01 aoû, 2010
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melancholia aymeric hainauxMelancholia est la deuxième incursion d'un jeune auteur dans le monde fabuleux de la bande dessinée. Ce projet, paru en décembre dernier, auto-édité et tiré à seulement mille exemplaires, retrace le voyage d'un jeune couple le long des côtes bretonnes vers sa pointe occidentale. Rien de très exotique ni de spectaculaire donc. A l'intérieur de ce récit s'en immisce un second à travers l'évocation d'un récent voyage, ou plutôt pèlerinage, sur le lieu de vacances passées. Sur eux plane le souvenir douloureux du mystérieux Sam.

On ignore tout de ces personnages. Il ne se passe rien, si ce n'est les gestes du quotidien et les rencontres d'un périple ordinaire : faire du thé, échanger trois phrases avec l'autochtone, regarder la mer, faire du vélo. Au cours de ces pérégrinations, leurs sens provoquent progressivement les réminiscences du voyage passé.

Le seul ressort dramatique est tout entier contenu dans l'obsession et les interrogations autour de ce troisième personnage, absent, et dont le sort dévoilé dans les dernières pages explique l'errance du couple. La forme de ce récit, toute proportion gardée, serait à la bande dessinée l'équivalent du road movie au cinéma : des personnages en quête de sens, fuyant un passé qui en est dépourvu.

Les paroles sont rares, et quand elles sont, elles hésitent. L'inexpressivité et la naïveté contemplative des deux « héros », frisant la mollesse, agacent un tantinet. Paradoxalement, leur dessin noir sur blanc, est agressif, griffe, incise la page blanche pour manifester leur présence. Hainaux les perd dans l'immensité du paysage, et rappelle son thème de prédilection autour duquel se construisait son premier album, Les Passeurs, paru il y a trois ans. Ici, la fuite a aussi lieu à travers l'espace de la feuille, du monde. Mais le talent de Hainaux est d'abord sa capacité à observer la nature. Il se révèle alors un excellent botaniste et ornithologue en réalisant un tableau tout en finesse, qui tend à rendre l'environnement plus attachant que l'homme, égaré dans son immensité. Peut être peut-on y voir un indice pour expliquer ce vagabondage : la Nature serait une consolation face à une béance insondable, à une humeur triste et vague qui a posé son voile sur l'esprit. Face à la bile noire qui s'écoule.

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Written by :
aurèle
 
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