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Vieux 25/08/2006, 02h56
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Date d'inscription: juillet 2006
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Par défaut rentrée politique stratégique pour les éléphants du PS

Rentrée politique stratégique chez les éléphants du parti socialiste



Face à Ségolène Royal, plébiscitée par les sondages, les éléphants se concurrencent sur la scène médiatique pour arriver en position de force à l’université d’été du parti. Les stratégies se dévoilent.



Ségolène Royal veut être la rassembleuse des socialistes

Ségolène Royal a assumé son rôle de favorite pour les primaires socialistes. Lors de la fête de la Rose, elle a donné le coup d’envoi de la rentrée politique par un discours se voulant rassembleur. Elle a affirmé son appartenance à la « lignée mitterrandienne ». En tentant de revêtir l’héritage du mitterrandisme qui pourrait lui apporter la légitimité dont elle a besoin pour s’imposer comme candidate « évidente » du PS, elle reprend les valeurs chères à l’ancien chef de l’Etat : « le courage », « le devoir d’unité » ou encore « la nécessité de révolutions au sens de changement profond ».

Profitant de l’avantage que lui donnent le sondages, elle se présente comme la rassembleuse d’un parti divisé : « nous avons le devoir d’assurer l’unité des socialistes dans le respect de cette diversité et le rassemblement de la gauche » dans le but de « convaincre et entraîner les français ».

Enfin, elle répond aux critiques qui la jugent inexpérimentée : « j’entends dire ça et là qu’il faudrait pour diriger la France une expérience que très peu possèdent ici-bas. Mais cela ne suffit pas. Je sais surtout que ce qui compte c’est la capacité à mobiliser l’expérience collective… »




Jack Lang et Dominique Strauss-Kahn : deux stratégies différentes

Ses concurrents directs n’ont pas tardé à se manifester. Jack Lang et Dominique Strauss-Kahn, qui se démènent pour exister malgré les sondages qui font d’eux des outsiders, ont vivement réagi aux propos de François Rebsamen, numéro 2 du PS, qui en appelle à leur désistement : « la mieux placée c’est Ségolène Royal. Donc je regarde cela et j’appelle Dominique et Jack à se retirer. » Dans une lettre ouverte enflammée à François Hollande, Jack Lang dénonce la « fatwa à l’égard des camarades », remettant en cause la légitimité de celui qui a tenu ces propos, alors que « sa responsabilité actuelle lui impose des devoirs particuliers ». DSK, adoptant une stratégie différente, a décidé d’ignorer cette déclaration, laissant le soin à l’une de ses proches, Michèle Sabban, de répondre : « Je suis véritablement outrée par ces propos » s’indigne-t-elle. « Je critique le fait que c’est un véritable déni de démocratie ».

Jack Lang part seul au front, et semble par conséquent manquer de soutien parmi les cadres du PS. Le député du Pas-de-Calais compense en soulignant l’appui populaire dont il bénéficie, au risque de déformer la réalité : affirmant il y a quelques jours que « 50 000 jeunes […] criaient « Jack président ! » » au festival des vieilles charrues, il a ensuite été contraint de revenir sur sa déclaration qui « était à lire comme un raccourci de l’enthousiasme qui l’a accompagné toute cette journée. »

A l’inverse, DSK joue en équipe. Alors qu’il publiait dans le Monde daté du 24 août un article présentant les quatre grands axes de son projet : la réforme du modèle social, la préparation de « l’après pétrole », le renforcement du Parlement et la réaffirmation de l’européanisme ; l’ancien ministre de l’économie envoie l’un de ses fidèles, Pierre Moscovici, pour concurrencer Laurent Fabius et Jack Lang sur les plateaux de télévisions.




Laurent Fabius se dit « offensif et serein »

Laurent Fabius adopte une tactique plus agressive, résolu à chercher l’opposition frontale avec Ségolène Royal. Lorsque Jean Luc Mélenchon, son principal soutien, qualifie le discours de Frangy-en-Bresse de « creux », l’ancien premier ministre enfonce le clou : « J’en ai un peu assez de ces généralités parfois sympathiques, parfois antipathiques. ». Il déclare : « Ce qui m’intéresse, c’est les positions de fond. » Revendiquant une ligne concrète, il présente une liste de sept engagements, dont la première mesure serait un coup de pouce au SMIC : « Si je suis investi, la première décision du nouveau gouvernement sera d’augmenter le SMIC de 100 euros. » S’ajoutent à cette liste « une prime de transport » donnée aux salariés pour compenser la hausse des prix du carburant, le respect de la loi sur la construction des logements sociaux, ou encore la suppression des « modalités extravagantes des stocks-options ». Le député de Seine Maritime se dit « offensif et serein », sûr du projet « ancré à gauche » qu’il défend.



« Moi, je me feutre »

Lionel Jospin s’est lancé dans une stratégie « feutré[e] » qui ne trompe plus personne. Rappelant sans cesse qu’il est « disponible » si « on a besoin » de lui, il invoque indirectement sa qualité de leader historique et expérimenté du parti en soulignant le manque de légitimité des autres candidats à l’investiture : alors que le candidat naturel se distinguait lors des précédentes élections, « on ne sait pas qui peut incarner ce leadership » pour 2007. « Quelque chose ne s’est pas fait. » dit-il de manière énigmatique.

Exaspéré par les références de Ségolène Royal à François Mitterrand, il précise que ce dernier « n’était pas le leader parce que cela lui avait été religieusement confié. » Espérant dans un premier temps qu’on le rappelle (le texte signé par 10 cadres du parti socialiste publié dans la presse au mois de juillet allait dans ce sens), il continue de s’intéresser au débat des primaires en conservant une posture d’observateur, et non d’acteur et en laissant planer le doute sur une éventuelle candidature. Précisant qu’ « on a encore le temps » avant que les militants ne se décident, l’ancien premier ministre laisse les éléphants s’affronter et attend son heure.




François Hollande n’est pas hors course

Enfin, François Hollande, assumant le statut neutre de premier secrétaire tout au long de cette pré campagne, n’exclut toutefois pas sa candidature : « Je déciderai, le moment venu, d’être candidat ou pas. » Il est resté dans son rôle d’arbitre cette semaine, en calmant les velléités des uns et des autres. Il a demandé que soit respectées « les personnes, sans dénigrement, sans abaissement et sans disqualification » durant la campagne, et a rappelé qu’il n’avait pas « à ce stade, à encourager ou à soutenir qui que ce soit. »

Cependant, il répond à Lionel Jospin en soulignant que « [S]a légitimité est celle du premier secrétaire élu par le suffrage des militants lors de quatre congrès successifs. C’est aussi d’avoir conduit les socialistes lors des dernières échéances électorales, d’avoir été le garant de leur unité depuis neuf ans.» Une candidature Hollande à l’investiture présidentielle du parti socialiste n’est donc pas à exclure. L’université d’été du parti qui débute en fin de semaine à la Rochelle promet d’être pimentée.
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Vieux 03/09/2006, 13h39
Francis Rozange
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Vous n'avez pas corrigé l'article comme cela avait été pourtant convenu.
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