenberger est lourde de conséquences. En qualifiant ce conflit d’interétatique, le président du comité international de la Croix Rouge légitime le Hezbollah comme force de défense du Liban, ce que la milice recherche clairement.




Entre guérilla et guerre médiatique : Israël s’enlise


Après presque 30 jours de conflit l’intervention s'apparente à un échec. Sur le plan strictement militaire, les armements ultra-modernes américains et la guerre aérienne de haute technologie ne donnent que de maigres résultats contre une milice organisée en petits groupes mobiles, discrets, bien armés. Face à une guérilla, la guerre technologique est inefficace. Par ailleurs, on a pu lire dans les médias qu’Israël aurait cherché au début à soulever le peuple libanais contre le Hezbollah, en rendant ce dernier responsable de la forte réaction israélienne. Mais cette guerre là, la guerre de l’image, est d’ores et déjà perdue pour Israël. La médiatisation du conflit a créé un mouvement de sympathie pour la cause du Hezbollah non seulement parmi le peuple libanais, mais plus largement dans tout le Moyen Orient. Aux yeux de la communauté internationale, comme en témoigne le traitement de la guerre par les médias français, Israël passe désormais pour un « Goliath ». Or le temps joue clairement en faveur du Hezbollah, qui multiplie les interventions médiatiques pour témoigner de la « victoire de la résistance » et ainsi se moquer de la puissante Tsahal : « L’ennemi n’a réalisé aucun objectif militaire. » « Tout ce qu’il a pu faire, c’est détruire l’infrastructure du pays. Ce ne sont pas des réalisations militaires, c’est de la sauvagerie. » a déclaré Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah.

Conscient que la guerre ne se joue pas seulement sur le terrain, le gouvernement israélien n’a d’autre choix que de s’enfoncer dans une logique destructrice, tout en affirmant haut et fort sa supériorité : « Jamais […] un combat contre une organisation terroriste n’aura été aussi efficace que le notre » selon Ehud Olmert. Dernièrement, l’armée a multiplié ses effectifs au sol dans le sud Liban, déployant plus de 15 000 soldats, alors que le discours israélien se fait toujours plus ferme : pour le premier ministre israélien « il n’y a pas de limite » à l’offensive. Pendant ce temps, les roquettes du Hezbollah frappent toujours plus loin dans les terres israéliennes, témoignant de la force de frappe et de la détermination du parti de Dieu. Alors que la communauté internationale avance lentement, le règlement du conflit n’est pas pour demain.
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Vieux 23/08/2006, 01h40
Francis Rozange
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Article illisible. Trop de répétitions, titres peu judicieux, mauvaise hiérarchisation des informations.

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« Une drôle de guerre » pour Israël
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Vieux 23/08/2006, 18h00
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Redoutant l’Iran, Israël s’enlise au Liban



Au cœur d’un conflit complexe où se mélangent intérêts géopolitiques régionaux, fanatisme religieux et faiblesse étatique libanaise, Israël s’enlise dans une guerre contre le Hezbollah qu’elle ne maîtrise plus.



« Acte de guerre »


Le 12 juillet, un raid envoyé par le Hezbollah à la frontière israélo-libanaise a fait huit morts et deux prisonniers parmi Tsahal. Cet acte a déclenché un conflit qui en est aujourd’hui à son 28ème jour. Le parti de Dieu a demandé la libération de nombreux prisonniers libanais en échange des deux otages. Le gouvernement israélien dirigé par Ehud Olmert a refusé de négocier et accusé le Liban de s’être livré à « un acte de guerre ». Depuis les bombardements israéliens répondent aux tirs de roquettes du Hezbollah, conduisant à un bilan déjà lourd de plus d’un millier de victimes.



« Désarmer le bras armé de l’Iran » Tzippi Livni, ministre des affaires étrangères israélien


La justification juridique de l’action israélienne est le non respect de la résolution 1559 du conseil de sécurité de l’ONU, adoptée le 2 septembre 2004, qui « demande que toutes les milices libanaises et non libanaises soient dissoutes et désarmées ». Pourtant le Hezbollah a toujours conservé son appareil militaire. Selon Antoine Sfeir, franco-libanais et directeur des cahiers de l’Orient, répondant à une interview donnée le 24 juillet sur RMC, cette situation devenait insoutenable pour Israël, qui « voyait l’armement du Hezbollah devenir de plus en plus inquiétant » sur sa frontière nord.

En effet, le parti de Dieu est soutenu par l’Iran à hauteur de « 70 à 100 millions de dollars par an », « bien plus que le budget militaire libanais » souligne-t-il. Ainsi, le Liban est dans l’incapacité de désarmer la milice, qui en plus jouit du soutien politique de Damas et de Téhéran. Conscient du danger que représente l’Iran, dont le président Ahmadinejad a plusieurs fois exprimé la volonté de voir la « disparition du régime sioniste », l’enlèvement des deux soldats de Tsahal a été le déclencheur d’une action israélienne de grande ampleur qui cherche, derrière l’objectif affiché de désarmement de la milice libanaise, la sécurité face à un Etat iranien agressif et désormais à ses portes. Antoine Sfeir explique que l’Iran « cherche depuis le début des années 90 à construire une géopolitique chiite au Moyen Orient, ce qui ne s’est pas vu depuis le 10ème siècle. »

« Lorsque j’entends le président de l’Iran dire qu’il faut rayer Israël de la carte, et lorsque je vois ses efforts pour obtenir des armes nucléaires, je ne vois pas très bien la stabilisation qu’il apporte. » Cette déclaration d’Ehud Olmert retranscrit le sentiment d’Israël à l’égard de l’Iran. Reliant les questions de la guerre au Liban et de la crise du nucléaire avec Téhéran, Olmert semble dévoiler la véritable crainte, plus profonde et structurelle, qui anime son gouvernement, et plus largement tout le pays : « Il ne doit pas y avoir de « troc » entre cette question [ndlr : règlement du conflit au Liban], et les préoccupations que nous avons concernant la politique de l’Iran en matière d’armements non conventionnels, notamment ses efforts pour avoir des missiles balistiques stratégiques qui pourraient être dirigés contre Israël et certains pays européens. […] Les iraniens vont devoir oublier leur projet d’enrichissement d’uranium. » Israël, qui se trouve en première ligne face à l’Iran, redoute que ce dernier développe un arsenal nucléaire.




Lorsqu’Israël attaque le Hezbollah, c’est le Liban qui est détruit


« Nous combattons le Hezbollah, dont le bastion est au Liban Sud », « nous n’avons aucune intention d’occuper le moindre morceau de territoire ». Pourtant, la simple analyse des opérations, et surtout des frappes aériennes, israéliennes conduit à mettre en doute cette affirmation du premier ministre israélien. En effet de nombreux sites, ports, villages où aucun indice ne permettait de déceler la présence du Hezbollah ont été bombardés. Le politologue exprime son incompréhension face à cette stratégie « disproportionnée » et meurtrière. « Quel est le véritable objectif de l’aviation israélienne ? Pourquoi détruisent-ils les ponts, les infrastructures étatiques ? » Il parait étrange qu’Israël affaiblisse à ce point le pays du cèdre alors qu’un Etat libanais puissant capable d’assurer sa propre sécurité servirait aussi les intérêts israéliens. En effet, le Hezbollah y perdrait sa position hégémonique dans les rapports de force internes au pays, et le Liban serait en mesure de rejeter l’influence iranienne.

« Est-ce le début de l’éclatement communautaire de l’Etat libanais ? » L’explication proposée par Antoine Sfeir sous-entend qu’Israël chercherait à créer un immense désordre au Liban, entre sunnites et chiites, entre chrétiens et musulmans, entre arabes et non arabes, en partant de l’idée que le gouvernement libanais tout entier, et non pas seulement le Hezbollah, est acquis aux causes de la « résistance » et de Téhéran. Le parti de Dieu est représenté par deux ministres au sein du gouvernement de Beyrouth. Israël accuse donc le Liban de jouer le jeu du Hezbollah. Ces destructions d’infrastructures étatiques, dont on sait qu’elles n’ont rien à voir avec le parti de Dieu, seraient-elles une punition ?

Tsahal ne limite pas son action à la pourchasse du groupe terroriste. Pour Jakob Kellenberger, président du comité international de la Croix Rouge, la guerre est interétatique, elle oppose Israël et le Liban. Kellenberger justifie ses propos dans le journal suisse NZZ am Sonntag en soulignant que Tsahal effectue ses opérations sur le sol libanais sans le consentement du gouvernement de Fouad Siniora. De plus, le blocus maritime et aérien imposé par Israël ne touche pas seulement le Hezbollah mais tout le peuple libanais et remet en cause la liberté et l’indépendance du pays du cèdre. Si on ajoute à cela la mort de plus d’un millier de civils depuis le début du conflit, en majorité libanais, on ne s’étonne plus de voir fuser les critiques d’observateurs internationaux qui reprochent à Israël de ne pas respecter le droit international humanitaire (c’est d’ailleurs le cas de Jakob Kellenberger) ni la convention de Genève. La vision de Kellenberger est lourde de conséquences. En qualifiant ce conflit d’interétatique, le président du comité international de la Croix Rouge légitime le Hezbollah comme force de défense du Liban, ce que le parti de Nasrallah recherche clairement. La « milice terroriste » se transforme alors en « mouvement de résistance ».




Le pays de David passe pour Goliath


Après 30 jours de conflit l’intervention s’apparente à un échec. Sur le plan strictement militaire, les armements ultramodernes américains et les frappes aériennes ne donnent que de maigres résultats contre une milice organisée en petits groupes mobiles, discrets, bien armés et connaissant parfaitement le terrain. Face à une guérilla, la guerre technologique est inefficace.

Par ailleurs, le temps joue clairement en faveur du Hezbollah, qui multiplie les interventions médiatiques pour témoigner de la « victoire de la résistance » et ainsi se moquer de la puissante Tsahal : « L’ennemi n’a réalisé aucun objectif militaire. » « Tout ce qu’il a pu faire, c’est détruire l’infrastructure du pays. Ce ne sont pas des réalisations militaires, c’est de la sauvagerie. » a déclaré Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah. Le terme de « sauvagerie » est symptomatique de l’image renvoyée par Israël dans ce conflit. Aux yeux de la communauté internationale, comme en témoigne le traitement de la guerre par les médias français, Israël passe désormais pour un « Goliath ». On a pu lire dans les médias qu’Israël aurait cherché au début à soulever le peuple libanais contre le Hezbollah, en le rendant responsable de la forte réaction de Tsahal. Mais cette guerre là, la guerre de l’image, est d’ores et déjà perdue. La médiatisation du conflit a créé un mouvement de sympathie pour la cause de la « résistance » non seulement au sein du peuple libanais, mais plus largement dans tout le Moyen Orient.

« Jamais […] un combat contre une organisation terroriste n’aura été aussi efficace que le notre » selon Ehud Olmert. Conscient que la guerre ne se joue pas seulement sur le terrain, le gouvernement israélien n’a d’autre choix que de s’enfoncer dans une logique destructrice, tout en affirmant haut et fort sa supériorité. Dernièrement, l’armée a multiplié ses effectifs au sol dans le sud Liban, déployant plus de 15 000 soldats, alors que le discours se fait plus ferme : pour le premier ministre israélien « il n’y a pas de limite » à l’offensive. Pendant ce temps, les roquettes du Hezbollah frappent toujours plus loin dans les terres israéliennes, témoignant de la force et de la détermination de la « résistance ». Alors que la communauté internationale avance lentement, le règlement du conflit n’est pas pour demain.
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