Cultures - Livres Domaine francophone
Florian
Zeller se glisse dans la peau de Julien Parme : un ado
de 14 ans bête, antipathique, qui s’espère grand écrivain et à qui il n’arrive
rien d’intéressant dans la vie mais le raconte quand même. Force est de
reconnaitre que Florian
Zeller se montre parfaitement crédible dans ce rôle de fausse
composition. C’est hélas le seul mérite
de ce livre catastrophique.
Et pourtant non, Julien Parme est vraisemblablement le plus mauvais roman de la rentrée littéraire. L’exercice de style ? Inexistant. On en reste aux sans déconner, salaud, gros porc, putain… On préfère la langue autrement plus imaginative de la banlieue mais Julien Parme, lui, vit dans un appartement à deux pas de la tour Eiffel. Et il n’a rien à dire. Exemple (page 50) : j’ai pris une clope, que je me suis allumée en fronçant les sourcils. Sauf que cette fois, je savais pourquoi je les fronçais, les sourcils. Quant au récit... Julien Parme fugue ? 24 heures montre en main, avec mille euros en poche : il évitera l’horreur des bas-fonds. Julien Parme est amoureux ? Le pinacle de sa relation sera un baiser à la commissure des lèvres, page 156.
Mais surtout Julien Parme est débile, tellement débile que cela en devient presque insultant pour les ados. Julien Parme, qui est si bon en français, tente d’impressionner son professeur en parlant d’une (imaginaire) réunion d’écrivains au sujet de l’œuvre de KafkaF. C’est censé faire rire, de confondre Kafka et Kafkaf. Julien parme encore : « son père travaille en Tunisie, et pourquoi pas au Maghreb tant qu’on y est ? ».
Presque insultant donc, mais le public de Florian Zeller étant précisément composé d’ados, ils sont invités à rire et se moquer de cet idiot de Julien Parme qui n’a rien à dire, et de se sentir ainsi tellement plus intelligent que lui. « Ah ah ! T’as raison Florian, on a le même dans ma classe, c’est super-réussi ton portrait ! ».
Et puis non, on abdique. Parce ce que Florian Zeller, de par sa nullité, résiste à tout critique : Florian Zeller, c’est le téflon de la littérature contemporaine : ça glisse sans attacher, c’est froid et c’est plat, avec une belle coiffure blonde en prime. Voilà, c’est dit : Florian Zeller a autant de talent qu’une poêle à frire. Si vous aimez les confessions d’ados, lisez plutôt les blogs : c’est bien mieux écrit et intéressant.
- Editeur : Flammarion (18 Août 2006)
- Prix : 17€
- ISBN: 2080688960
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