Search - Minitek Discussions
Search - EasyDiscuss
Search - Ignite Gallery
Search - Categories
Search - Contacts
Search - Content
Search - News Feeds
Search - Web Links
Search - Tags
Search - Easy Blog

Niksamer : le bédo (quotidien)

Niksamer : le bédo (quotidien)

Venant de la présidente de Au pire on fume un oinj et on voit., j'ai conscience que ce niksamer le bédo puisse paraître étrange, incongru voire mal venu... Et pourtant ?! Qui pourrait vous parler mieux de la prison qu'un prisonnier ?

Pour vous résumer mon parcours, c'est assez simple : j'ai commencé à bédave vers 14 ans (c'est si jeune je sais) parce que j'avais commencé à fumer des clopes pour faire ma grande ; j'ai par la suite été attirée par le joint, l'alcool et le sexe ; inéluctable trinité. Depuis que j'étais enfant, j'avais des insomnies qui se sont solutionnées avec le cannabis. Je trouvais ce produit merveilleux, on passait des après-midi à fumer avec mes copines, on vidait des pots de nutella, des packs de kinder, des bouteilles de soda et on riait, on riait, qu'est-ce qu'on riait. Je me souviens même d'une fois où une de mes copines s'est pissé dessus parce qu'elle était trop défoncée. J'en ris encore d'ailleurs. L'adolescence, quelle période faste de stupidité.

Aujourd'hui j'ai 25 ans, et pendant dix années entières, j'ai fumé quasiment quotidiennement. On peut même dire que j'ai fumé au moins un joint par jour pendant 10 ans étant donné qu'il m'est arrivé de passer des journées à me coller une demi-dizaine de bédos si ce n'est plus. Et je vais vous dire pourquoi le bédo c'est de la grosse merde et particulièrement lorsqu'il est consommé quotidiennement.

Donc déjà je me demande comment c'est possible que je ne ressemble pas à une saison entière de walking dead en ayant fumé autant de temps. Mais franchement, plus je fumais et plus ça me rendait amorphe. Quand j'étais plus jeune j'arrivais à bédave tout en ayant une vie sociale active, j'arrivais même à taper soirée jusqu'à pas d'heures. Aujourd'hui c'est juste impossible, je fume un bédo je suis morte jusqu'au lendemain. C'est simple, désormais, quand je fume, je deviens un espèce de zombie aphasique : mes yeux se brident et se cernent, mon regard devient vitreux, ma bouche s'assèche au point de vider 4 lites d'eau en une soirée, les pores de ma peau se dilatent, mes cheveux s'aplatissent et mon âme se vide de toute substance vital pour ne laisser qu'un corps inhabité sinon par la défonce.

Si je roule un joint dès le matin, c'est sur que ma journée est définitivement foutue. Ce cercle vicieux ou tu viens de finir ton premier méga de la journée, tu es déjà dans un état lymphatique absolu mais sans trop comprendre pourquoi, tu en roules un autre ! Et ouais !!! La weed ça rend pas qu'à moitié con. Finalement, ta journée ressemble plus ou moins à du fumage de joint à la chaîne, tes seules pauses ont été : aller pisser (beaucoup parce que tu bois beaucoup), descendre à l'épicerie d'en bas pour t'acheter des bonnes merdes industrielles à manger - t'as pas cru que j'allais me faire de la cuisine bio avec 4g de thc dans le sans quand-même ?! Il est déjà 22h, ça fait 10 heures que t'es levé, t'as presque pas bougé de ton lit dont le pourtour est bordé d'emballages de cochonneries en tous genres : chips, gâteaux, cornichons, céréales, tout y passe même le sachet de pruneau d'Agen ramené par ta grand-mère il y a deux mois et dont tu t'étais dit "putain jamais je boufferai cette merde !" et si, sisi. Merci qui ? Merci le bédo ! Bref, t'as maté des pornos toute la journée, tu sais pas trop comment t'as fini par regarder des pornos transexuels mais avant ça t'es quand même passé par des orgies interraciales, des plan à trois en catsuits alors qu'à la base, tu voulais juste mater un petit amateur hétéro en duo, un truc soft. Sauf que le bédo accouplé aux sites pornos, c'est un engrenage de perversion dont on ne sort que par le sommeil. Tu t'es branlé toute la journée putain à un tel point que t'as mal aux parties intimes ; comme si toute l'énergie que tu avais en ta possession s'était concentrée exclusivement dans ton poignet pour délaisser le reste de ton corps. D'autant que le bédo accentue une sexualité auto-centrée en dépit d'une véritable sexualité accomplie.

Ton téléphone sonne, c'est tes potes qui veulent te voir mais comme t'es trop défoncé t'as la flemme de tout, de parler, de sortir, de voir du monde et même décrocher au téléphone c'est trop dur. Alors que tu observes ton téléphone sonner, mobilisant ce qu'il te reste de force pour passer en mode silencieux l'appel dérangeant que tu reçois. Tu ne renvoies même pas de sms pour signaler l'état cotonneux dans lequel tu te trouves. Demain, demain, on verra tout demain. De toute façon le monde est trop merdique pour l'affronter, autant rester chez soi et le fuir en fumant c'est plus marrant.

Le lendemain matin, t'es encore trop défoncé du coup t'en refumes un. Logique. Ainsi recommence une journée sensiblement similaire à la veille. Et voilà comment niquer un week end. T'arrives au travail ou à la fac le lundi matin, t'es encore aussi stone que ce monde. Tu sens qu'entre tes neurones, les informations se transmettent avec autant de rapidité que la sncf offre un service de qualité. Et là tu te questionnes : attends mais c'est ça ma vie en fait ? Je travaille la semaine et je bédave le week end. D'ailleurs comment je fais pour avoir encore des amis, j'ai tout fait passer avant eux : le taf, le sport, mes passions et surtout, SURTOUT la weed. Tu te dis que tu dois vraiment être quelqu'un de génial pour avoir encore des potes en leur ayant mis autant de plans. Or un jour vient où tu te réveilles, les fleurs bourgeonnent tout comme ta vie sociale. Tu reprends contact avec tes potes que t'as trop mis en standby, sauf que cette fois-ci c'est eux qui te répondent pas. Et là tu te sens bien con ! Tu dois redoubler d'efforts de harcèlements pour montrer à tes amis à quel point tu les aimes plus que la beuh.

En outre, plus le temps passe et plus le bédo me rend parano. Mais parano d'une façon étrange genre j'ai des potes ils ont l'impression que tout le monde crame qu'ils viennent de fumer. Moi non, ça me rend dysmorphophobique. DysmoprhoQUOI ?! Je vous entends déjà... La dysmorphophobie c'est la phobie de son image et comme toute phobie est elle absolument irrationnelle. Donc voilà quand je fume j'ai l'impression d'être monstrueusement moche et que les gens ne voient que ça. Dans les transports en commun c'est le pire de tout, je me sens tellement moche que j'ai envie d'enfiler un sac poubelle sur la tête et pire, j'ai l'impression que tout le monde me regarde et se dit "mon dieu mais qu'elle est laide !". Alors que concrètement, quand je n'ai pas bédave je me trouve plutôt mignonne. Et la paranoïa, ça n'aide pas vraiment à s'épanouir socialement... Ni même à s'épanouir tout court en fait.

Alors voilà, un jour j'ai dit Niksamer le bédo, je fume depuis dix ans, j'en ai marre de manquer de vivacité d'esprit, de souffle quand je fais du sport, de brider ma vie sociale et ma libido. En outre, étant fumeuse depuis la fin de l'enfance quasiment, la belle plante que je suis a poussé pour devenir adulte avec la weed en guise de tuteur ce qui signifiait que je ne savais même pas qui j'étais réellement. Je me suis dis "attends meuf t'as réussi à larguer ton ex pervers narcissique dont tu était accro, tu peux bien arrêter le bédo, tu vas pas mourir au contraire !". Et comme j'ai testé pour vous, je vous assure qu'il est possible de passer une journée à glander sans bédo et d'être encore en vie le lendemain. Wallah. J'ai aussi eu un petit problème de santé qui m'a valu une préconisation d'arrêt du cannabis. Je devais arrêter avec du lexomil, j'ai dit niksarace j'suis pas une pédale. Enfin, il y a eu l'argument financier puisqu'avant fumer ne me coûtait rien et me rapportait même jusqu'à ce que je repasse dans la catégorie des consommateurs et qu'il devienne hors de question de dépenser de nouveau du biff dans cette merde. C'est donc ainsi que j'ai cessé de fumer des clopes et des joints par la simple force de mon mental pour le plus grand bonheur de mon portefeuille, de la blancheur de mes dents et de mon acuité intellectuelle.

Et comme pour moi le bédo c'est comme les kinder, tant qu'il y en a il faut que je les bouffe, la seule solution que j'ai trouvé pour ne pas fumer c'est de ne rien avoir chez moi, ni clope ni bédo et quand par bonheur il m'arrive d'en avoir, c'est toujours en petite quantité. Toutefois, permettez-moi un petit bémol, vous ne pourrez pas arrêter sans compensation. Par exemple, en ce qui me concerne, j'ai remplacé le bédo par le rap et l'écriture (même si j'écrivais déjà avant, j'ai redoublé d'investissement dans ce domaine).

Je nuance néanmoins mes propos car j'adore toujours autant le bédo et fume au moins une fois par semaine donc : Niksamer le bédo oui, mais le bédo quotidiennement. Même si j'pourrais mettre ces 50 euros dépensés chaque mois dans quelque chose d'outrement mieux pour moi, on a tous nos vices et force m'est de croire que la bédave est le mien.

les couples qui s’embrassent dans le métro
Niksamer : les auto-likeurs et auto-commenteurs.
 

Commentaires (0)

There are no comments posted here yet

Ajouter vos commentaires

Posting comment as a guest. Sign up or login to your account.
Pièces jointes (0 / 3)
Share Your Location
Tapez le texte présenté dans l'image ci-dessous. Pas clair?

Nos journalistes

Newsletter

Au sujet de La Factory

La Factory est l'un des plus anciens webzines de la planète avec nombre de refondations au fil des années. La partie "journal' est réalisée par des ami-associés-journalistes qui se partageront les bénéfices. Vous êtes les bienvenus pour nous rejoindre, quelle que soit votre spécialité. Notre second projet ? changer le monde. La plateforme de blog, dépourvue de publicité et strictement à but non lucratif doit regrouper des milliers de bloggeurs exclusivement de gauche progressiste, du monde entier et dans toutes les langues.