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Macron et le colonialisme: les indignés sonnent creux

Macron et le colonialisme: les indignés sonnent creux

Après le foot ou presque, mais certainement avant les ragots, les séries télévisées brésiliennes, plus connues sous le nom de télénovela constituent l'épicentre des soirées familiales dans de nombreux foyers d'Afrique et d'Amérique Latine.

On suspend des célébrations comme un anniversaire ou même un mariage pour regarder la série. On repousse ou on avance l'heure des rendez-vous pour ne pas manquer un épisode. Si par un sale tour du sort; on n'a pas pu se trouver devant la télé à l'heure H, il est certain que des ongles rongés en souffriront, des touffes de cheveux seront tirées à outrance; des ouf impatients et rageurs seront émis par des bouches excédées et furieuses.

La télénovela est un spectacle à ne pas manquer et peu de personnes s'y risquent de peur de voir leur cercle social restreint de façon drastique. Il vaut mieux aimer ça pour pouvoir discuter avec des gens....

La série Avenida Brasil a tenu en haleine l'Amérique latine pendant des mois, forçant parfois la Présidente du Brésil à modifier son agenda. L'Afrique bien sûr, en digne réceptacle de la poubelle de la poubelle du monde, n'a pas échappé à cette bourrasque sud-américaine.

Des mots comme Hacienda, favelas, ont fait longtemps partie du vocabulaire de jeunes Camerounais lors de la diffusion de la série Isaura. Les hommes aiment ça car leurs épouses et leurs enfants ne leur laissent pas le choix. Ils se nourrissent donc tous sans exception au fil des soirs des trames de la vie des Isaura, Alfredo, Eduardo, Elvira….De beaux prénoms aux inflexions musicales qui disent de passions, de fièvres, d'élégance, mais aussi de punitions, de sévices, de premiers et de seconds rôles. Et le prochain épisode répétera inlassablement la même histoire, celle que les « Historiens » contemporains se donnent tant de mal à essayer d'occulter: l'histoire du second rôle qui est par définition de race noire, et de la représentation visuelle du succès, du pouvoir et de la beauté qui est par définition de race blanche.

Calixte Beyala, Écrivaine Franco-Camerounaise a conseillé à ses demi-frères Africains d'arrêter de penser au passé et de se focaliser sur l'avenir. Elle n'est pas la seule à le dire; de nombreux intellectuels de toutes les origines et de toutes les races se sont penché sur la question et sont arrivés à la même conclusion: faut arrêter de chialer ! Y'en a marre allez! C'est bon là maintenant, il est plus que temps de passer à autre chose ! Ces Historiens mutants demandent carrément aux protagonistes d'une infamie de ne pas nommer ce qui, à force de conformisme est devenu culturel; à savoir; les rôles racialement attribués.

En dehors du fait que l'Histoire est utile pour comprendre l'évolution d'une société; on pourrait même donner un certain crédit à ces apprentis-sorciers s'ils étaient écoutés par la majorité des producteurs de films et de télénovela qui attribuent « naturellement »aux Noirs les rôles de voleurs, de domestiques, de prostitués, de dealers de drogue ; et s'ils sont gentils, ils peuvent être infirmiers.

La Grande Amérique est une rare exception car ne pouvant décidément plus les écarter, décide très souvent de les ignorer. Témoin les récents Grammy Awards.

Il y'a plusieurs années, « Isaura » envahit les petits écrans du monde entier. C'est une télénovela adaptée du roman de Bernardo Guimaraes qui raconte l'histoire d'une esclave noire. Sur les écrans pourtant, le rôle de l'esclave est interprété par Lucelia Santos, une actrice blanche! Par pénurie d'actrices représentatives de la race citée dans le roman sans doute, ou plus simplement parce qu'être acteur était décidément loin de l'idéal du Noir brésilien qui revendiquait à cor et à cri son droit naturel à être subalterne.

Une parenthèse historique est nécessaire : Aux États Unis, après l'abolition de l'esclavage Abraham Lincoln fit ouvrir 4000 écoles pour l'éducation des anciens esclaves. Au Brésil, rien de tel ne fut fait et une fois les esclaves libérés en 1888,   "Sans terre, sans éducation, coupé de toute structure sociale, le Noir libre fut condamné à la misère," souligne Alain Rouquié dans Le Brésil au XXIe siècle.

Durant la crise de 1929, De nombreux Européens sont les bienvenus au Brésil avec entre autres objectifs celui de « blanchir la population » en « nettoyant le sang », car une grande nation ne pouvant décemment se construire avec une population à majorité noire.

A Rio, en 1911, le Congrès international des races annonce le « blanchiment » du Brésil d'ici un siècle… Le Brésil est un pays multi-ethnique qui selon les estimations de l'IBGE (Institut brésilien de géographie et statistiques) compte environ 204 millions d'habitants repartis comme suit : 47,7 % de blancs, 43,1 % de métis, 7,6 % de noirs et environ 2 % d'Asiatiques et d'Amérindiens. En d'autres termes, les Blancs ne sont pas majoritaires au Brésil car les métis ne sont historiquement pas considérés comme tels.

Les non-blancs représentent donc plus de la moitié de la population, soit environ 100 millions d'humains noirs ou d'origines noires ! Et pourtant, tout le cast de la série télévisée à succès « Avenida Brasil » est constitué de blancs car il est question de succès, d'argent et de pouvoir… Le couple d'acteurs formé par Tais Araujo et son mari Lazaro Ramos colorent le petit écran brésilien depuis quelques années, histoire de faire taire ces empêcheurs de tourner en rond que sont les associations de lutte contre les discriminations.

Les télénovela ne sont un divertissement que pour ceux qui en profitent socialement et financièrement. Les abonnés aux seconds rôles qui y apparaissent sont complices de la machine à lavage de cerveau qu'est l'industrie cinématographique brésilienne. Pour les populations de race noire, la télénovela est à consommer avec extrême modération, sinon carrément à bannir. Un bien meilleur cinéma existe aux États Unis et au Nigéria qui racontent d'une vraie société multiethnique.

L'Histoire sert à rendre le futur meilleur pour tout le monde; tant que ce résultat n'est pas atteint, il convient de parler encore et toujours du malaise dans lequel est plongé une importante partie de sa population mondiale, en l'occurrence sa population de race noire.

Colonisation : le courage de dire les choses.https://t.co/4bMsNZB3zy pic.twitter.com/kI4rKw3xFS— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) 16 février 2017( lien twitter)

      
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