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Malte n'a pas la réputation d'être une terre d’accueil facile pour les migrants venus d'Afrique. De nombreuses organisations humanitaires se sont insurgées par le passé contre les conditions de détention des personnes échouées sur ses côtes.

Depuis le 1er janvier 2017, Son gouvernement assure la présidence tournante de l'UE et prend cette charge très au sérieux. Il s’est engagé à œuvrer avec énergie pour la protection des frontières européennes et depuis, un violent vent d'insécurité souffle sur la communauté des demandeurs d'asile venus d'Afrique.

Nous avons rencontré Alec Douglas Bvumburah de nationalités zimbabwéenne et britannique, Banquier de formation, aujourd'hui activiste des droits humains et fondateur de CCIF (Cross Culture International Founadtion), une ONG basée à Malte depuis 2012 qui lutte contre toutes formes de trafics humains et promeut des échanges culturels Nord/ Sud.


 

Le quotidien se fait de plus en plus difficile pour les Africains en Europe. Vous êtes d'ailleurs signataire d'une pétition adressée au Ministre Maltais de l'Intérieur demandant la libération de neuf Maliens actuellement détenus par l'immigration et condamnés au rapatriement. Malgré cette hostilité affichée, de nombreux jeunes restés sur le continent ne rêvent que de partir. Que leur dites-vous?

La meilleure forme d'immigration est celle qui se fait par des voies sécurisées ; une bourse d’Études ou un contrat de travail obtenu depuis l'Afrique. Ces opportunités ne sont pas nombreuses mais elles existent. Cependant, la solution est de créer des opportunités sur place. CCIF a ouvert ses bureaux à Malte et à Chypre pour nos projets européens, mais au vu de la tragédie à laquelle nous avons assisté l'année dernière avec des milliers de personnes noyées en mer, nous avons pensé à apporter notre contribution pour l'amélioration des conditions de vie locale, c'est ainsi que nous sommes sur le chantier de l'ouverture d'un bureau au Zimbabwe, et notre futur projet immédiat concerne le Nigeria.

 

 Comment êtes-vous arrivé à Malte?

J'ai bénéficié d'une “voie sécurisée”. Je suis allée en Angleterre pour études. Là, j'ai obtenu un MBA en Marketing et j'ai commencé à travailler pour la HSBC qui m'a ensuite affecté dans sa filiale de Malte. Ici, j'ai découvert une communauté souffrante, j'ai particulièrement été touché par l'histoire de deux jeunes Nigérianes menant une vie si misérable que l'idée de l'ONG a commencé à germer en moi.

Maltesische EU Ratspräsidentschaft 2017 Logo

 

Malte assure depuis le début d'année la présidence de L'UE et les autorités du pays ont été claires dans leurs intentions d'aligner leur politique migratoire sur celle de la plupart des pays de la zone Schengen. Neuf demandeurs d'asile Maliens en font les frais en ce moment ; par ailleurs, le discours haineux sur les médias sociaux est totalement décomplexé. Très souvent, les bus ne s’arrêtent pas pour prendre des Noirs, l'accès aux Night Club leur est souvent refusé, Un homme d'affaire Noir Américain a décidé il y a un mois de quitter le pays, dégoûté par l'esprit ambiant ...Dans ces conditions, une famille africaine peut-elle vivre heureuse à Malte?

Oui, moi je vis ici avec ma femme et mes enfants et je suis heureux. Je reconnais que la réalité que vous venez de décrire existe bien, parfois on a l'impression ici d'être à l'âge de pierre ; mais c'est la persévérance qui ouvre les cœurs des gens. Mon ONG a un projet qui s'appelle « Malta Sharing Diversity » qui promeut des échanges de nourritures, de styles vestimentaires, de musiques entre différentes communautés. Grâce à ce projet, j'ai vu la mutation positive de l'opinion des Maltais sur les Africains. Quand les gens voient que tu travailles dur, ils t'aident. Du coup beaucoup me disent: « je n'aime pas les migrants, mais avec toi je peux travailler. » Un éditeur s'est offert d’imprimer tous mes documents concernant mon projet «Stop Human Traficking». Un autre me verse mensuellement un don de 500 euros... Grâce au travail que je fais pour mixer les communautés, je réussis même à trouver des opportunités de travail pour les Maltais.

eboueur

 

 L'image négative qui colle aux réfugiés en général semble s'être focalisée sur les personnes noires. Des études ont revelé que la majorités des Noirs ici sont des Africains  qui font tous les sales boulots, parlent à peine anglais, envoient toutes leurs économies au pays et semblent indifférents à toute forme d’Éducation. Y voyez-vous un lien?

Peut-être. Un autre projet que j'ai crée en partenariat avec une ONG sœur s'appelle STEP UP. C'est un cours gratuit d'auto-entreprenariat dans lequel nous aidons les participants à créer un business plan à partir d'un talent que nous aurons identifié en eux. Pas besoin d'avoir de grands diplômes pour cela, c’est un cours qui a été pensé par de grandes Universités Européennes. Malheureusement, beaucoup de “frères” ne viennent pas aux cours, ils préfèrent garder leurs jobs pénibles afin de soutenir économiquement la famille restée au pays.

 

 Que pensez-vous de cette pratique? N'est-il pas mieux de réserver cet argent pour se payer une bonne éducation qui leur assurerait un futur meilleur pour eux et pour leur famille?

Je dois dire que j’approuve en partie cette pratique, car moi-même j'envoie tous les mois de l'argent à la famille. Nous avons une culture de solidarité en Afrique que nous chérissons. Mais cela est louable seulement pour ceux qui peuvent se le permettre, il n'est conseillé à personne de se tuer à la tâche pour aider une famille qui n'a souvent aucune idée de la difficulté de gagner cet argent.

 

Autre à votre travail avec CCIF, vous dirigez une petite congrégation Chrétienne. Comment cela se fait-il ?

Je suis aussi Pasteur. Je considère que la foi va au delà des chants et de la lecture de la Bible. Loin de moi l'idée d'attaquer les Catholiques, mais la réalité nous démontre ce qu'il en est. « Hope Church Malta » est une petite communauté qui regroupe une quarantaine de personnes dédiées à l'aide au prochain. Nous visitons de vieilles personnes, nous organisons des bancs alimentaires, nous habillons les nécessiteux. Parfois tout cela se fait sans prononcer le nom de Jésus ; tout est dans les actes. J'ai été inspiré par le film «Pay it forward» (en français « un monde meilleur », avec Kevin Spacey.ndl). La bonté qu'on a en nous doit être partagée comme une chaîne. Quelqu’un fit du bien pur moi, et moi je fais du bien à quelqu’un d'autre, ainsi de suite. J'aimerais presser de mon vivant toute la bonté qui est en moi de sorte qu'il n'en reste rien à ma mort. C'est l'héritage que j'aimerais laisser, c'est ainsi que j'aimerais qu'on se souvienne de moi plus tard.

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